Pour la messe

par Gérard Leclerc

lundi 16 novembre 2020

Rassemblement pour la messe, dimanche 15vnovembre, St-Maur-des-Fossés (94).
© Michel Pourny

Les catholiques manifestent devant les cathédrales et les églises pour demander la liberté de la messe. Le ministre de l’Intérieur réunit les autorités religieuses. Entre l’impératif sanitaire et l’exigence religieuse y a-t-il un compromis possible ?

De multiples rassemblements ont eu lieu à travers la France, notamment devant les cathédrales, pour demander à nouveau le retour de la messe. Parmi ces rassemblements, celui de Nice, devant Notre-Dame de l’Assomption, prenait une signification particulière, eu égard au caractère symbolique de cette basilique. On ne peut tenir pour négligeable cette demande ardente des catholiques, même si elle se traduit malaisément dans un langage areligieux. Le problème est de savoir, du point de vue du bien commun, si elle est déraisonnable. On sait que la Conférence des évêques de France n’est pas favorable à la décision brutale de fermeture des lieux de culte et qu’elle a demandé au Conseil d’État de reconnaître son bon droit. Le Conseil a donné un avis défavorable à ce recours, mais les négociations se poursuivent avec le pouvoir. Ce matin-même, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, et d’ailleurs en charge des relations de l’État avec les autorités religieuses, les rassemble pour étudier, selon ses propres termes « les conditions dans lesquelles pourraient se tenir à nouveau des cérémonies dans les lieux de culte en fonction de l’évolution sanitaire ».

Donc, il n’y a pas fermeture totale du point de vue de l’État, et il faut s’attendre encore à la définition de difficiles équilibres. On sait aussi que cette question de la messe soulève dans le monde catholique de sérieuses controverses. Certains sont carrément d’avis que l’impératif sanitaire est d’une urgence absolue, et qu’une revendication d’exception est irrecevable. D’autres, ceux qui manifestent, estiment qu’il y a possibilité de concilier cet impératif avec l’exercice de la liturgie et que l’interdiction de celui-ci constitue une grave atteinte à la liberté de conscience. L’attitude de l’épiscopat semble leur donner raison, et elle s’explique en vertu de l’identité ecclésiale qui est, avant tout, eucharistique. N’est-ce pas le Père de Lubac qui nous rappelait que l’Église « corps mystique » a été appelée parfois caro mystica, c’est-à-dire « chair mystique » ?

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 16 novembre 2020.

Messages

  • Bonjour,
    je me permets une petite rectification. L’interdiction des messes publiques ne relève pas, à mon sens, de la liberté de conscience qui est une liberté individuelle qui concerne les convictions de chacun en son fort intérieur mais de la liberté de culte qui dans le cas spécifique de la messe catholique se caractérise par son aspect matériel dans la réception du pain et du vin qui devient communion au Corps et au Sang de Jésus Christ, ce qui écarte tout équivalent effectif par des moyens virtuels ou de télécommunications.
    Il me semble que plus les mots seront précis, plus nos revendications pourront être mieux comprises de nos interlocuteurs et auront donc une probabilité plus grande d’aboutir. Il faut également que les catholiques sachent ce qu’ils doivent demander, comment ils doivent le demander et à qui.
    Que l’Esprit Saint nous éclaire ! Amen.
    Michaël Lucasson

  • Il était inévitable que l’interdiction de la Messe dans les églises fasse, pour un temps, la une des media fournissant l’occasion à qui le souhaite de se prononcer sur le sujet, occasion également de constater à quel point l’ignorance est grande de ce qu’est l’Eucharistie. Vu et entendu sur un plateau de télévision des débatteurs s’exprimer au sujet des récents rassemblements de catholiques. L’un d’eux a dit que "ceux qui veulent prier peuvent prier chez eux, à la maison, au lieu de se rassembler". Cet intervenant a parfaitement raison car, en fait et probablement sans le savoir, il rejoint les mots de Jésus : aller dans sa chambre, fermer la porte, se recueillir et prier au lieu d’agir comme les hypocrites qui prennent les premières places dans les synagogues et prient à haute voix se donnant en spectacle à tout le monde. Seulement, ce passage de Mt 6 a lieu bien avant le partage du dernier repas de Jésus avec ses disciples, la Cène... L’Eucharistie du grec "Ephcharisto" ou action de grâce c’est bien au-delà d’une prière, n’est-ce pas...

    Une parenthèse pour rappeler ici le courage de ce jeune qui s’est exprimé dans une vidéo sur l’importance pour les catholiques de se retrouver réunis pour participer à la Messe ajoutant au passage plutôt que d’assister à la messe à la télé en grignotant des chips. Il y a déjà eu des discussions franches sur la messe virtuelle en cette période de covid-19. Rien ne saurait remplacer la Sainte Liturgie rassemblant le peuple de Dieu devant l’autel, le pain et le vin partagés, la sainte Messe où Dieu Se donne. Aussi, le but de la messe télévisée n’est nullement de faire office de "remplacement", aussi serait-il peut-être avisé de rendre plutôt grâce à Dieu de pouvoir Le rejoindre par la voie satellitaire, les ondes, etc... quand on est sur la route, par exemple, en se rendant au travail, ou dans une chambre d’hôpital, ou encore handicapé, chez soi, ou en prison. Et maintenant et enfin la pandémie laquelle, par le truchement de règlementations et autres restrictions et menaces de tel ou tel instance concernée, empêche les catholiques de se retrouver dans les églises pour la Messe.

    De tous ces désagréments et contradictions pourrait, on ne sait jamais, surgir le meilleur. Le Seigneur qui "écrit droit avec des lignes courbes" est toujours Le plus fort.

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