Traduit par Bruno

Pendant ce temps, en Suisse…

Par Fr. Gerald E. Murray

mercredi 3 juin 2015

La Conférence des évêques suisses a récemment publié son « Rapport de l’Eglise catholique en Suisse sur les questions posées dans les Lineamenta en préparation pour le Synode ordinaire des évêques à Rome de 2015." Ce document révèle une profonde crise de la foi dans l’Eglise catholique suisse. Les évêques ont, apparemment sans le reconnaître, produit une auto-accusation.

Le rapport, tiré de consultations entre les laïcs, les acteurs de la pastorale, et les théologiens, fait preuve d’une hostilité absolue envers la doctrine catholique et la pastorale, une preuve de la catastrophe catéchétique des dernières décennies.

La Conférence des évêques approuve fondamentalement ces opinions aberrantes en les publiant. Si une consultation similaire sur, par exemple, l’état de la société européenne, faisait en quelque sorte apparaître à la surface des opinions racistes anti-immigrés, ou anti-musulmanes parmi les fidèles, il est inimaginable qu’ils soient transmis à Rome sans commentaire.

Le rapport note au début que tous les catholiques suisses ne manifestent pas cette hostilité à ce qui est tendancieusement labellisé "l’enseignement actuel de l’Église." Le rapport résume brièvement les suggestions de fidèles catholiques suisses ainsi :

"La pastorale devrait essentiellement tendre vers l’application de l’enseignement actuel. En complément d’un fondement spirituel (prière, assistance à la messe), il y a aussi des suggestions pour soutenir les couples et les familles grâce à des modèles et des témoignages (accompagnement par des couples plus expérimentés, création de groupes de familles qui vivent selon la doctrine), des suggestions pour un programme plus strict de préparation au mariage, l’encouragement de la régulation naturelle des naissances et des rappels des vérités de foi, de la loi naturelle et de l’immuabilité de la doctrine de Jésus-Christ et de l’Eglise. "

Mais ces idées sont totalement absentes du reste du rapport.

Au lieu de cela, nous trouvons de nombreuses déclarations comme celles-ci :

• "nous devons voir la distance entre les fidèles et la doctrine de l’Eglise comme un signe des temps et le point de départ d’une évolution et d’un renouvellement de la tradition."

• "les commandements de la doctrine [de l’Eglise] ne sont plus reconnus comme des directives obligatoires et des préceptes normatifs incontestés. Les affirmations de la doctrine sont plutôt évalués à la lumière de la vie et des expériences de foi des personnes".

• "Les déclarations selon lesquelles l’Église elle-même se décrit comme une experte en ’humanité ou comme enseignante et mère ont donné lieu à un rejet complet. Pour beaucoup de fidèles, l’Église, en ce qui concerne sa doctrine, est au contraire distante de tous les gens ; ils ne sentent pas son rôle de mère compte tenu de son manque de compassion, considéré comme entière, en ce qui concerne les personnes qui ne correspondent pas aux normes de la "mère". Et, surtout, le rôle des fidèles comme "fils ou fille" est rejeté dans ce contexte comme étant infantilisant".

• "Pour la plupart des catholiques, hommes et femmes, une pédagogie divine et son contenu ne peuvent plus être transmis sous forme de directives inconditionnelles sur la conduite de leur vie. C’ est beaucoup plus l’expérience personnelle qui va déterminer la validité des choix de vie et les décisions. Cela signifie pour l’Eglise la perte de son autorité et de son pouvoir sur les fidèles. Elle ne peut plus faire de Dieu et de ses lois une menace car la croyance en un Dieu considéré comme un maître sévère est presque entièrement du passé...

Toute tentative de l’Église d’intervenir dans les questions de l’organisation de sa vie, surtout si elle est accompagnée par la menace de sanctions, est considérée comme un dépassement des limites et une intrusion dans la sphère privée des personnes et aussi une violation ou une remise en cause de leur l’autonomie."

• "Un certain nombre [des fidèles] ne considère plus la fidélité au lien du mariage comme une valeur absolue, et ils y voient même un danger de vivre dans le mensonge, l’hypocrisie et le fait de demeurer dans une situation d’une vie inopportune. Briser sa promesse de fidélité est souvent considéré comme le moindre mal "

• "des appels insistants et des invitations au renoncement, à l’altruisme, aux devoirs conjugaux, au respect des normes sexuelles, à l’ouverture à la procréation et à se consacrer à l’éducation des enfants, etc.. . .ne satisfont plus les attentes des fidèles en ce qui concerne une conception ecclésiale du mariage".

• "Les fidèles ont donc plutôt des difficultés à comprendre la doctrine ecclésiale qui donne l’impression d’être encore en mesure de définir idéaux et normes immuables. Les formes de l’argumentation s’appuyant sur la loi naturelle sont clairement critiquées dans ce contexte. Il est donc nécessaire de charger le Synode d’une réflexion sur les moyens pour atteindre cet idéal, mais aussi de redéfinir l’idéal lui-même et de le comprendre selon les situations de la vie des personnes d’aujourd’hui ".

• "Le désir le plus pressant des fidèles de Suisse concernant la pastorale est que les divorcés remariés cessent d’être exclus des sacrements."

• "La grande majorité est irritée par les déclarations des Lineamenta sur les personnes homosexuelles… La plupart des fidèles considèrent que le désir que les personnes homosexuelles d’avoir des relations sexuelles et de vivre en couple est justifié, et ils ne voient pas pourquoi ce désir ne peut être vécu en couple. L’exigence placée sur les personnes homosexuelles à vivre dans l’abstinence est rejetée comme injuste et inhumaine ".

• "L’histoire de la réception de Humanae Vitae a laissé des traces profondes… Beaucoup de réponses indiquent que l’Eglise ferait mieux de s’exprimer avec plus de retenue sur les questions de sexualité et de s’abstenir de donner les normes et restrictions concrètes ".

Peut-on encore parler d’une profession unifiée de la foi catholique en Suisse ?

Les déclarations citées ci-dessus ne permettent pas de répondre clairement "oui". Comment sommes-nous arrivés à ce point ? Il semble que les deux derniers pontificats ont eu très peu d’influence dans ce pays qui envoie ses fils à Rome à la garde pontificale. Dissidence et désobéissance ont fait d’énormes dommages à la foi de nombreux catholiques suisses.

Cet état d’esprit anti-catholique, anti-romain, exige une action hiérarchique, de peur que de plus en plus de fidèles se laissent abuser par de faux enseignements se faisant passer pour une "nouvelle" forme de catholicisme.

27 mai 2015

Source : http://www.thecatholicthing.org/2015/05/27/meanwhile-in-switzerland/

Messages

  • Je trouve que les déclarations des catholiques suisses que rapportent leurs évêques sont globalement très pertinentes.

    De manière à peu près générale l’Eglise reste arc-boutée sur des dogmes et des enseignements moraux complètement obsolètes.
    Par exemple, plus personne ne comprend ces condamnations de la contraception, du divorce, de la communion des divorcés-remariés, des homosexuels et de leurs unions, de la fécondation in vitro, etc.

    Toute cette catéchèse est intransmissible et de fait les gens n’éprouvent plus aucun désir de se rendre dans les églises le dimanche pour subir des homélies soporifiques ou totalement déconnectées de leurs réalités.

    • Ces commentaires prouvent que le relativisme atteint un niveau tout à fait inquiétant chez un grand nombre de catholiques. Ne plus reconnaitre à ce point le rôle irremplaçable de l’Eglise face à une société sans autre objectif que le consumérisme, l’hédonisme et l’individualisme érigés en quasi-dogme montre l’énorme dérive d’une génération sans repères.
      Le Credo que nous proclamons à la messe nous donne bien ces repères et lorsque nous disons "croire l’Eglise Catholique et apostolique" c’est bien pour nous abandonner avec confiance à ce qui dépasse totalement notre faiblesse et notre petitesse et qui va nous permettre de nous élever en acceptant que le Christ par son intermédiaire sanctifie notre vie.
      Si des homélies sont soporifiques dans certaines églises le dimanche cela signifie soit que certains prêtres ne vont plus chercher à la source le message qu’ils ont à transmettre soit que certains chrétiens ne veulent plus écouter que ce qu’ils voudraient entendre.
      L’Esprit Saint peut souffler mais il faudra toujours accepter de l’accueillir.

    • Selon ce que vous dites, vous n’êtes pas dans l’Eglise ou vous n’avez pas saisi son message. Donc, ce qui se fait dans le monde d’après vous est automatiquement bon.
      Vous dites : "un enseignement déconnecté des réalités".

      Pardonnez moi, monsieur, mais en réalité vous n’êtes pas un chrétien cela se sens, se voit à la première seconde de lecture. Vous intervenez sans croire. Nous connaissons parfaitement ce genre d’intervention.
      Bonne soirée.

    • Vous avez profondément raison Dominique. Mais de belles choses sont en marchent qui ne se voient pas pour le moment. Chaque chose en son temps et le temps de Dieu.

    • Oui, déconnecté des réalités financières...

      Pour le dire plus ouvertement encore : les Français ont du mal à se rendre compte à quel point l’Eglise catholique dans la sphère germanique et sa périphérie (Suisse, Luxembourg, Belgique aussi) est riche mais vermoulue spirituellement...Ils ont de trop grands biens (Gn 13,6)...

      Je m’en suis rendu compte personnellement au Luxembourg au moment de l’affaire Gaillot, on je me suis retrouvé entouré de "catholico-protestants". J’ai découvert une hostilité haineuse à Rome. Haineuse. Du coup, nous avions émigré au Carmel pour la messe dominicale...On se sentait nettement mieux...

      Un prêtre qui officie en Suisse me confiait que les réunions de son conseil de paroisse ressemblent à un conseil d’administration où il n’a plus grand chose à dire : fric, fric, fric...Pour sûr, les églises sont bien chauffées...on fait des travaux...

      Le Pape Benoît XVI y avait fait allusion à cette dévitalisation spirituelle lors de sa visite en Allemagne en 2011. Cause toujours... L’Eglise, une grossse-grossse organizatsion...Il y a même un évêque qui s’est fait faire un "palace épiscopal"...Il a dû céder sa crosse en raison du scandale. Il y a des limites...

      Il ne faut pas s’étonner de ce qu’on lit ici...On ne comprend plus le Magistère romain...Les Suisses veulent une Eglise tout confort. Tolérance à tous les étages. Pas dérangeante. Une assurance-vie sur l’éternité, c’est tout. On cotise. On n’a plus besoin de Rome pour habiter ensemble (Gn 13,6, bis...).

      Tiens, le pape François devrait aller faire un tour en Suisse puis en Allemagne...Ca leur ferait du bien de connaître un évêque de Rome, pasteur pauvre qui roulait dans une 4L pourrie...

      Dieu merci, l’Eglise en France est pauvre ! Pourvu qu’elle le reste longtemps !

    • Qu’il s’agisse d’une Eglise ou autre, la "pauvreté". bien comprise ne se situe pas SEULEMENT au niveau financier, càd au niveau du porte-monnaie.

      Se souvenir de temps à autre de ce magnifique message que sont les "Béatitudes" ne serait pas superflu. Dans bien des cas et en toutes sortes de circonstances. Les "Béatitudes"...

      Il n’y a pas que les portes-monnaie qui auraient intérêt à se "dégonfler" pour se rapprocher de la pauvreté. Toute réflexion faite, il y a encore plus et probablement encore mieux.

      Sauf erreur bien entendu.

  • Ces "croyants" dont les témoignages sont mis en avant ne peuvent plus se considérer comme chrétiens : l’évangile n’est pas un menu dans lequel on choisit. Personne n’est contraint de suivre le Christ : s’il ne le veulent pas, nul ne leur en tiendra rigueur.

    Mais quelle est cette violence qui prétend empêcher ceux qui veulent réellement vivre les commandements du Christ, avec leurs faiblesses et leurs chutes sur le chemin mais le pardon toujours offert, d’avoir la possibilité de le faire ? De quel droit imposent-ils le "culte à l’empereur" (de la jouissance, la richesse, le pouvoir...) à ceux qui n’en veulent pas ?

    Les messages de l’ange de l’apocalypse aux sept églises sont très explicites : ceux qui ne sont pas prêts à vivre cet appel radical, encore témoigné presque quotidiennement par des martyrs, ne doivent pas insulter ceux qui sont morts pour leur foi. Ils ont tourné le dos à la foi chrétienne : qu’ils assument leurs choix au lieu de mendier hypocritement une caution morale pour leurs turpitudes. Et si la vacuité de leurs vies les pousse à se tourner à nouveau vers ce pardon toujours offert, et l’Esprit qui donne la force d’avancer, ils seront bienvenus. Mais n’oubliez pas : "Je vomis les tièdes"

    • Et bien voilà parfaitement résumé... l’heure de Dieu sonnera. Merci à ces deux Internautes de rectifier le premier commentaire.
      bonne soirée à Tous.
      Emeraude

    • cf. : 4 juin 17:08
      4 juin 23:19
      5 juin 20:13

      "...une société sans autre objectif que le consumérisme, l’hédonisme et l’individualisme érigés en quasi-dogmes..."et "...génération sans repères". C’est, hélas, une triste réalité qu’il est difficile de nier. Mais il est appréciable de mentionner le rôle de l’Esprit avec la grâce qui nous est offerte d’accepter de l’accueillir.

      "...l’évangile n’est pas un menu dans lequel on choisit".
      Bonne image pour souligner, à contrario, l’existence des conseils évangéliques qui sont un appel (ne pas confondre avec obligation) à mettre nos pas dans ceux de Jésus-Christ. "...si la vacuité de leurs vies (s’agissant de "ceux qui ont tourné le dos à la foi chrétienne") les pousse à se tourner à nouveau vers ce pardon toujours offert et l’Esprit Saint qui donne la force d’avancer ils seront toujours les bienvenus". La miséricorde de Dieu est immense. C’est par l’amour que le monde sera sauvé. L’espérance (une des trois vertus théologales) est là, comme la lumière au bout du tunnel.

      "...de belles choses dans la vie sont en marche qui ne se voient pas pour le moment...". C’est exact, car le mal et bien plus visible que le bien. Et le temps de Dieu n’est pas le nôtre, en effet.

      A l’appui des mentions cueillies dans les trois messages référencés, je souhaiterais terminer en osant penser combien, peut-être, notre monde déboussolé a besoin de prières...En joignant les nôtres au martyre que subissent bien de nos frères en humanité, et en jetant tout cela dans le coeur de Dieu, il m’est difficile de croire que le Seigneur pourrait y rester indifférent...

      Merci.

  • Je ne sais pas exactement si j’ai bien manœuvré pour envoyer , hier 5 juin à 21h59, ce commentaire ou bien s’il aurait été ’retenu’.
    S’il faisait double emploi ne pas en tenir compte.

    Autant sur le plan social et économique la Suisse donne, vraiment, l’exemple dont nous pourrions nous inspirer pour notre plus grand bien ici bas, en particulier s’agissant du principe de Subsidiarité si fécond pour la Confédération Helvétique et pour tous ceux qui le mettent vraiment en œuvre, autant sur le plan spirituel (disons ainsi pour faire court) cet échantillon suisse étale devant nous la déréliction contemporaine de l’Occident quasi en perdition spirituelle. On dirait les résultats d’un sondage ou quelque chose de comparable aux résultats d’une élection ou d’un référendum. Il y a aussi quelques leçons à retenir de cet "état des lieux" naufragés de la Chrétienté. La Chrétienté, à mon sens, est rongée par la pensée protestante sous-jacente, quelles que soient les étiquettes dont on s’affuble. Je l’ai dit et écrit depuis longtemps, théologiquement parlant, mais sur le plan ’démocratique’ (donc le plan des hommes et de leurs contingences) la majorité peut avoir raison contre la minorité, c’est ce que croient dur comme fer les démocrates aux œillères inamovibles et ce sont sans doute les plus nombreux, mais cela n’est pas vrai à 100%, et de loin. De même la minorité peux avoir raison contre la majorité dans un nombre de cas statistiques -équivalents-.

    Cette situation n’est pas binaire, mais quaternaire. Ainsi, la majorité et la minorité peuvent avoir raison selon les cas. De même, la majorité et la minorité peuvent avoir tort selon les cas. Au final, le tort et la raison n’ont rien à voir avec le nombre. Jésus-Christ n’avait pas le nombre avec Lui. Et même on peut raisonnablement trouver l’origine de la démocratie dans la foule qui clama qu’il fallait libérer Barabas et pas Jésus. C’est ce qu’on apprend par un grand nombre d’exemple de nos jours, ici, via la Suisse en ce qui concerne l’Église romaine (mais c’est plutôt une confirmation de l’état du monde contemporain).

    Tout ceci devrait nous éclairer et intensifier d’autant notre réflexion que nos actions de catholiques.

    Dans la pleine actualité, je vois un -écho très frappant- entre cet article soulignant une profonde crise de l’Église catholique en Suisse (mais aussi dans tout le monde occidental) et la "sentence" de la "cour européenne" (voici encore l’ "Europe" scélérate qui se mêle de ce qui ne la regarde pas) aujourd’hui-même s’agissant du "sort" de Vincent Lambert... En gros 1/3 contre 2/3. C’est bien là la proportion qu’on retrouve presque toujours dans les temps actuels au sujet des questions basiques de la Vie qui divisent toute la société, toutes les sociétés dirait-on. Ici, même les membres de la famille de Vincent Lambert sont divisé ! Il y a là, je crois, un échantillon pathétique et poignant de la situation du monde occidental (encore) contemporain qui semble vraiment avoir perdu ses repères...

    Voici ce que j’écrivais comme commentaire en signant la pétition pour Vincent Lambert :

    ""La mort fait partie de la vie, l’inverse, par définition, est impossible, car il y a belle lurette que la vie n’existerait plus et la question ne se poserait évidemment pas. Cela est vrai dans le monde visible et, en toute logique, dans le monde invisible ici bas. Donc laissons la vie s’exercer elle-même selon ses lois et, dans toute la mesure de notre possible ici bas, accompagnons-là sous toutes ses formes, à l’image de l’amour maternel qui est l’archétype de l’amour. ""

    L’affranchissement, réel ou imaginaire, des hommes vis à vis de l’enseignement de l’Église apparaît comme une "libération" comme, je pense, toutes les "libérations" du monde dit "moderne" ; on a vu la suite...

    Dit en très résumé (développer ici serait trop long) cela apparaît comme une déstructuration de plus depuis que la Réforme protestante et ses avatars révolutionnaires ont entrepris le chantier de démolition et de travail de sape au sein du Christianisme et de la Chrétienté.
    J’oserais même dire qu’il peut y avoir là des forces inconscientes favorisant, entre autres, la prégnance de l’Islam.

    • cf. : 6 juin 22:00

      Référence aux deux dernières lignes de l’intervention fort instructive ci-dessus, pourrait-on se demander si, par hasard, il n’existerait pas aussi d’autres "forces" agissantes dans la même dynamique ?

  • Etant divorcé remarié je connais dans ma chair l’enseignement de l’Église. Pourtant presque chaque dimanche je vais volontairement à la Sainte Table, non sans une grande émotion, montrant ainsi que j’accompagne tous ceux qui y vont, parfois un peu distrait dans leur communion.
    Je connais ma part de responsabilité dans ma situation difficile et d’une certaine manière , j’ai du réveiller ma foi., suite à mon " mia culpa". Le pontificat de Jean-Paul II nous a libéré d’une foi morose, celui de Benoit XVI nous a touché par sa piété lumineuse, actuellement nous vivons encore avec François la crise de la foi, qu’il veut aussi prendre à bras le corps. A travers nos difficultés, vivons notre foi, nous mêmes, et aidons nos amis suisses à le faire, à rayonner.
    Je frémis un peu en lisant cette phrase " entre laïcs , acteurs de la pastorale, et théologiens"" Acteurs de la pastorale" ! quelle curieuse expression : la foi se transmet parce qu’elle vit en nous et dans le regard de l ’autre et réciproquement .Le metteur en scène est constitué des trois personnes de la Trinité. La foi n’est pas le fruit d’une organisation marketing mâtiné de théologiens parfois aussi déconnectés de la réalité, ou en ayant évaporé le mystère. .
    Dostoïevski avouait avoir creusé sa foi au " Hosanna du doute". Mère Thérésa a confessé dans ses écrits un désert spirituel . Si cela pouvait servir d’exemple à nos amis suisses à les aider : commencer à vivre , donc à transmettre la foi avant cette auto accusation récurrente et parfois un peu commode pour ne pas dire délirante de l’Église du Christ, qui malgré ses faiblesses est aussi notre mère, celle qui nous l’a transmise, que nous avons à aimer , car elle est l’épouse du Christ, celui que nous cherchons à tâtons, et que nous aussi charge de faire découvrir avant notre regard accusateur !

    • 7 juin 07:31

      @ Henri

      Un grand merci pour cette confiance - ou acte de foi - livré aux lecteurs de ce forum. Pardonnez-moi, il me semble personnellement que je ne le mérite pas. Mais je l’accepte au vu des lignes qui le suivent.

      Oui, il nous faut prier, prier aussi les uns pour les autres.

      A méditer...

    • Je précise je vais à la Sainte Table pour recevoir une bénédiction .

    • cf. : 8 juin 07:16

      En ce qui me concerne, et soit dit en toute modestie, c’est ainsi que j’avais compris la chose (étant en contact quasi permanent avec un ami prêtre qui m’éclaire sur bien des sujets d’Eglise). Cela n’enlève rien au "merci" que mon petit message a voulu envoyer.

      P.S. "Bénédiction" ou "communion au corps et au sang du Christ", il n’appartient qu’à Dieu seul de décider, pour l’instant, de la valeur de ce pas volontaire et confiant vers Lui et Sa miséricorde de la part d’un fils de l’Eglise.

    • Merci Gemayel de votre réponse éclairante.

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.