Peut-on vraiment croire
à l’existence des anges ?

par Charles Becquérieux

mercredi 25 septembre 2019

Que sait-on des anges ? Et qu’en disent les Écritures ?

De blonds éphèbes qui jouent de la harpe ? Des bébés potelés crapahutant sur des nuages en carton ? Un parachutiste médiéval tombant du ciel pour occire les ennemis de la France ?

À première vue, on pourrait se dire que les anges relèvent de la mythologie. Qu’ils sont les fruits pittoresques de la fonction fabulatrice de l’humanité. À ce titre, ils devraient passer tout entiers à la trappe de la «  démythisation  » moderne. Eh bien ! on se trompe. Car le plus démystifiant à propos des anges, ce n’est pas la plate critique anti-religieuse, c’est la doctrine catholique. Adieu les cheveux longs, les mandolines et les baigneurs joufflus !

Le sexe des anges

Les anges sont des créatures purement spirituelles, dénuées de corps. Ils ont intelligence et volonté – ce sont des personnes – mais ils sont exempts des limitations corporelles qui caractérisent les humains. Ce sont les fameux «  invisibles  » dont parle le credo («  visibilium omnium et invisibilium  »). N’ayant pas de corps, les anges n’ont évidemment pas de sexe – inutile, donc, d’en discuter des heures ! – et sont naturellement immortels. La question de savoir «  où ils vivent  » n’a donc pas de réponse possible. En revanche, on peut dire qu’ils sont présents partout où ils décident d’agir. Ils sont évidemment infigurables par l’imagination, et les représentations concrètes que nous nous en faisons ne sont qu’une commodité, censée donner une idée sensible de leur beauté spirituelle. Mais, me direz-vous, pourquoi croire qu’ils existent puisqu’ils sont invisibles ?

Il y a d’abord une raison philosophique, que nous trouvons chez saint Thomas d’Aquin : dans le monde créé, depuis les particules élémentaires jusqu’à l’homme, on observe une continuité admirable, qui nous conduit vers toujours plus de spiritualité et d’intériorisation, à travers les minéraux, les végétaux et les animaux. Il serait très étonnant qu’entre l’homme et Dieu, il n’existe qu’un immense fossé plein de vide. Le plus probable est qu’il existe aussi, de ce côté-là, un étagement graduel de créatures conduisant de l’homme – le plus faible des esprits – jusqu’à Dieu.

Hiérarchie céleste

On peut donc supposer l’existence d’une série continue, bien ordonnée, d’êtres spirituels. C’est ce que l’on nomme, depuis le Pseudo-Denys, la «  hiérarchie céleste  ». En s’appuyant sur les noms qu’on trouve dans l’Écriture (Is. 6, 2 ; Ez. 10, 15, Col. 1, 16), la Tradition a fixé, dans l’ordre croissant de perfection : les anges, les archanges, les principautés, les puissances, les vertus, les dominations, les trônes et enfin, cercle le plus incandescent : les chérubins et les séraphins. On s’aperçoit au passage que les archanges – qui nous sont les plus familiers, Gabriel, Michaël et Raphaël – commis aux affaires humaines, ne sont pas les plus gradés ! Les séraphins et chérubins ne nous fréquentent guère, abîmés qu’ils sont dans la contemplation de l’essence divine et dans le chant d’un éternel «  Sanctus  ».

Autre raison d’y croire : nous en percevons les effets. Il est des messages, il est des inspirations, il est des tentations qui dépassent ce que la subjectivité humaine est capable d’affabuler ou de manigancer par elle-même ! Il est des illuminations, des pressentiments dont ceux qui les vivent ne peuvent pas ne pas penser qu’elles étaient un coup de pouce du Ciel. Et des tentations si tordues qu’elles sont analysées comme des embûches du démon. Il est enfin une espèce de malignité pure et désintéressée, qui semble infiniment au-dessus de la bonne vieille méchanceté humaine, toujours mêlée d’erreur et d’intérêt. C’est pourquoi sans doute, l’Écriture sainte, dès le livre de la Genèse, et jusqu’à l’Apocalypse, fait mention des anges, bons ou mauvais. Et c’est d’ailleurs là notre motif ultime d’y croire : la Révélation les évoque du début à la fin.

Écologie angélique

Tout ce que nous faisons ici-bas résonne dans l’éternité. C’est pourquoi il est écrit : «  Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux  » (Mat. 18, 10). À une époque où l’on parle beaucoup, et à juste titre, d’écologie, on devrait ne pas oublier que les anges font partie de notre environnement. L’immensité du monde spirituel nous regarde. Évitons donc de faire souffrir les bons anges par le spectacle que nous offrons sur Terre. Voici donc un bon combat : en même temps qu’à l’abolition de la souffrance animale, travaillons à l’abolition de la souffrance angélique !

Messages

  • Et notre ange gardien ?
    Où le situer dans la hiérarchie des anges ?
    Certains disent qu’il porte un nom, comment le connaître si c’est le cas ?

  • croire en l’existence des anges est inscrit dans une tradition biblique ancienne

    Croire en la force des esprits agissant en nos vies d’adhésion, de réticence et parfois de rejet n’est pas une vue de l’esprit.
    Anges, archanges, chérubins et séraphins utilisent un langage particulier mais cité dans les Ecritures car les forces de l’Eternel sont incommensurables, infinies et illimitées.

    Vouloir les ignorer revient à constater que leur action serait étrangère à nos vies respectives.
    Il en est nullement ainsi car le bien et le mauvais, les forces vitales et négatives sont présentes dans notre monde comme elles le furent dans le passé.

    Aujourd’hui sans doute d’aucuns en ont fait leur usage détourné en développant des cultes ésotériques directement inspirés du culte des anges et confondus avec des rituels d’initiation confidentielle ou particulière.

    Les esprits agissent au delà de la matérialité de nos volontés.

    Les forces de la beauté, de l’extase, de la contemplation côtoient des forces destructrices mettant en danger la profondeur spirituelle de l’Eternel en ses œuvres et en ses actes.

    Dans une société hors des champs de la méditation intérieure, introvertie ou contrainte à des croyances de fatalité et d’oppression, la voie ouverte à toutes les dérives rendent ces cultes cachés légitimes.

    la philosophie de Duns Scot, appelée la théologie des anges au Moyen Age décrit ces esprits en acte
    agissant dans la vie spirituelle, et par l’école franciscaine qui portait à cet enseignement son intérêt.

    Ne croyons un instant que ces adhésions aux anges, forces invisibles de l’esprit soient cantonnées
    à la volonté des hommes.

    L’étude de l’environnement naturel, des risques naturels engendrés par l’homme ou le destin
    des forces du cosmos donnent à ces forces invisibles une emprise sur les choses de la terre qui dépassent les pouvoirs des humains, bien souvent soumis à leurs rapports sur l’univers.

    En croyant par défaut les éradiquer de notre entendement il nous revient de reconnaitre leur pouvoir bénéfique pour l’esprit, car ils sont la manifestation spirituelle par excellence de la providence qui protège, assure et conforte l’histoire des hommes dans leur mal être.
    Prions les anges, l’ange gardien et le protecteur de notre vie, dont le témoignage de vie peut accompagner la nôtre dans les errements de la liberté quand elle ne connait de limite ni d’interdit !

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