Politique et religion aux États-Unis

par Gérard Leclerc

mercredi 4 novembre 2020

« En Dieu est notre confiance », la devise américaine.
© roszred / Pixabay

L’élection présidentielle américaine est sans aucun doute celle qui nous passionne le plus, en dehors de nos frontières, en raison, bien sûr, du rôle prééminent que continuent à jouer les États-Unis dans le monde. Il se trouve, par ailleurs, que l’élection surprise de Donald Trump il y a quatre ans a affolé nos sismographes, parce que, de toute façon, des bouleversements profonds étaient intervenus pour permettre l’avènement d’un personnage en dehors des normes. Il y avait quelque chose d’ahurissant dans la victoire de ce milliardaire défini par un intellectuel pourtant conservateur comme « vulgaire et insupportable » et que les médias de son pays n’ont cessé de dénoncer comme un professionnel du mensonge. Mais voilà, Trump occupe un espace politique où il s’est installé parce qu’il était le seul à pouvoir faire le job, et cet espace est solidement implanté dans la sociologie du pays. C’est celui, dit-on, de l’Amérique traditionnelle, celle qui se défend contre le débordement démographique venu d’ailleurs et qui la met en péril.

Sans doute y a-t-il plusieurs paramètres pour analyser l’évolution des États-Unis et sa traduction politique et idéologique. Je n’en retiendrai qu’un pour aujourd’hui, c’est celui qui concerne le facteur religieux, auquel déjà Alexis de Tocqueville accordait une importance majeure. Pour lui, la religion était même la première institution du pays. Or, il se trouve que Donald Trump est particulièrement soutenu par le mouvement évangélique et cela en dépit de ce qu’on peut moralement lui reprocher. Le vote catholique semble avoir été aussi déterminant en 2016. Mais en ce qui concerne Joe Biden, le vote des post-protestants, ceux qui ont abandonné la pratique religieuse mais se distinguent par une forme de religiosité recyclée idéologiquement, pourrait beaucoup compter. C’est une des raisons de la violence de la compétition opposant ceux qu’Hillary Clinton traitait de « lamentables » aux militants féroces d’un politiquement correct se prévalant du bien contre le mal.

Chronique diffusée sur radio Notre-Dame le 4 novembre 2020.

Messages

  • Des pratiques de la démocratie totalement singulières à l’américaine dans ce vote par correspondance inédit, des confrontations de candidats rudes, des législations de Cinquante Etats américains qui défendent chacun leur vision et leurs coutumes juridiques du Droit spécifique américain dans ses frontières, et le résultat espéré d’une désignation que l’on ne pourrait similaire dans notre pays, au fait d’un Président auto déclaré, avant le résultat final, et des discours jupitériens absolument impensables chez nous.

    Sous le sceau de Dieu, américain par vocation, d’une Voix unique à l’américaine, et d’un ballet de drapeaux étoilés qui s’agitent au milieu de la tempête en cours pour rappeler que de San Francisco à New York, de la Floride à l’Alaska c’est bien de l’Amérique qu’il s’agit et d’un même Etat national.
    Des sondages des plus partisans pour chaque candidat, car chacun d’eux est le vainqueur in fine, et le constat pour le moment inverse de telles certitudes anticipatrices.

    Il y aura bien deux Amériques en présence, celle de Trump et celle de Biden, sans trop prédire pour l’instant si le résultat des comptes électoraux suffira à contenter les électeurs, ou si par défaut, il faudra encore convoquer le Parlement pour décider de ce candidat, puis après la Chambre Haute pour valider le prétendant avec une Vice Présidence de l’autre camp.
    Surréaliste et incroyable !
    Nous sommes en Amérique, la démocratie est "une religion laïque, tacite et convenue."
    Le monde regarde cet Empire qui résiste toujours aux autocraties et aux extrémismes.
    Avouons qu’il n’est pas dans notre entendement de concevoir une telle pratique de la liberté civique.

    C’est l’Amérique seule qui doit gagner l’élection, par delà la personne qui sera qualifiée pour le mandat.

    En présence de deux blocs aussi imposants, face à face, il faudra au Président élu de l’envergure et de la dimension pour incarner la fonction nationale et internationale, bien au delà du rêve américain de plénitude d’un soir d’élection, qui présage déjà de la complexité à venir de l’exercice du pouvoir suprême, au bénéfice de la nation souveraine.

    Courage and Faith for America, dans un pays où les religions comptent et compteront pour ce peuple fier et confiant en son destin universel !

  • Quel soit le prisme sous lequel on examine la façon dont les responsables politiques des USA gèrent leur mission, le constat basé sur l’expérience démontre que le résultat tiré des urnes pour la présidentielle la politique extérieure de ce pays sera la même pour un républicain et un démocrate.

    Canal + a eu l’excellente idée de programmer aujourd’hui "Mr Smith goes to Washington" "M. Smith au Sénat", une oeuvre simplement brillante en tous points : mise en scène, scénario, dialogues, choix des acteurs etc. Le réalisateur qui a aussi offert un autre excellent film : "It’s a wonderful life" Frank Capra, fils d’immigrés italiens et néanmoins américain à 100% sait faire découvrir au téléspectateur le plus intime de l’âme de ses compatriotes mais et délicatement avec la touche méditerranéenne importée du pays vers l’autre côté de l’Atlantique dans les bagages de la famille.

    En tous cas, c’est ici le milieu de la politique qui en prend un sacré coup en se brisant sur une ( folle ?) note d’espoir. Est-ce pour cela que Frank Capra aura été considéré comme un "utopiste" ? Chez les chrétiens, c’est l’espérance...

  • Et toujours l’hydre gauchiste, athée, perverse, adoratrice des minorités, qui ne renoncera jamais a gagner le monde... Concrètement, le vrai combat n’est-il pas celui de Soros contre toutes les démocraties ?

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.