Pédophilie dans l’Eglise : une guerre meurtrière de tartuffes

par Denis Lensel

lundi 3 septembre 2018

On assiste à la remontée de multiples affaires de « pédophilie » au sein du clergé dans les filets des médias, qui explorent et exploitent les fonds marécageux d’une Eglise déjà déclarée malade par le Pape Benoît XVI et désormais traitée par le Pape François. Mais c’est l’Eglise de notre monde occidental hérité des courants de la mentalité collective décadente des années 60 et 70. Un monde lui-même ébranlé dans ses fondements intellectuels, moraux, culturels et spirituels par les « maîtres du soupçon », en particulier Marx, Nietzsche et Freud, et leurs continuateurs pernicieux Wilhelm Reich et Marcuse. Et une Eglise ébranlée par diverses dérives théologiques, comme celles des « théologiens de la mort de Dieu » en quête d’emplois hasardeux et délétères. Ce monde, cette Eglise, et avec eux des sociétés tout entières ont été rongées par les diverses tentations de Satan, le destructeur du Genre humain. Mais qui parle aujourd’hui du danger de Satan, à part le Pape François ? Ce Pape qui lutte de front contre la pédophilie dans l’Eglise, mais qui a su aussi dénoncer le pouvoir corrupteur de l’Argent-Roi et ses injustices avec une vigueur sans précédent depuis bien longtemps. Quitte à gêner certains…

Dans l’Evangile d’hier, après avoir écarté les Pharisiens et les Scribes dont il dénonce l’hypocrisie, Jésus dit ceci à la foule qui l’entoure : « Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. » Et le Sauveur ajoute : « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

A l’heure actuelle, une tempête redoutable secoue violemment l’Eglise, et on met en cause hâtivement son principal pasteur, le Pape François, désigné comme un bouc émissaire : son exécution symbolique par démission forcée est présentée comme une solution salutaire… Une solution facile… Facile… Mais pour quoi faire ?

Sous couvert d’un nécessaire assainissement de cette Eglise polluée par de nombreux péchés, une atmosphère peu fraternelle de règlement de comptes se répand peu à peu, depuis certaines officines laïques jusqu’aux antichambres de plusieurs organismes ecclésiaux en cour à Rome… Une question cruciale se pose ici : dans ces frictions et ces affrontements, s’agit-il seulement de vouloir lutter contre la corruption morale des perversions sexuelles ? Ou bien certains rêveraient-ils de revanches personnelles ou idéologiques camouflées sous des discours ecclésiaux solennels ? Voire d’accession au pouvoir dans l’Eglise ? Alors, la tartufferie serait en embuscade…

En outre, dans ce trouble actuel de l’Eglise, le rôle des grosses caisses de résonance médiatique de la Presse internationale n’est hélas pas sans ambiguïté : même si le discours moral anti-pédophile des grands médias paraît incontestable en soi, ses origines sont loin d’être tout à fait claires… A moins d’être amnésique, on ne peut que se souvenir que de nombreux ténors médiatiques ont eux-mêmes ouvert les vannes de la démagogie sociétale et du laxisme moral au cours des dernières décennies. A l’heure du 50ème anniversaire de Mai 68 en France et en Occident, on sait encore combien toute une Presse a pu saper les fondements de la morale judéo-chrétienne et de l’autorité dans l’Eglise, dans l’école et dans la famille. C’était l’époque de la « mort du Père », et il était alors « interdit d’interdire », le mot d’ordre étant « Jouissons sans entraves »… Désormais, de curieux tribunaux médiatiques clouent au pilori des « pères » réputés indignes, sans autre forme de procès, à tort ou à raison… Ici encore, chez de tels pompiers pyromanes, la tartufferie peut guetter des proies désarmées.

Hélas, çà et là, c’est à juste titre que tel et tel médias accusent tel ou tel. Mais si la crise morale collective est si profonde, dans l’Eglise ou dans la société tout entière, à qui la faute ? L’heure est sans doute venue d’un examen de conscience généralisé et d’une conversion au respect de la vérité et de la pureté. Cette démarche inclut le refus de la haine et, bien au-dessus d’une critique de tel ou tel propos du Pape, exige l’humilité pour chacun d’admettre ses propres torts.

Denis LENSEL

Messages

  • On ne peut qu’abonder dans le sens de cet article. Denis Lensel pointe très exactement la faille.

    Oui, se sont commises au sein de l’Eglise des horreurs monstrueuses qui ne pouvaient qu’être pierre de scandale.Et qu’il faut condamner avec fermeté. Pour autant, les pères-la-vertu qui se déchaînent dans les médias sont de fameux hypocrites qui n’ont très souvent qu’une seule cible, une seule obsession : l’Eglise catholique, et son enseignement, qu’il faut discréditer et abattre de son piédestal.
    Ces lapidateurs se soucient-ils le moins du monde des ravages opérés par la banalisation de la pornographie (un moyen d’éducation de la jeunesse, selon certains adultes au QI de bulot...) ? S’inquiètent-ils des effets lourdement pervers d’une érotisation omniprésente de la société (publicité, médias, en particulier...) depuis plus d’un demi-siècle ?

    Sans vouloir taper sur un corbillard (adulé des médias, qui lui ouvrent tout grand micros et caméras !), qui veut encore se souvenir des propos et des écrits d’un certain le-rouge, devenu Vert, banalisant la pédophilie au sortir du bouillon de 68 ? Pourtant, on le présente aujourd’hui partout comme un sage, presque un maître à penser. Il ferait, dit-on (mais que ne dit-on pas), partie du cercle des intimes (ses conseillers ?) de Zupiter. Le microcosme - qui règle et définit la pensée unique - est ainsi...

    Les ministricules et secrétaires d’état qui se succèdent aux commandes de l’Education Nationale valident des programmes absurdes concernant une éducation sexuelle délirante (dont le gender n’est qu’un avatar tragi-comique) des petits. A croire que ces idéologues obtus, ces défenseurs d’une forme de totalitarisme rampant n’ont jamais lu le moindre ouvrage de psychologie de l’enfant et ne savent rien des stades de développement et du psycho-dynamisme qui va accompagner cette (de plus en plus) longue période de la pré-adolescence et de l’adolescence.

    L’Eglise est à l’image du Christ, divine et humaine. Par son humanité, elle est forcément le reflet de la société. Et la société, ça fait un bout de temps qu’elle cherche à s’affranchir de la morale chrétienne pour s’adonner libéralement à ses vices (injustice sociale, marchandisation absolue, libertinage et pornocratie génératrice de profits colossaux...).

    Le pape François, comme ses prédécesseurs, cherche à remettre l’Eglise dans les rails de la morale du Christ (à ne pas confondre avec certaine morale bourgeoise, héritière des préceptes de Tartuffe). Et c’est bien ce qui hystérise tous ceux dont les petits (et grands) trafics honteux sont mis à jour et pointés du doigt par le successeur de Pierre. Il n’y a guère d’autre explication à la levée soudaine de boucliers des neo-consUS.

  • Et si au lieu de médire, nous prions pour ces prêtres. Pour le mal qu’ils font a l’Eglise. Il fut , il y a quelques années, un prélat a dis que le mal de l’
    Eglise, viendrais de son centre. Et voila nous y sommes en pleins. J’ai vécu toute ma jeunesse mais
    jamais, sous la foi du serment, vu, entendu, lu, de telles abominations.
    Et bien sûr, les presses y vont de cœur joyeux, bref tous ceux qui sont contre l’ Eglise !....vrai ou pas, il faut faire avec....le temps passera, et des calamités surgirons sur une autre profession.
    On nous bourre le crane, avec la fin du Monde, ces temps ? ci.. croyez vous que la fin Immortelle
    de l’ Eglise, va arriver.......mais elle est appelée a renaitre, et renaitra comme les temps ont toujours
    refait un monde. Combien de civilisations sont parties avant la notre et qui reviennent a grand
    renfort de pub. Bon, je me tais, mais je vous prie de croire, que ma peine est comme la votre immense, profonde, bléssé au plus profond de mon cœur. Mais je regarde vers le firmament.
    Avec une certaine Espérance, de voir descendre la Jérusalem promise .........ora pro nobis !

  • Merci Denis pour cet article très juste.

  • Je suis en plein accord avec l’article de Denis Lensel et les commentaires qui suivent. Pour retrouver un peu de sérénité et éviter que la jeune génération restent engluée dans l’idéologie perverse de leurs parents soixante-huitard, la seule solution pour nous catholiques est de rester unis derrière le Pape, de soutenir son combat contre le diviseur. Plus le retour du Christ est proche, plus sa victoire est certaine, plus Satan se déchaînera, du moins c’est ce qu’on peut lire dans le Nouveau Testament. Vivons dans l’Espérance et prions pour notre Saint Père.

  • Quand "ce pape (qui) a su dénoncer le pouvoir corrupteur de l’Argent-roi" il y a eu extinction de voix chez ceux qui l’avaient encensé à l’occasion de sa phrase : "qui suis-je pour juger" ; c’est faire preuve d’honnêteté et d’humilité de reconnaître que c’est "l’Eglise de notre monde occidental hérité des courants de la mentalité décadente des années 60 et 70" et on pourrait continuer en remerciant D. Lensel pour la lucidité qui ponctue son article. Il convient aussi de saluer son appel à un examen général de conscience.

    Dans ces remous virulents il y a aussi dans l’Eglise ceux, peu nombreux, qui ont le courage d’avertir respectueusement, sereinement et en privé le pape sur telle démarche ou tel mot à éviter. Mais, se heurtant à une fin de non recevoir ils continuent humblement leur mission au service de Christ et de leur frères. On peut essayer de "corriger" l’homme sans pour autant combattre le vicaire du Christ. A charge de ce dernier de faire preuve de discernement. Infaillibilité mise à part quand il s’agit de dogmes, un pape est aussi un homme et son entourage rapproché est également humain.

    Il ne reste qu’à prier le Seigneur et oeuvrer, dans la limite de ses moyens, pour ne pas entrer dans le dessein du Malin de créer les divisions et d’encourager les haines. Comme il y a aussi, comme ça, des moment où c’est "Dieu (qui) a besoin des hommes".

  • "L’heure est sans doute venue d’un examen de conscience généralisé et d’une conversion au respect de la vérité et de la pureté. Cette démarche inclut le refus de la haine et, bien au-dessus d’une critique de tel ou tel propos du Pape, exige l’humilité pour chacun d’admettre ses propres torts." a écrit Denis Lensel.
    Oui, et ceci n’exige rien d’autre que la radicale conversion évangélique.
    Parce que ceci : examen de conscience, vérité, pureté, humilité, etc, "est impossible aux hommes", au sens que par nos propres forces nous n’y arrivons jamais.
    Mais ce que Jésus nous demande d’abord n’est-il pas de prendre la mesure de notre peu de conversion ? C’est notre part, ce qu’il nous revient d’accomplir. Oui, voir et savoir que nous sommes "malheureux, misérables, pauvres, aveugles et nus", incapables de croire et d’aimer, de donner sa vie pour ses amis. Et ce, "sans honte ni trouble au visage", car Dieu est miséricorde, soit l’amour dans la vérité. Et cette vérité nous libère.
    Certains affirment avec raison que l’heure est aux ténèbres parce que des prêtres tombent en grand nombre dans un péché grave et ignominieux, mais n’est-ce pas la conséquence et le signe d’un affadissement général de la foi et du refroidissement de l’amour ?
    Et les ténèbres n’ont cessé de tenter l’homme depuis la Croix, et le prince de ce monde fourbit en permanence de nouvelles tentations, toujours plus spécieuses, toujours plus capables de faire renoncer l’homme à sa conscience. Et dès lors que l’on ne sait plus nommer et distinguer le Bien et le Mal comme est parvenu à l’imposer le relativisme moral à l’œuvre, le catholique, s’il résiste au nom de ce bien supérieur qui le fait vivre et espérer, devient ipso facto objet de détestation et de ce fait conduit au martyre quelle qu’en soit la forme. Le péché dans l’Église l’exposant d’autant plus à l’hostilité et au rejet sardonique de la vérité dont il se sait porteur.

    La question que posent les temps présents est donc celle de la sainteté ; dans le couple désaccordé quand l’homme et la femme ne savent plus se rencontrer cœur à cœur ; dans la famille décomposée et appelée à disparaître ; dans l’Église qui n’ose pas clairement se démarquer du monde ; dans la sexualité, quand toute une société est livrée à la génitalisation des esprits dès la petite enfance ; dans une vision dénaturée, voire falsifiée de l’amour, qui ramène les gens à leurs pulsions, amour falsifié qui inspire également une fausse compassion conduisant à un eugénisme qui ne dit pas son nom ; dans la vision desséchante de l’homme réduit à ne plus jamais penser la mort mais incité à s’en distraire par tous les moyens et à jouir du moment présent quel qu’en soit le coût humain et environnemental ; dans le refus de la faiblesse qui conduit à la banalisation de la barbarie.

    J’attends avant toute chose de notre pape qu’il rende "notre cœur tout brûlant" afin que nous soyons fortifiés pour vivre dans le monde sans être du monde, afin de désirer les réalités d’en-haut, désirer le bonheur que Dieu promet, désirer tressaillir comme Élisabeth, désirer exulter comme Marie, désirer accomplir des "signes plus grands encore" que ceux de Jésus, désirer l’amour agapé plus que tout plaisir du monde.
    C’est ainsi seulement que la Providence peut combler nos cœurs inconstants, charnels, parce qu’orgueilleux et blessés.
    C’est seulement quand on a trouvé un trésor plus grand que ce que le vieil homme en nous convoite, que l’on peut "laisser là nos filets" et "faire ce qui est bien et éviter le mal". Sinon, "l’esprit est ardent mais la chair est fragile".
    Et que le Royaume peut progresser en nous et en ce monde.

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