Traduit par Claude

Pour combien de temps Seigneur ?

par Robert Royal

vendredi 23 novembre 2018

J’étais en déplacement et très occupé ces derniers deux jours ; c’est donc en embarquant sur un avion que j’ai vu pour la première fois la nouvelle de la demande du Vatican à nos évêques américains de s’abstenir de voter les mesures à prendre pour résoudre la crise des abus. Cela c’est passé il y a près de 24 heures, au moment où j’écris, et j’essaye de m’adapter à ce développement bizarre. De nouvelles réflexions peuvent suivre, mais pour l’instant j’ai du mal à croire que ce n’est pas simplement un mauvais rêve.

Le Vatican savait depuis des mois que les évêques s’occuperaient des abus lors de leur habituelle réunion de l’automne. Le Pape leur a demandé de l’annuler et de la remplacer par une retraite spirituelle jusqu’à ce que les chefs des conférences épiscopales du monde se réunissent en février. Il est difficile de dire avec un degré de précision ce que le pape François craignait qu’il puisse arriver lors d’un tel rassemblement ;

Nous avons entendu de vagues déclarations comme quoi les décisions des évêques américains pourrait être en conflit avec le droit canon. Mais est-ce que la papauté a-t-elle jamais été sujette à la loi - ou avoir voulu que les évêques partout dans le monde suivent des règles universelles - quand Elle voulait que quelque chose soit faite ?

Ou quand des évêques que l’on aimerait voir suivre les règles universelles - on se demande si certains veulent vraiment faire évoluer la situation et quelque chose soit faite ?

Quelque soit la crainte, c’est sans précédent d’avoir attendu le jour même de l’ouverture du meeting pour demander qu’aucun vote ne prenne place. Pour beaucoup d’Américains, c’est triste à dire, le Pape a probablement simplement confirmé ce qu’il avait été forcé d’admettre au Chili : qu’il est une partie du problème. Que personne ne l’ait convaincu que cette mesure serait un véritable cauchemar de relations publiques - et qu’elle causerait plus de troubles qu’une franche discussion et qu’un vote ( qu’il aurait toujours pu manipuler après ) - est un signe de là où nous sommes dans l’église actuellement.

J’espère arriver à Baltimore un peu plus tard aujourd’hui, et prendre moi-même la température. Mais les journaux que j’ai vus rapportent que le Cardinal Cupich est resté debout alors que le Cardinal Dinarto, président de la conférence U.S. des évêques catholiques, exprimait son désappointement pour exprimer : « Il est clair que le Saint-Siège prend sérieusement la crise des abus ». Vraiment ? Si c’était tellement clair, il n’aurait pas été nécessaire de le dire.

Ou pour expliquer, ainsi que Cupich le fit dans des commentaires qui avaient été de façon évidente préparés en avance, pourquoi les évêques assemblés devraient-ils accepter quelque chose de clairement inacceptabl ? comme il semble que beaucoup d’entre eux l’on immédiatement réalisé. Sa recommandation, qui était de façon évidente un signal du pape lui-même, était de tenir une nouvelle réunion en mars, après la réunion des présidents des conférences des évêques en février. Les victimes des abus et les organisations les défendant n’attendaient pas beaucoup de cette conférence de novembre qui elle-même intervenait plusieurs mois après la révélation des faits.

Dans les milieux politiques de Washington, on appellerait cela botter en touche, espérant qu’il devienne le problème de quelqu’un d’autre, ou trouver quelque chose d’autre à sa place dans un couple de nouveaux cycles.

Si « le Vatican » prenait « le problème des abus vraiment au sérieux », nous aurions en tout de suite une évidence tangible. Certains défenseurs du pape François ont mis en avant qu’il est le seul pape des temps modernes à avoir forcer un cardinal (McCarrick) à démissionner. C’est vrai, mais seulement après que l’archidiocèse de New York ai déterminé que l’intéressé avait commis un crime molestant un garçon mineur.

Selon la politique actuelle de l’Eglise américaine, ce crime ne pouvait pas être caché et devait être révélé aux autorités civiles. Ce qui, fondamentalement, força la main de Rome. Et Mc Carrick, six mois après est toujours, de façon inexplicable, prêtre.

L’autre évidence que nous avons du sérieux de Rome dans la gestion de la crise des abus se situe dans une autre direction. En décembre dernier, le Vatican a simplement autorisé la Commission pontificale pour la protection des mineurs à disparaître. D’une certaine manière, ce ne fut pas une grande perte - en dépit des louanges quand elle fût crée - la Commission ne fit pas grand chose Plusieurs de ses membres avaient démissionné entre temps pour protester de son inaction.

Mais la laisser simplement disparaître ? Elle fût reconstituée, des mois plus tard, mais personne n’a entendu ou vu quoique ce soit de cet organisme suggérant qu’il jouera un rôle pour résoudre ce qui est maintenant une crise globale.

Dans le monde anglo-saxon on trouvera cela dur à croire, mais beaucoup des médias en Italie et dans une partie de l’Europe suivent le Pape en manquant du sens de l’urgence en ce qui concerne les abus. Ils semblent inconscients - ou refusent de voir - qu’il y a simplement une crise, autre qu’un ensemble de comportement pécheur de la part d’un certain nombre de prêtres et d’évêques.

Si vous parlez à des personnes au Vatican ou aux environs, ils ont tendance à penser que l’Amérique est une aberration (oubliant opportunément des problèmes similaires au Chili, Honduras, Irlande, Australie, Allemagne, Italie elle-même, et même au Vatican, et en d’autres pays). Ils disent que nos évêques ont laissé les choses dériver hors de proportion en les gérant mal.

A un moment, le Cardinal Maradiaga, qui est la main droite du Pape au conseil des Cardinaux (lui-même impliqué dans des scandales sexuels et financiers au Honduras), attribua les révélations de 2002 en Amérique aux influences juives et maçonniques de la presse. Il s’excusa plus tard - mais c’est de façon évidente ce qu’il pense vraiment, ainsi sans doute que d’autres aux plus hauts niveaux de Vatican.

Vous pouvez vous escrimer à leur expliquer la colère étendue et justifiée parmi les laïcs, ainsi que parmi un grand nombre de prêtres et d’évêques. Jusqu’à présent, la manière par laquelle Rome a traité ces nouvelles - comme il a traité les affirmation de l’archevêque Vigano - est de ne pas les traiter du tout. Cela conduit les chrétiens - même beaucoup de catholiques fidèles - à suspecter - à tort ou à raison - qu’il y a quelque chose de louche que certaines personnes influentes cherchent à éviter de mettre en lumière.

Vous pouvez essayer d’imputer tout ceci à la lenteur de la bureaucratie du Vatican, des ressentiments parmi des membres de la hiérarchie, une aversion au Pape, ou l’influence de Satan lui-même. Mais le simple fait est que les gens ne veulent plus de discussions, de meetings et de commissions. Ils veulent de l’action. Et la vérité.

Au lieu de cela, ce qu’ils voient est que, même quand nos évêques américains désirent prendre quelques premiers pas pour traiter un problème difficile et urgent qui implique non seulement la protection des innocents mais aussi la crédibilité de l’Eglise, Rome dit : Non, attendez encore.

Source : https://www.thecatholicthing.org/2018/11/14/how-long-lord/

Robert royal est rédacteur en chef du "the catholic Thing" , et président de "the Faith & Reason Institute" à Washington. Son livre le plus récent est : À deeper Vision : the Catholic Intellectual Tradition in the Twentieth Century », publié by Ignatius Press. "The God That Did Not Fail : How Religion Built and Sustains the West" , maintenant disponible broché chez "Encounter Books".

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