Pourquoi prier pour son pays ?

Frère Baptiste de l’Assomption, propos recueillis par A. P.

mercredi 1er janvier 2020

Messe pour la France. Le 13 décembre a lieu chaque année à Saint-Jean-de-Latran, à Rome, une messe en l’honneur de la France. Elle rappelle qu’Henri IV a été fait chanoine d’honneur de la basilique après sa conversion. En 2018, le président Macron est venu chercher son titre, comme la plupart de ses prédécesseurs.
© A.P.

Les catholiques ont besoin d’être réconciliés avec l’idée de nation, estime le Frère Baptiste de l’Assomption, carme à Fribourg, et rédacteur en chef de la revue Carmel.

Il y a deux aspects à considérer. Le premier, en partant de Dieu, nous fait voir que la Trinité a un dessein providentiel sur les personnes, et aussi sur les communautés et les nations. Il suffit d’entendre ces paroles bibliques : dans la Genèse, toutes les nations sont appelées à être bénies dans le nom d’Abraham (Gn 12,3 ; 18,18 ; 22,18) ; dans les psaumes : «  Toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant toi  » (Ps 85,9) ; et dans l’Évangile, Jésus dit : «  Allez, de toutes les nations faites des disciples : baptisez les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit  » (Mt 28, 19).

Il faut aussi se souvenir que c’est avec Israël, unique peuple élu, qu’a germé l’idée de nation comme le remarquait Vladimir Soloviev dans la Justification du Bien. L’Israël biblique est une sorte de modèle de ce que Dieu veut faire, avec de grandes différences pourtant, pour chaque nation. Il faudrait méditer avec profondeur les Saintes Écritures et l’histoire des nations pour le comprendre, et se laisser émerveiller par cette étonnante réalité.

Faire alliance avec Dieu

Ainsi, à partir du moment où une nation fait alliance avec Dieu, elle entre dans un dessein providentiel qui doit la conduire jusqu’à la Jérusalem céleste (Ap 21,24). C’est dans le Ciel seulement qu’une nation parvient à sa perfection. D’ici là, Dieu reste fidèle à son dessein bienveillant. S’Il permet que les civilisations périssent, pour reprendre saint Augustin ou Paul Valéry, Il ne permet pas que les nations qui ont fait alliance avec Lui soient anéanties pour toujours. L’Arménie, devenue chrétienne en 301, illustre bien cette loi. Même en ayant perdu frontières et autonomie, aujourd’hui retrouvées, elle a continué à exister aux yeux de Dieu. Il en va de même pour la Pologne, démembrée au XIXe et au XXe siècle et qui est renée de ses cendres comme le prophétisait l’abbé Journet dans Exigences chrétiennes en politique.

Le deuxième aspect de la question est à prendre de notre côté. Dans le plan de la Providence, Dieu a voulu donner ses grâces dans la mesure où nous les Lui demandons. Prier pour sa patrie revient à collaborer avec Dieu, les anges – notamment l’ange gardien de notre pays – et les saints, pour qu’elle parvienne à la plénitude de sa vocation.

Si on omet trop longtemps de prier pour sa patrie – comme il semble en France –, sa croissance spirituelle sera retardée. On risque alors, si l’on est patriote malgré tout, de la défendre par des moyens trop humains, et de tomber dans un nationalisme païen, voire démoniaque. Cela étant, cette idée de nation possède en elle une immense vérité qui a été portée par la tradition judéo-chrétienne. Pour quiconque va au bout de sa réflexion sur ce thème, s’il accepte d’être cohérent, il est naturel, qu’avec la grâce de Dieu, il en arrive à la découverte du Christ comme Roi des nations.

Retrouvez intégralité de l’article dans le magazine.

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