Pas d’amalgame ?

par Gérard Leclerc

jeudi 19 novembre 2015

Impossible de s’arracher à l’actualité. Mais on me permettra de l’envisager sous l’angle que j’avais choisi lundi dernier. En effet, en me référant à René Girard, je ne voulais pas échapper au caractère religieux du terrorisme, mais en spécifiant bien de quoi il retournait avec ce religieux-là. Il y a chez beaucoup d’analystes la crainte d’être taxés d’islamophobie et ainsi de sembler rejeter tous les musulmans dans le camp extrémiste. Pas d’amalgame, dit-on à juste titre, bien que la polémique fasse rage à ce propos sur les réseaux sociaux, car « pas d’amalgame » cela peut vouloir dire refus de parler de ce qui fait mal et qui est pourtant décisif. En ce sens-là, il est vrai qu’on a affaire à une dérobade et même à une faute grave. C’est Soheib Bencheikh, musulman fervent et cultivé, qui nous en conjure dans le dernier numéro de Marianne : « Cessons d’avoir peur d’être taxé d’islamophobie et aiguisons notre esprit critique. »

L’esprit critique doit, selon lui, s’exercer d’abord à l’égard du salafisme, idéologie mortifère. Je ne pense pas que Soheib Bencheikh serait en désaccord avec moi en envisageant cette idéologie sous l’angle de René Girard, c’est-à-dire de la détection du religieux archaïque, dont la complicité avec la violence est la première caractéristique. Ce religieux archaïque conçoit une vision sacrificielle du monde, qui jette un voile d’ignorance sur l’innocence des victimes. Le Dieu vengeur exige le châtiment des impies et sa colère est aveugle ; de même, les vengeurs de la nuit du 13 novembre exerçaient leur violence aveugle sur des victimes dont ils refusaient de reconnaître le visage. Le religieux archaïque ignore ce que le Dieu miséricordieux du Coran pourrait pourtant suggérer à ses fidèles. Du coup, il ne poursuit qu’un seul dessein meurtrier, s’inscrivant dans le mouvement de possession, prophétiquement décrit par Dostoïevski dans son grand roman, dont le titre se décline en français sous une double forme suggestive : Les possédés ou les démons. Mais Dostoïevski parlait des nihilistes russes de son temps. Il n’envisageait pas que des religieux puissent être enchaînés au même entraînement satanique, celui de la perversion du sacré.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 19 novembre 2015.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Aiguiser notre esprit critique relèverait d’une exigence pour mieux comprendre et cerner les aspects de bien de questions auxquelles nous nous trouvons confrontés. D’autre part, qui pourrait en vouloir à Gérard Leclerc d’avoir fait référence à René Girard dans le contexte tourmenté et semé d’embûches dans lequel notre monde est plongé.

    Aiguiser notre esprit critique suppose qu’on en soit d’abord pourvu. Et encore plus en amont, que nous sachions de quoi il s’agit quand une question et/ou un problème d’envergure se pose à nous. Ce qui nous a été donné de vivre depuis quelque temps et qui a trouvé sa traduction dans les événements du 13 novembre 2015 est un aspect que nul ne pourrait éluder dorénavant.

    En référence à bien des correspondances, discours, messages, interventions etc... qu’il nous a été donné d’être témoins, parfois partie prenante, sur le sujet "Islam", serait-il faux d’avancer, comme je me permets de le faire ici, deux observations : en règle générale, nous sommes peu ou mal informés sur le sujet et, d’autre part, la vision du citoyen sur une question aussi importante que d’actualité est souvent tributaire de celles disséminées ici et là par des "experts en religions", "orientalistes et islamologues", "spécialistes de l’Histoire des religions" et que sais-je encore, bref, par cette prolifération désordonnée et fantaisiste qui pourrait s’avérer, qui sait, non pas et seulement comme un frein à la volonté de savoir et de comprendre, mais comme des "déviations" regrettables parce que dangereuses. Il arrive même qu’il suffit d’avancer un mot en arabe, prenons "jihad" ou "nidal", d’en expliquer la signification, la déclinaison, et d’ajouter un synonyme pour faire accroire qu’on est, au moins, connaisseur de l’Islam. Quand on pense à la richesse de la langue arabe et à la profusion de synonymes qui peut entourer un seul mot...

    Ceci posé, l’appel ou la demande de Soheib Bencheikh d’"aiguiser notre esprit critique" serait-il du domaine de l’impossible ? Qu’il me soit permis d’en douter, surtout si l’on pouvait considérer que l’un des aspect de cette exigence, "aiguiser notre esprit critique", consiste le plus souvent en une disposition d’accueil de ce qui relève d’explications dignes de confiance par des personnes ayant compétence en la matière, plutôt que de se poser en connaisseur de l’Islam en utilisant un ou deux mots enrubannés de leur explication (alors qu’il y en aurait bien plus qu’une seule). Alors, comment faire ?

    Peut-être, car je ne sais pas exactement, commencer par ne pas adhérer d’emblée à ce qui est le plus "audible" dans une sorte de, pardon, cacaphonie ambiante où "tout le monde a raison et un seul a tort"... ou l’inverse. Cette prudence serait un premier pas. Ensuite... Il est à souhaiter que plus de place soit laissée, même offerte, à celles et ceux dont la compétence avérée concernant des sujets précis est un gage de fiabilité. Loin d’empêcher toute discussion ou échange, cet apport précieux ramènerait ces débats à leur juste place, épurée de toutes sortes de prétentions. Il est des situations d’une importance et gravité telles qu’elles en appellent à la vigilance et à un minimum de bon sens et de modestie.

    Les lignes ci-dessus sont-elles hors sujet ? Si tel était le cas qu’on veuille bien m’en excuser. Tout en souhaitant que l’article de G. Leclerc soit compris à sa juste valeur et que les éclairages de Soheib Bencheikh et de son frère Ghaleb Bencheikh soient plus largement apportés, surtout en ces moments de grandes incertitudes. Juste un dernier mot sur l’EI ou Daech, son calife et son califat : je pense fermement que tout cela n’a rien à voir avec l’Islam, et que je continuerai à les considérer comme des maffias et succédanées voulues, créées et ordonnées dans des buts purement économico-politiques et asservissants dans un monde qu’"on" ose nous présenter comme "libre".

    Merci.

  • Lorsque jeudi matin j’ai entendu sur RND cette chronique de Gérard Leclerc, j’ai presque applaudi des deux mains tant elle remettait les choses à leur juste place au milieu du brouhaha. Ce brouhaha médiatique et politique qui se signale surtout par de graves confusions de la pensée et de nombreuses analyse pré-mâchées à l’intention d’une opinion publique tenue dans un indigne mépris.

    « « pas d’amalgame » cela peut vouloir dire refus de parler de ce qui fait mal et qui est pourtant décisif  »

    Comment pourrait-on procéder à de justes analyses lorsqu’on tourne indéfiniment autour du pot ? Le politiquement correct et la pensée unique ont stérilisé le discours.

    Heureusement, de nombreux îlots salvateurs de résistance intellectuelle - et Gérard Leclerc est l’un de ceux-là ! - subsistent, dans une quasi-confidentialité parfois (j’allais écrire “clandestinité” !).

    Cependant, cette confidentialité imposée par les groupes médiatiques - asservis aux intérêts de la Fortune et de l’Affairisme - qui imposent un étranglement impitoyable de tout ce qui est parole divergente, se trouve très largement battue en brèche par Internet.

    C’est ainsi que l’on peut distinguer un fossé large, et quelque peu inquiétant, entre une opinion officielle et ce que pensent véritablement les Français. La grosse surprise (pour les gouvernants) du référendum de 2005 fut l’illustration d’un débat véritable qui s’était longuement mené sur la Toile quand le pays légal caquetait à l’infini ses slogans dérisoirement moralisateurs et pro-Union Européenne.

    Il en va ainsi de cette consigne-slogan « pas d’amalgame », répercutée avec délectation dans les médias.

    Pourtant, lorsqu’on circule en dehors des salles de rédaction, des officines grenouillesques du monde politicien et loin des cénacles bobos, les versions entendues dans le pays réel sont bien différentes, parfois à l’exact opposé. Plus on demande aux gens de ne pas faire d’amalgame, plus ils en font et plus ils se lancent dans des hypothèses qui frisent souvent le complotisme.

    On n’éteint pas des incendies qui couvent avec des éteignoirs de salon. Il faut aller au fond des choses et diriger une lumière crue - et sûrement dérangeante pour le confort intellectuel - sur les questions qui fâchent. Il n’y a pas nécessairement de réponse toute faite. Dans certaines situations inextricables peut-être même n’existe-t-il pas de solution.
    Impossible toutefois d’avancer si les vraies causes d’inflammation et d’extension des feux ne sont pas traitées, si les plaies ne sont pas curées mais systématiquement recouvertes et étouffées d’emplâtres épais, non seulement inefficaces mais délétères dans leurs effets.

    Il semble, parmi les effets indésirables observés, mais c’est loin d’être le pire, qu’une grande part du succès du FN tient à toutes ces “plaies” que le Pouvoir (ses accessoires et ses commanditaires) nie depuis des décennies et prétend étouffer en tenant des discours anesthésiants et surréalistes (voire en édictant des lois qui criminalisent la libre expression d’opinions contraires à la Doxa...).

    L’esprit critique (*) doit s’exercer !

    Un changement de paradigme s’impose. La pensée de René Girard peut y aider...

    * esprit qui n’a rien à voir avec les sinistres guignolades d’un Charlie Hebdo - l’un des meilleurs renforts, en contre-empreinte, du pouvoir - ou la dérision sarcastique de tous ces “humoristes” - rémunérés par les médias - qui confondent trop souvent ce qui est leur propre conformisme avec un véritable esprit critique, libre et indépendant

    • Quelques lignes pour rebondir sur le tout dernier paragraphe (en italiques) concernant l’esprit critique "qui n’a rien à voir avec...". En batifolant sur la toile à la recherche de quelque article pertinent couvrant l’actualité, mon regard a été attiré par une, je cite : "lettre ouverte à Daech". Il était bien entendu que je n’allais pas me priver de plonger un regard intéressé sur une telle initiative - genre lutte anti-personnelle contre LA créature.

      (J’ouvre une parenthèse pour exprimer une idée : voilà que tout d’un coup des actions d’une violence inouïe se déchainent à présent en dehors des sites "traditionnels" objets des crimes de l’EI-Daech depuis bientôt cinq ans : Beyrouth le 12 novembre, Paris le 13, Bamako le 20, des individus qui se font sauter ici et là, apparemment sans aucune "feuille de route" mais dans un désordre inhabituel, pas de coupeurs de têtes mais des kamikazes dont la "stratégie" est de tuer pour tuer et le plus de monde possible, ces kamikazes, me semble-t-il, comme des "bleus", jeunes d’ici et de là-bas, Français et Belges d’origine maghrébine, dénonçant la "perversion" du monde occidental et les lieux d’"de péchés" etc... Attaques "nouvelle formule" par "nouvelle stratégie" dans "nouveaux contextes"... Daech serait-il, par hasard, en train de perdre de son autorité, de sa maîtrise de la situation ?... Juste un point de vue.

      Pour en revenir à cette "lettre ouverte" : un petit grand monsieur, réalisateur cinématographique, sauf erreur, semble se prévaloir de sa renommée affirmée et confirmée par un film oscarisé... Pour aller droit au fait : cette lettre explique aux ignares de Daech notre mode de vie (our "way of life" comme l’avait dit George Doubelyou Bush), notre façon de vivre parce que nous n’aimons pas la mort, nous, mais la vie, etc. Plutôt que de reprendre une prose appétissante qui décrit avec force détails et suggestions comment nous, Français, nous vivons, nos "valeurs", etc... Mais, l’auteur, "finaud", a soin de ponctuer le torchon de "enfin pas tous" lire : nous, Français aimons et faisons ceci et cela, "enfin pas tous"... Loin de contester ou dénoncer ou les deux l’oeuvre - littéraire cette fois - de ce monsieur, et par là lui reconnaissant le droit à toutes les libres expressions qu’on voudra, il est de mon devoir de rappeler que je n’ai, par contre, jamais autorisé quiconque à parler - ou écrire - à ma place, moi, Français.
      Qu’il me soit permis d’ajouter que le critique d’un des media a qualifié de langage "cru" la prose en question - manière autrement publicitaire d’y attirer l’attention -, oui, je me permets d’ajouter, que "cru" ou "cuit", ce morceau choisi dénommé "lettre ouverte" donnerait à penser que ce monsieur aurait mieux fait de "la fermer"...Car voilà sous les yeux des Français et de bien d’autres, étalées nos "valeurs", enfin les "valeurs" dont se réclame quelqu’un qui a agi comme qui dirait avec toutes les propriétés d’un aimant propres à attirer encore plus de jeunes dans le giron infernal de Daech et Co...

      Cette fameuse "lettre ouverte" mériterait quelque part d’être présentée à un goncourt ou fémina ou, pourquoi pas, d’être tout simplement couronnée des lauriers de l’Académie des bobos arts. ("lettre ouverte" à déguster sans...modération).

      Merci.

    • C’est, en fait, à l’auteur (*) de cette lettre qu’il faudrait directement répondre.

      Comment nous Français pourrions-nous nous reconnaître dans cette littérature d’une vulgarité affligeante ? Elle est seulement représentative de cette minorité qui adhère pleinement à la mentalité Charlie.
      Elle est à l’image de ce monde factice pour qui la vie n’est que spectacle : on gonfle les biceps devant la caméra et on s’attend à recueillir les Oscars de la part d’une opinion publique époustouflée par la “hardiesse”, le “culot”, le “courage remarquable” d’un épistolier qui ose ainsi défier Daech par grossièretés graveleuses interposées.

      Non monsieur M.H., désolé de vous ramener à la réalité, nous ne sommes plus sur le tournage d’OSS 117 chez les Guignols.

      A vrai dire, lorsqu’on est confronté à de telles conceptions de « la vie » (sic et re-sic !) - une longue litanie plus qu’explicite - par ce que sont les nouveaux maîtres à penser (**) d’une certaine opinion publique, on ne peut qu’être affligé. On est même tenté de succomber au pessimisme : avec de telles "valeurs" affirmées, comment une nation ne pourrait-elle pas sombrer définitivement, tout comme la Rome antique décadente et débauchée a sombré, submergée par ses propres vomissures de fin d’orgies ?

      Est-ce que ce serait ça, la France ? Un gigantesque lupanar pour obsédés sexuels, l’arène du priapisme ? La fraternité, l’égalité et la liberté ne se conjuguant que dans le fond des alcôves ?

      « Les pères de nos pères et leurs pères avant eux » se sont-ils battus, ont-ils versé abondamment leur sang pour que de minables idéaux de licence et de débauche puissent devenir les valeurs ultimes - et pathologiquement dérisoires - de la nation ?

      Je ne sais pas ce que penseront les destinataires de cette lettre-ouverte. Je doute fort qu’ils soient effrayés ; cela ne risque que de les conforter dans leurs clichés et leurs préjugés à l’encontre de notre société.

      S’ils ont un peu de culture et s’ils ont lu Rabelais et sa longue analyse sur les« torche-cul », ils risquent fort de s’en inspirer. Et si, incultes, ils n’ont pas lu Rabelais, ils risquent d’arriver malgré tout à la même conclusion !

      * tiens, il y a "vicious" dans son nom ; ça ne s’invente pas...

      ** On pourrait éditer une interminable (hélas) liste d’histrions médiatisés qui cultivent un hédonisme de la vulgarité la plus crasse et la plus abjecte et qui drainent tout un public fasciné par les obscénités

    • C’est affligeant en effet, et ne peut que persuader davantage encore les habitants des pays d’Orient que les Français ne sont que des pervers dégénérés.

      Mais ne nous laissons pas démoraliser, il n’y a pas que ces insanités, heureusement : le site hozana.org propose d’adopter spirituellement un soldat de Daech et de prier (et pourquoi pas jeûner) pour sa conversion.

      Haut les cœurs !

    • Le but principal de mon message est atteint : les deux réactions ci-dessus (de Réginald et Bernadette) pourraient être lues, elles aussi, qui ferait comprendre que la France et les Français, "enfin pas tous", ne sont pas l’abjecte caricature griffonnée par le papa génétiquement modifié d’un film oscarisé. Chapeau l’artiste ! Mais celui qui a été auréolé d’un Oscar est muet...et aurait dû inspirer le silence. On tourne ...en rond, aussi, dans les infos télé, avec ces jeunes, même des enfants qui récitent des phrases "plus grandes" qu’eux apprises par coeur, genre :"on est venu pour montrer nos valeurs..." etc. Lavage de cerveaux, bourrage de crânes... Comme un signe des temps : jamais plus que de nos jours le mot "valeur" a été lu et entendu et répété : le monde est en manque et appelle, on dirait, à son secours les vraies valeurs.

      Oui, comme le suggère Bernadette, pourquoi ne pas prier (et jeuner) en adoptant spirituellement un paumé de Daech, on rejoindrait ainsi, autrement dans les faits mais pareillement dans la démarche ceux qui, comme cet ami qui, ayant trouvé sur le seuil de sa porte, son fils de 21 ans, universitaire, coupé en morceaux et mis dans un sac de jute : alors Gabriel a fait dire une messe pour le repos de l’âme de son fils, et une autre messe pour son assassin inconnu... Nul n’est à l’abri, et l’un de ces jeunes happés corps et esprit par Daech et Co risquerait un jour d’être compté parmi nos enfants, ceux d’amis et de connaissances. Le nom "Abbaoud" est entendu des dizaines de fois par jour et par nuit sur les ondes. Mais celui des grands et vrais responsables reste inconnu... Ces tueurs kamikazes sont une face de la médaille, l’autre représentant bien de nos jeunes qu’on attire eux aussi par la drogue, le sexe, les "nouvelles valeurs" (cf la "lettre ouverte" de M.H.).

      Ce dimanche est fêté le Christ-Roi. C’est Lui qui (on a tendance à l’oublier) aura le dernier mot.

    • Gemayel, le contexte dans lequel vous citez le nom d’Abbaoud m’incite à faire un rapprochement entre Abba-oud et Bar-abbas. "Relâche- nous Barabbas ! - Et Jésus ? - Crucifie-le !" La foule avait choisi : le révolutionnaire meurtrier, une sorte de djihadiste (de petite pointure quand même car il n’avait pas de kalachnikov), plutôt que le Prince de la Paix. Malgré l’énormité de ce péché, le salut nous est donné : "Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font."

      Et vous avez tout à fait raison : ce cancer spirituel peut gagner - il gagne déjà - nos enfants, tout comme les cancers de la drogue, de la pornographie et autres les rongent depuis déjà bien trop longtemps. Il est temps, plus que temps de convertir nos cœurs, de prier, pleurer et jeuner car nous devions être les bergers de notre jeunesse et nous avons failli à notre mission.

  • Je suis d’accord avec Yves Floucat pour ne pas accuser l’archaïsme du religieux, qui a précédé la Révélation , ce qui serait une manière de se défausser de notre responsabilité . devant la situation actuelle, apocalyptique au sens dévoilement par notre refus de cette Révélation.
    Oui Dostoïevski a dans son roman prophétique « les Possédés ou les Démons » bien prophétisé la terreur et le terrorisme, celle et celui de la révolution française, passée, mais aussi de la révolution bolchevique, cambodgienne, et même nazie qui est aussi une révolution, par mimétisme.
    « Le démon nous entraine à travers champs et nous fait tourner en rond » est l’épigraphe de son roman ».
    Qui démasque-t-il essentiellement ? Les pères libéraux athées et l’alliance des salons mondains avec les révolutionnaires, véritables possédés. Les pères sans substance où le masque a dévoré la substance, avec leur incapacité à transmettre quelque chose, et qui découvrent un jour avec effroi l’abime du mal propagé par les révolutionnaires, une communion des Saints inversés ; (Rien n’est plus explosif qu’une société post chrétienne, qui a détruit ses repères volontairement. La régression n’est pas d’abord dans le religieux, mais dans sa contrefaçon. Peut-on dire Islam compris ? C’est à discuter avec eux. )
    ,N’est ce pas aujourd’hui ce que nous avons vécu : Une presse mondaine, excusant la violence, pensant trouver remède à la terrible frustration en promouvant un égalitarisme sans fin, en flattant cette frustration, en l’instrumentalisation par vanité, sans apporte le moindre remède. Nous sommes bien dans la folie, la montée aux extrêmes du désir mimétique prophétisé là par René Girard. ? Mais à qui la faute sinon à nous depuis Iéna nous dit Girard Nous en sommes là Aujourd’hui, après l’échec des utopies communistes la greffe de ce nihilisme révolutionnaire s’est développée sur un islamisme régressif effectivement redoutable. ; mais n’agit-il pas aussi par mimétisme de notre consumérisme ?
    Le débat continue, mais je ne pense pas que pour exorciser cette violence, il faille chanter la Marseillaise et que cela puisse apporter une solution. C’est une posture émouvante, mais régressive même si le besoin d’un hymne national est respectable, mais il yen eu d’autre , sous Louis XVIII par exemple..

  • Je ne suis pas sûr que la bonne piste soit celle de l’esprit critique comme l’affirme Soheib Bencheikh.

    Je crois plutôt que la voie/voix à rechercher est celle de la conscience.

    L’esprit critique nous maintient dans un cadre qui est celui de la raison naturelle. Mais celle-ci n’est pas suffisante.

    Pourquoi faut-il se garder d’amalgames trompeurs ?

    On aimerait bien que les grands criminels soient des monstres et seulement des monstres qu’on pourrait isoler du reste de l’humanité...Monstres que notre esprit critique pourrait débusquer et contre lesquels il pourrait nous mettre en garde...Nous mettre en garde contre le monstre qui pourrait aussi sommeiller en nous : sommes-nous si sûrs de ne jamais devenir monstrueux ? Quand on voit comment évoluent certains conflits de famille, on peut s’interroger...

    Mais il n’en est pas ainsi. On voit bien que notre société qui se veut si rationnelle produit de l’irrationalité et continue de produire des monstres, elle aussi. Un récent film, "Une jeunesse allemande" a raconté à partir d’images d’archives comment de jeunes Allemands ont pu devenir des terroristes nihilistes sans plus aucune conscience, censés poursuivre la révolution par d’autres moyens que l’engagement politique, social ou culturel, et sans aucune solution de continuité...

    On voit bien d’ailleurs qu’en Europe, on n’a nullement fait le bilan complet de la monstruosité soviétique, ni là-bas, ni ici...Ceci explique bien des dérives à mon avis.

    Les monstres sont souvent des individus apparemment normaux qui ont "réussi" mieux que d’autres à étouffer la voix de la conscience.

    Pour ne prendre qu’un exemple, Eichmann n’était pas un monstre comme l’a bien vu Hannah Arendt. Banalement médiocre.

    Les Allemands qui ont fait le nazisme étaient-ils des grands monstres ?

    La nouveauté, c’est qu’on prend conscience que les individus religieux peuvent aussi devenir monstrueux. Qu’on se "rassure", le christianisme a produit aussi ses monstres de fanatisme...la façon dont Franco a exercé sur l’Espagne républicaine matée sa vindicte impitoyable a quelque chose de monstrueux ; et d’ailleurs l’Espagne ne s’en est toujours pas remise.

    Et d’ailleurs, sommes-nous si sûrs qu’on ne jugera pas notre temps monstrueux, lui qui pratique la suppression des enfants à naître à grande échelle sans que plus personne ou presque ne s’en émeuve ?
    Contre cette monstruosité-là, l’esprit critique est impuissant, seule la conscience peut provoquer un sursaut de résistance...

    Bref, je plaide moins pour un surcroît d’"esprit critique" (on en a toujours assez en France) que pour un surcroît de conscience (on en manque manifestement), ce qui suppose qu’on se rappelle que cette conscience existe, qu’elle doit être éduquée, formée, entraînée, pour faire face au combat spirituel et éthique. Pour éclairer l’esprit critique, aussi...

    A partir de cet angle de vue, on doit constater que la France est écartelée entre deux pôles tout aussi hostiles à la liberté ...de conscience :

    - l’islam traditionnel qui répute la conscience inutile puisque le bien et le juste est codifié dans la sharia et qu’il suffit de se mettre en "pilotage automatique"...Heureusement, de nombreux musulmans gardent les commandes de leur personne...

    - et les libertaires qui déploient bien des efforts pour étouffer la conscience ou la dévoyer en la réduisant à la conscience purement subjective selon Mme Fourest : c’est "mon choix, c’est mon bien, c’est mon droit"...Heureusement, les "vrais gens" sont loin de ressembler à Mme Fourest...

    Le comble est atteint quand l’esprit qui se veut critique devient une sorte de caricature...monstrueuse et intransigeante de la (bonne) conscience. On a un nom pour ça en France : Charlie. Les gens qui ont défilé en janvier n’ont pas eu ... conscience de cela, malheureusement.

    • PS. J’étais loin de me douter que je trouverai ce matin dans la presse un exemple d’amalgame qui produit exactement le résultat contraire à celui d’un examen de conscience.

      Il est évidemment monstrueux de mettre sur le même plan les bourreaux et les victimes du Bataclan, et le cardinal Barbarin a raison de s’en dire consterné.

      Il est tout aussi monstrueux d’assimiler les paisibles musulmans français à une bande d’assassins au point de les regarder comme étant dans l’obligation de dénoncer les meurtriers qui seraient parmi eux, comme l’a fait sans vergogne la chaîne américaine CNN lors de l’interview du dirigeant du collectif de lutte contre l’islamophobie.

      Il est encore monstrueux d’accuser les spectateurs d’un concert de rock de complicité avec la société libertaire et mortifère comme l’a fait ce prêtre lyonnais.

      C’est justement ce type d’amalgame qui discrédite l’effort de conscience en posant des interdits de parole et de réflexion insurmontable. On a déjà dit le mal que les commandos anti-IVG (principalement animés par des cathos tradis qui ont comme les musulmans une conception extrêmement prescriptive et normative de la loi divine alors que c’est en réalité une loi pour la conscience) ont fait à la réflexion sur la protection de la vie qui s’en est trouvée discréditée pour longtemps.

      Il faut pouvoir se demander pourquoi l’islam est hostile à la liberté de conscience et pourquoi, en France, la conscience est étouffée à ce point en ce qui concerne les atteintes à la vie. Or, la désignation de boucs émissaires (car c’est de ça qu’il s’agit) préempte et interdit cet examen.

      Si ce curé tradi allait au bout de sa logique, il devrait commencer par se battre les flancs en se demandant pourquoi son catholicisme du coup de trique est à ce point répulsif et étranger à la miséricorde qu’il n’a aucune chance d’être compris de nos contemporains et toutes chances au contraire de les scandaliser tout autant qu’un salafisme islamique.

      Citation :

      L’archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, s’est dit « consterné » aujourd’hui, après avoir pris connaissance d’une tribune d’un prêtre du diocèse jugeant que les victimes du Bataclan étaient les « frères siamois » de leurs bourreaux. Parue sur le site traditionaliste « Riposte catholique », cette tribune, signée du Père Hervé Benoît, chapelain à la basilique de Fourvière, est une véritable diatribe contre le groupe de rock garage (Eagles of Death Metal) qui jouait le vendredi 13 novembre au Bataclan.

      On peut y lire : « Regardez les photos des spectateurs quelques instants avant le drame. Ces pauvres enfants de la génération bobo, en transe extatique (...). Ce sont des morts-vivants. Leurs assassins, ces zombis-haschishin, sont leurs frères siamois. » « Le signe de la mort et du chaos ne flotte pas que sur les rues de Paris, un vendredi soir maudit. 130 morts, c’est affreux ! Et 600 morts, c’est quoi ? C’est le chiffre des avortements en France le même jour », ajoute ce prêtre dans son texte.

    • cf. : 23 novembre 14:24
      merci @ henri

      Sous le titre "Pas d’amalgame ?", Gérard Leclerc nous a présenté un article dont nul ne saurait nier la qualité. De même, l’appel ou demande de Soheib Bencheikh de ne pas hésiter à aiguiser notre esprit critique ne saurait souffrir aucune tentative d’opposition ou contestation ou réfutation, tant il est vrai que, vu la dimension prise par les événements actuels, il convient d’évaluer la situation en faisant preuve de lucidité ce qui implique un minimum de prudence.

      De Soheib Bencheikh à Eichman à Arendt à de jeunes Allemands devenus criminels à l’Union soviétique à Franco à Caroline Fourest à Charlie hebdo et au défilé du 11 janvier et, de fond en comble, pourquoi pas à...

      Dostoîevski : "Le démon nous entraîne à travers champs et nous fait tourner en rond"...d’où

      philosopher en tenue de "derwiche tourneur".

      Merci.

    • C’est aux musulmans qu’il revient, dans les circonstances actuelles, de réfléchir, d’éclairer leurs coreligionnaires et de prendre les mesures adéquates pour empêcher et arrêter les prêches à caractère fanatiques... C’est avec d’autres mots ce que disait Abdennour Bidar dans l’émission "C’ dans l’air" du lundi 23 novembre, hier.

      Libre à chacun de donner sa propre idée sur les déclarations d’un prêtre au sujet des clients du Bataclan et de leurs bourreaux et sur la consternation de Mgr Barbarin.

      Personnellement, je me garderais bien de me mettre entre un curé quel qu’il soit et un cardinal sur une question qui relève de leur responsabilité mutuelle.

      Il ne manquerait plus que je prenne parti ou le contraire dans une question relevant, ici précisément, d’une affaire d’un représentant de l’Eglise de France et d’un prêtre fut-il "tradi" ou pas "tradi" - cette Eglise de France d’où rien ne peut sortir, phrase, à quelques mots près, lue à peine la réunion de Lourdes terminée...

      Ne faisons pas comme ces parents qui se disputent entre eux se mêlant à une guéguere entre leurs gosses respectifs, lesquels, se remettent à s’amuser comme larrons en foire, tandis que lesdits parents ramassent les pantoufles lancées de part et d’autre avant d’aller s’enfermer chacun chez soi.

      Merci.

    • P.S. URGENT à mon message d’il y a quelques minutes, pour la bonne forme :

      Concernant la "comparaison" entre des parents qui s’invectivent parce que leurs enfants respectifs se disputent, le billet est parti sans la phrase "comparaison faite toutes proportions gardées". A ajouter SVP. Au cas où cela n’ait pas été corrigé d’emblée.

      Merci.

    • Je ne partage absolument pas votre cléricalisme rétro.

      On demande aux musulmans de "faire le ménage" dans leurs communautés et nous ne le ferions pas chez nous ?

      Il ne fait aucun doute que le cardinal Barbarin a eu raison de réagir avant que les médias ne montent le "truc catholique" (on pourrait envoyer la traduction au média américain que vous savez : il est dans la ligne éditoriale) en épingle.

      Le discours de ce prêtre est un contre-témoignage. Malheureusement, ce genre de "salafisme catholique" est assez répandu chez les tradis. Je me permets d’employer l’expression car elle est loin d’être abusive. Contrairement à une idée reçue, les salafistes ne sont pas tous des terroristes en puissance et un très grand nombre sont en réalité de pieux fidèles. Le salafisme se définit en effet comme un courant de l’islam qui s’en tient aux pieux "prédécesseurs". Les salafistes sont en quelque sorte des "tradis" de l’islam qui veulent s’en tenir à un islam cristallisé dans les siècles premiers de l’islam. D’où le fait qu’ils bloquent l’intégration des musulmans dans notre société politique par la culture qu’ils propagent.

      Pas étonnant qu’on retrouve dans les deux religions la même psycho-rigidité...Dans les deux cas, il y a une mauvaise compréhension de ce que doit être la loi religieuse par rapport à la loi civile et à la liberté de conscience.

    • cf. : 24/11 : 11:48

      PS. Ramasser et emporter les projectiles qui n’ont jamais cessé de survoler ce forum, y compris les vieilles pantoufles. Il y en a assez d’un "effet boomerang" sur l’UE...On l’aura voulu.

    • Si on ne peut pas faire de rapprochement entre les djihadistes et leurs victimes, on peut tout de même être frappé par cette coïncidence : au moment de leur mort, les victimes chantaient "qui va aimer le diable, j’aime le diable, j’embrasse le diable" et à l’instant de leur mort, ils rencontrent Dieu. A propos de notre civilisation, Alexis Jenny écrit dans "la nuit de Wallenhammes" :
      Il est étrange que ce système soit désiré par ceux-là mêmes qui en feront les frais. C’est étrange que l’on veuille ce qui nous laissera seuls et dépouillés dans un monde dévasté. Sentez en vous se répandre la jouissance de la liberté sans choix, la joie de la restriction obligatoire, le plaisir particulier que procurent certaines formes de ligotage érotique : There is no alternative
      Les musulmans, eux doivent se voir offrir autre chose pour quitter leurs fantasmes

    • Je me permets de vous faire observer que vous vous trompez sur la cause de votre tournis...

      Ce dernier provient de l’accélération brutale des événements qui nous contraint à penser, dans leur interaction, des phénomènes qu’on avait coutume d’appréhender séparément et surtout à affronter ( enfin !) la dégradation de la démocratie libérale républicaine en démocratie libertaire incapable de fournir une réponse appropriée à la question de l’islam en France.

      Or, la série d’attentats que nous vivons en ce moment se produit précisément alors que nous nous trouvons à l ’acmé du cycle libertaire qui a entraîné dans son sillage pratiquement toute la gauche et une bonne partie de la droite : celle qui a détourné bien à tort à mon avis le qualificatif de "républicaine" alors que, de Juppé à Sarkozy, sinon elle trahit, du moins elle ne défend plus la république...

      La captation d’électorat qui se produit en faveur du FN n’a à mon sens pas d’autre explication.

      C’est bien pourquoi j’ai attiré l’attention sur la réflexion de Pierre Manent qui nous fournit un cadre de réflexion en philosophie politique et pourquoi je regrette le peu d’intérêt que ce livre suscite manifestement, et chez les intervenants sur ce forum, et dans la rédaction de FC : faudra-t-il attendre une recension assassine du livre de Manent dans le Catholic Thing dans une traduction maison pour qu’on en reparle ?

      Les catholiques sont malheureusement comme les autres Français : ils ont cessé de penser "le" politique. ils sont même plus vulnérables que les autres Français car il subsiste chez eux un anti-intellectualisme favorisé par un excès de piétisme qui les conduit trop souvent à rejeter l’approche du politique.

      Et l’observation de "la" politique est effectivement de nature à donner le tournis en ce moment...

    • @24 novembre 17:48

      Nous avons bien compris que les catholiques sont des brelles qui n’entendent rien à rien, surtout pas à ce qui est politique ! Encore faudrait-il que P. nous donne la claire définition de ce qu’il entend par « le » et par « la » politique pour que l’on soit assurés de bien comprendre son intervention et sa pensée.

      Si l’on doit se contenter des ensembles flous de Manent - que P. nous cite à tout bout de champ (à croire que son libraire n’a rien d’autre à proposer en rayon) - nous ne sommes pas au bout du chemin (*).

      J’ai eu un peu de mal à dénicher cette « tribune d’un prêtre du diocèse » incriminée dans le post du 24 novembre 08:43. J’aime bien accéder aux originaux pour juger sur pièces et me faire une idée personnelle sans me contenter des commentaires (surtout lorsqu’ils proviennent de certains commentateurs).

      Cherchant l’original des propos du cardinal Barbarin, je n’ai trouvé jusqu’à présent que le texte de l’AFP (l’alpha et l’oméga du journalisme en France...) et ses clonages copiés-collés du Figaro ou La Croix.

      Difficile de débrouiller ce qui est présenté comme « l’explosion de la polémique » par La Croix (qui est surtout une transgression du devoir de réserve imposé par la hiérarchie). Je m’en tiendrai donc au seul texte incriminé du P. Benoît.

      Il faut tout d’abord préciser que nulle part dans le texte je n’ai découvert le mot « complicité » rapporté par Pouzoulet.

      Le mieux que l’on puisse faire, avant tout commentaire, c’est de renvoyer les lecteurs à l’original :
      http://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/tribune/les-aigles-deplumes-de-la-mort-aiment-le-diable

      Pour ma part, je n’ai que des désaccords minimaux. Le seul tort du P. Benoît est, semble-t-il, d’oser proclamer de manière anguleuse quelques rudes réalités que la pensée unique tente d’étouffer et qui vont à contre-courant du faux consensus qu’elle voudrait instaurer.

      Ce qui est étonnant, c’est de voir comment les “libéraux” - ceux qui s’intitulent tels (en rajoutant parfois les mots “démocrate” ou “républicain”) banalisent les dérives d’une société du spectacle - et de ses émotions frelatées - qui fraie sans complexe avec le satanisme.

      Bien sûr que les victimes du Bataclan et des lieux environnants ne sont en rien personnellement responsables de la tragédie et de leur propre mort. Ce serait quelque peu monstrueux (et intellectuellement débile) d’affirmer cela - et ce n’est pas du tout ce qu’a écrit le P. Benoît !

      En revanche, qui pourrait nier qu’une grande partie des générations qui se sont succédé (ça a commencé bien avant les bobos) se sont laissées séduire par des idées mortifères.

      D’ailleurs ne devrait-on pas se laisser fortement interpeler par le fait que nombre de ces terroristes aveugles sont issus de ces générations ?...

      Les messages ultra-glauques des métalleux du rock, répétés en chœur par des spectateurs extatiques (en salles de concert ou accrochés à leurs mp3), devraient également inciter les observateurs "libéraux" à plus de distanciation.

      Mais c’est le propre du “libéral” que se laisser séduire par le libertin tout comme par le libertaire et de récuser toute morale autre que libérale-libertine-libertaire.
      Triangulation funeste qui a instillé lentement ses poisons destructeurs dans notre société judéo-chrétienne.

      * J’ai expliqué clairement, je crois, ailleurs, dans d’autres forums de F.C., en quoi ce livre n’a vraiment que « peu d’intérêt »

    • cf. : 24/11 22:46

      Si j’ai tardé à réagir au message ci-dessus c’est que je cherchais l’homélie de ce prêtre qui a "consterné" Mgr Barbarin. En vain. Me voilà limité à ce qui a été soumis dans cette espace sur le sujet. Mais, comme d’habitude, les quelques mots courts et précis de Gilberte m’ont fait réfléchir. J’ai relu encore plus attentivement le compte-rendu de ce scandale lyonnais suivi de la "citation". Pour mémoire, un résumé dans l’ordre :

      "Il est évidemment monstrueux de mettre sur le même plan les bourreaux et les victimes du Bataclan et le cardinal Barbarin a eu raison de s’en dire choqué". "Il est encore monstrueux d’accuser les spectateurs d’un concert de rock de complicité avec la société libertaire et mortifère comme l’a fait ce prêtre lyonnais" "Si ce curé tradi...". " Regardez les photos des spectateurs quelques minutes avant le drame, ces pauvres enfants de la génération bobo en transe extatique....Leurs assassins sont leurs frères siamois" "Parue sur le site traditionaliste "Riposte catholique" cette tribune signée par le père Hervé Benoit, chapelain de la basilique de Fourvière est une véritable diatribe contre le groupe rock garage (Eagles of Dead Metal)."

      N’ayant rien trouvé d’autre de bien intéressant sur le web, j’ai quand même déniché ceci dans un quotidien : Mgr Barbarin a été consterné par les propos du père Hervé Benoit. Il doit célébrer lundi (16/11) une messe pour une jeune victime lyonnaise de la soirée du Bataclan.(Je fais grâce, bien entendu, du style et de la tournure des phrases des media papier et autres). Après avoir tout relu, tout revu, dans l’ordre et d’après les dates, et en laissant de côté les consternations, les offuscations, les infos etc...et même et surtout le message-rapport de "l’événement" dans cet espace, je me permet de soumettre ma conclusion, comme d’habitude, sous toutes réserves :

      1. "Parue sur le site....cette tribune est une véritable diatribe contre le groupe rock garage (Eagles Dead Metal)..." ;

      2. Mgr Barbarin doit célébrer une messe le lundi 16/11 pour la jeune victime lyonnaise de la tragédie du Bataclan, Caroline Prénat, 24 ans...

      En le poussant un peu, j’ai essayé de me mettre à la place du cardinal Barbarin : sa consternation est sincère et peut être comprise comme étant, plutôt, ou aussi, ou pourquoi pas, comme quelque chose de très ennuyeux cette stigmatisation du groupe Eagles Dead Metal dont était sans doute fan la malheureuse lyonnaise Caroline...Cela fait "télescopage" ou, pour parler cru : "cheveu dans la soupe" cuite de Mgr. Barbarin. Comment, alors, ne pas être pour le moins, consterné. Sur ce, holà chic et choc de la presse bien-pensante et de tous les gens "bcbg", alors que ce prêtre tradi conspue le groupe rock et...mais relire plutôt ce qu’il dit des jeunes spectateurs les qualifiant de "frères siamois" des tueurs. Pourquoi ne pas comprendre aussi que les uns et les autres se ressemblent du fait qu’ils sont tous victimes d’une société etc...etc...

      A la lumière de mes relectures, de mes recherches, du message-rapport, de l’intervention de Gilberte, qui donc pourrait m’interdire une interprétation des faits rapportés différente de ce que j’ai pu lire dans les media...et ailleurs. Sous toutes réserves, pour ne pas me répéter.

      Eh bien moi je condamne ces pubs avariées et porno dont "on" gave nos jeunes et nos enfants : une pubs pour le loto ou autre : cris, gémissements, soupirs, hurlements de celle-ci et de celui-là...Ce tuyau de pompe de gazoil ou diesel qui pénètre brutalement (en gros plan) dans le trou...du réservoir d’une auto invisible... Ces caresses, comme par hasard, sur les "zones érogènes" du corps en allant se servir un café....Tout cela ne gêne personne ? Moi, non plus. C’est plutôt que ça m’attriste.

      Aucun regret de ne m’être pas posé entre le curé et Mgr Barbarin, de n’avoir jugé ni l’un ni l’autre. Mais de regretter seulement un "télescopage", je l’avoue,
      dérangeant, et les propos de media malfaisants qui jettent de l’huile sur le feu. Quant à la courroie de transmission, je ne lui enverrai aucune pantoufle, car je ne chausse que des babouches.

      A quand la condamnation par l’Eglise du père Hervé Benoit pour sa "tribune" ?...

      Merci.

    • P.S.

      Il m’incombe de me référer à mon dernier message du 25 novembre en fin de soirée concernant la tribune qui a consterné Mgr Barbarin. En allant plus loin, j’ai enfin trouvé l’intégralité de l’article signé du père Hervé Benoit. Grâce à cette recherche je dois rectifier quelques dates : la tribune est datée du vendredi 20 novembre et la messe dite par Mgr Barbarin a bien eu lieu le lundi 16 novembre. Il n’y a donc pas eu "télescopage" comme je l’ai écrit, faute de connaissance des dates. Dont acte. Et ma demande d’excuses.

      Par contre, et toujours sans me permettre de juger ni de prendre parti, j’ajoute qu’à la lumière d’éléments nouveaux et en redoublant d’attention, je regrette vivement la hâte des media à s’emparer de cette tribune et le style utilisé qui ont fort probablement alimenté et encouragé toutes les répercussions qui s’en sont suivies. C’est, à quelques différences près, toujours le même topo côté media.

      Voilà pourquoi, et en respectant sans la connaître, la prise ou non-prise de décision par la seule autorité religieuse compétente sur cette question, je m’impose personnellement de ne plus y revenir sans rien changer - à part le "télescopage" - dans mon message du 25/11.

      Merci.

    • Il ne m’étais jamais venu à l’idée de parler de "salafisme" à tort et à travers, vu que c’est un terme propre à l’Islam, du moins à ce jour, et qu’il n’appartient qu’aux vrais experts en la matière de l’utiliser à bon escient.

      Mais voilà une nouveauté de taille : il existe, figurez-vous, un, je cite : "salafisme catholique" "assez répandu chez les tradis" ("assez" sans indiquer où il s’arrête). Ce sont les mots dont un trucmuche bombarde en l’inondant cet espace de FC. "Salafisme catholique", ainsi parla zarafouchtra, grand théologien du dimanche, doublé maintenant d’un autre du vendredi. "On" s’est permis cette expression car "elle est loin d’être abusive". Non, il n’y a rien d’abusif nulle part, c’est juste la bonne dose. Et de "se répandre" à son tour en explications étendues, distendues et distordues sur le mot "salafisme"’ en Islam et son corollaire, ou jumeau, en termes de "psycho-rigidité" et autres : le tradi en Christianisme. Explications à faire pâlir d’envie les experts.

      Ce plateau de fromages-salades est précédé d’une entrée en matière surprenante : "je ne comprends pas votre cléricalisme rétro"... Et moi qui croyait qu’"on" s’y entendait en "rétros" (au pluriel) ! Mais le plus intéressant c’est cet aveu d’une humilité inhabituelle : "je ne comprends pas"...

      Eh bien, il sera développé en une autre occasion, celle d’un "truc-catholique", n’Est-ce pas, qui semble beaucoup gêner aux encoignures. Un remède à cette gêne : "la gaine Lotus qui écrase le plexus et qui boursoufle les chairs". Euh, je voulais écrire : la gaine Lexus qui écrase le cursus et qui boursoufle les...chaires" (autant islamiques que chrétiennes-romaines-catholiques). Donc, surtout pas "rétro" mais "progresso".

      En rejetant très vivement toutes formes et tentatives de divisions,

      Merci.

    • Dispensez-nous de vos vains messages dans lesquels vos non-déclarations se réfèrent à vos autres non-déclarations par une sorte de nombrilisme scriptural.

      Le cardinal Barbarin n’a pas l’habitude de réagir à vide et de parler pour ne rien dire, comme vous en avez trop souvent l’habitude sur ce forum.

      En revanche, vous avez pris l’initiative de mettre en ligne un texte de chanson qui impose une explication quant à vos intentions, ainsi que je viens de l’écrire. Ce message, dans le contexte actuel, vient en effet implicitement mais clairement en appui aux déclarations du père Benoît qui voit dans les victimes du Bataclan les frères siamois de leurs bourreaux tout comme eux diabolisés.

      Votre procédé subliminal est extrêmement choquant et blessant pour la mémoire des victimes du Bataclan et pour leurs familles.

    • Merci Réginald pour avoir donné le lien pour le texte qui fait polémique. Un texte d’une très grande profondeur spirituelle, et que le Monde, ainsi qu’il était prévisible, comprend à contresens.

      "Ils ont des oreilles pour comprendre et ne comprennent pas."

      Le Monde ne comprend pas parce qu’il veut des héros blancs comme neige à célébrer et des méchants irrécupérables à haïr.

      "Les habitants tués par la chute de la tour de Siloé étaient-ils plus coupables que les autres habitants de Jérusalem ? Non vous dis-je, mais que ce soit pour vous un signe. En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas, vous finirez tous de même. "

      Oui, ils sont frères siamois, les victimes comme les assassins, enveloppés dans les plis de la miséricorde divine, tous enfants égarés du Père. Pourquoi vouloir faire des victimes des agneaux immaculés ? Rappelons-nous que les plus grands saints se sont toujours reconnus comme pécheurs. "Si le juste pèche 7 fois le jour, ne t’étonne pas, toi, de pécher septante fois 7 fois" (aphorisme que j’ai trouvé dans je ne sais plus quel livre traitant de spiritualité).
      Au dessus d’un certain nombre de décibels, on ne va pas écouter de la musique, quand bien même les musiciens joueraient le Messie de Haendel. On va s’abrutir de vacarme, s ’enivrer de tintamarre, rechercher un état de transe, se zombifier, puisque c’est le terme employé. C’est à dire s’appliquer à ne plus vivre que d’une vie animale. Ce n’est pas là un destin bien glorieux. S’amputer de sa dimension spirituelle, ce n’est pas ce que Dieu veut pour l’homme.

      Quant aux djihadistes, quelle tristesse de penser qu’ils croient servir Dieu en répandant la mort, en commençant par la leur. Dieu dit : mon enfant, donne-moi ta vie. Il veut dire par là : laisse-toi enseigner par moi, modeler par moi. Et l’Antique Serpent de susurrer : tu as entendu, Dieu demande que tu te donnes la mort pour lui plaire. Mais s’amputer de son cœur, détruire sa vie, ce n’est pas ce que Dieu veut pour l’homme.

      "Voici, j’ai mis devant toi deux routes : vie et bonheur d’un côté, mort et malheur de l’autre. Choisis la vie afin de vivre."

      Désolée, je suis incapable de donner les références bibliques. La seule que je retiens, parce que pour moi elle résume tout, c’est Michée 6:8. "On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi : c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, que tu marches humblement avec ton Dieu." Trois étapes : la justice ; la miséricorde, qui dépasse toute justice ; et lorsque Dieu nous dit "tu as cru agir avec justice et miséricorde mais tu t’es trompé", accepter de changer de voie.

    • Ce témoignage de Bernadette est à prendre en considération. Bien entendu, à bien lire la "tribune" que de Coucy a mise en ligne et que j’avais moi-même pu - enfin - trouver, est parfaitement digne d’être interprêtée comme le contraire de ce dont on a inondé les media. Plus haut, et comme bien d’autres, peut-être, j’écrivais, que les termes utilisés par le père Hervé Benoit peuvent être interprétés comme faisant des tués et blessés du Bataclan et de leurs bourreaux des victimes de nos sociétés.

      Oui, "ils ont des yeux" et..."ils ont des oreilles et...".

      Qu’il me soit permis de me joindre à Bernadette et à Réginald, et plus loin à Gilberte pour signifier une adhésion à des valeurs de paix.

      MERCI.

    • Bernadette, désolé de réagir mais on ne peut pas laisser passer ça, surtout aujourd’hui : "Oui, ils sont frères siamois, les victimes comme les assassins, enveloppés dans les plis de la miséricorde divine, tous enfants égarés du Père. Pourquoi vouloir faire des victimes des agneaux immaculés ?"

      1° On n’a jamais fait des victimes du Bataclan des agneaux immaculés.

      2° On ne peut pas assimiler les victimes aux bourreaux.

      3° La miséricorde n’autorise pas qu’on perde à ce point le sens du discernement. Puisque vous avez des oreilles pour entendre et des yeux pour voir.

      Je pense sincèrement qu’il serait temps de mettre un point final à ce débat ouvert après les déclarations irresponsables de ce curé lyonnais qui ne valent pas trois kopeks. Pour les homélies, ayez la décence d’attendre un peu. Pourquoi pas aussi convoquer à un chapelet sur les marches du Bataclan pour le salut d’une France impie ?

      D’ailleurs il faudrait aussi demander au Seigneur qu’il protège son Eglise des curés qui font des déclarations à la manque relayées par Riposte catholique : "gardez-nous de ces cathos-là, qui se manifestent toujours quand il ne faut pas ...on s’occupe des djihadistes"...

      Basta.

    • Oui, le faut surtout demander au Seigneur de nous éclairer et d’éclairer AUSSI ceux qui prennent parti, qui pensent avoir toujours raison, et qui croient supplanter impunément des théologiens. Le père Hervé Benoit a tout autant besoin de nos prières que tout les autres, victimes et bourreaux. A propos de bourreaux ils sont légion a attaquer, pas avec des kalachnikovs, mais avec les armes de l’humiliation, des insultes et autres lames sur lesquels ils sont eux-mêmes assis sans s’en rendre compte...pour l’instant. On veut diviser les Français ? Mais il n’y a qu’Un Seul Dieu ! Et, en effet,

      Basta !

      MERCI.

    • Pas la peine de plagier Oscar Wilde ! Chercher plutôt, en slalomant entre ses neurones, de quoi alimenter des lignes dignes d’être lues. Respecter la liberté de penser et de s’exprimer de chacun sans leur asséner une leçon de morale moralisante et ennuyeuse à souhait. Oui, la tribune du père Hervé Benoit, prise à la lettre, est sujette à questionnement. Mais qui donc a émis cette phrase : "la lettre tue", en ajoutant que "seul l’Esprit vivifie" ? J’ai oublié, sauf que si on ne sait pas déchiffrer, en plus les notes de tapage "death metal", alors il vaudrait mieux aller faire bisou bisou à celui-là, l’ange de lumières...Lucifer.

      A-t-on pensé qu’en banalisant monsieur Lucifer, c’est-à-dire faire comme si le Mal n’existe pas - alors qu’il nous guette à chaque coin de notre existence, on essaye comme de pulvériser du même coup l’existence Dieu ? Il n’est pas question d’avoir peur du diable, mais de ne pas se laisser prendre dans ses doux et aimables et oh combien innocents filets...

      Les victimes de la tragédie du Bataclan ne sont pas des héros, ce sont des martyrs, et leurs assassins ne sont pas non plus des héros mais comme le reflet de nos agissements criminels puisque formatés, payés, et glorifiés pour tuer, comme "faire du bon boulot" soi-disant, au nom de Dieu. Oui, les uns comme les autres, pourraient être considérés pour le moins comme le reflets de nos sociétés consuméristes et névrosées, c’est-à-dire tournant sur elles-mêmes et, partant, ivres de leur propre déchéance.

      Pourquoi, au lieu que de sembler noyer le poisson, ne pas voir dans ces terribles et douloureux événements comme un signe que le temps serait, peut-être venu, de revoir bien des choses, et d’essayer une conversion de nos cœurs. Idée farfelue ? Tant pis, j’assume.

      MERCi.

  • Les Djihadistes seraient la version contemporaine des Jacobins !

    Retour d’Amérique du Sud, j’étais à des milliers de kms lors des attentats à Paris et je ne peux suivre de façon serrée l’ensemble des commentaires et des attitudes des uns et des autres.

    Dans son livre, Hormegeddon, Bill Bonner écrit (page 114)

    ""Quand il n’y a pas de réels défis, nous les inventons. Nous souffrons de maux imaginaires. Nous nous agrippons à des luttes inutiles. Nous nous trouvons des ennemis indignes pour leur faire la guerre. La vraie trame de fond de la guerre contre le terrorisme n’est rien d’autre que cela. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis n’avaient plus d’ennemi. Il fallait en inventer un.""

    Ici, j’ai l’impression de m’entendre ou de me relire. Je ne dis ni n’écris pas autre chose depuis cette guerre d’Irak commencée en mars 2003 dont les effets n’ont pas fini de se faire sentir. Cette guerre fut inique, ignoble, perverse, scellée par l’un des plus grands mensonges historiques dont les effets les plus délétère et meurtriers n’ont pas fini de se déployer et de ravager le Moyen-Orient voire plus et leurs populations. Je me disais alors : ""mais que va-t-il se passer quand ces populations en arriverons à se venger ?...""
    Nous en serions donc à ce stade !?

    Si c’est cela, voici le résultat provenant du fait qu’après 1989, criminellement, l’ "hyper-puissance" américaine se trouvant sans "ennemis" en aura fabriqué un, voire plusieurs. Le processus infernal serait ainsi relancé.

    Toutes choses égales par ailleurs, la seule note d’espoir pourrait se trouver dans le fait que ce type de terrorisme devrait être de courte, ou très courte durée (je peux me tromper évidemment). Mais, les enjeux les mieux compris possible se trouvent chez les commanditaires des Djiadistes. C’est à dire, pêle-mêle, les États-Unis et leurs "services spéciaux", leurs alliés dont l’Angleterre, la France (ce toutou servile obéissant à la Voix de son Maître), d’autres pays de l’ "Europe", de même, l’Arabie Saoudite, le Qatar et dans doute quelques autres, soit tous ceux qui ont fourbi les nids de vipères terroristes. Je ne suis pas certain qu’Israël soit dans ce lot de commanditaires.

    Le plus grave ici est que dans cette guerre, l’ "erreur" en question a été consciemment commise.

    Voici, ci-dessous, un petit extrait (d’un article du blog -Les Crises-) de l’une des principales retombées de l’inconscience et de la perversité de ces chasseurs de primes américains incultes que sont les prétendus stratèges américains tout "puissants" dans l’ignorance crasse et l’immaturité qui perdure pour le malheur du monde :

    — Jacques Monin :(....) la chute de Saddam Hussein parce que lorsqu’ils le renversent, les Américains commettent deux erreurs. D’abord, ils mentent sur les armes de destructions massives et sur les liens supposés entre Saddam Hussein et al-Qaida. Mais surtout ils marginalisent les Sunnites pour mettre les Chiites au pouvoir et Paul Bremer, qui est alors le gouverneur américain à Bagdad, commet une faute qui va jeter des dizaines de milliers de soldats aguerris dans les bras du futur EI. Cette faute, un des hommes le plus mieux informés de France, Alain Juillet, l’ex patron du renseignement de la DGSE, nous la raconte.

    extrait Alain Juillet : "Brener fait une erreur colossale. C’est qu’il donne l’ordre de licencier tous les militaires de l’armée irakienne. On envoie, je ne sais plus combien ils étaient, 200 000 ou 300 000 gens, qui vivaient avec une solde de l’armée. Ils partent avec leurs armes, ils n’ont plus rien. Et comme ils sont Sunnites et qu’on fait la chasse aux Sunnites, il va y avoir l’impossibilité pour eux de retrouver des emplois et autres. Donc ça va créer un ressentiment, une frustration, une haine terrible envers l’occupant et envers les Occidentaux."

    Matthieu Aron : Les Américains produisent donc un terrain de haine et un terreau sur lequel va se développer l’EI.
    Jacques Monin : Oui. D’autant plus facilement qu’il n’y a plus de véritable État, les services publics n’existent plus, l’économie est moribonde, la corruption est devenue la norme. C’est donc effectivement sur ces cendres que le groupe EI va prendre racine et pour Myriam Benraad, qui est docteur en science politique et spécialiste de l’Irak, c’est un peu comme dans la jungle, ce sont les plus forts qui émergent dans ce chaos.
    extrait Myriam Benraad : "Il y aura un certain nombre de groupes qui vont pulluler, les milices, les djihadistes, la tendance al-Qaïda, c’est une nébuleuse d’acteurs mais le fait est que les combattants d’al-Qaïda Irak deviendra l’EI sont les plus zélés, les plus déterminés. Donc l’État Islamique va faire le vide, va coopter un certain nombre de chefs de tribus, qui de fait parfois même quitte leur tribu pour rejoindre l’organisation. Donc d’une mouvance hétéroclite on a un processus d’unification et ils ont fait à mon avis fortune, bâti beaucoup de leur succès, sur cette unité qu’ils ont su construire dans un terrain qui était par ailleurs très divisé, très morcelé." —

    • cf. : 24 novembre 17:21

      En relisant mes messages sur le sujet on se rendrait compte que dès le début de l’EIIL, puis EIL, ensuite EI, enfin Daech, ma position n’a pas changé qui rejoint, en toute modestie cependant, les déclarations ci-dessus, d’où mon habitude d’écrire "Daech et Cie" ou "Daech & Co".

      Me trouvant en parfait accord avec l’intervention de Renaud, j’ajouterais sans sourciller que je trouve quelque peu pathétique et peut-être hypocrite que Mister Cameron, qui faisait la fine bouche il y a peu, se prenne d’amitié pour Hollande et lui propose main forte. Un seul exemple parmi d’autres. A présent que la Russie a bien avancé sur le dossier et sur le terrain, tout le monde s’intéresse tout d’un coup à la Syrie pour le cas où, une fois le boulot terminé (y compris "le bon boulot" effectué par les amis de Fabius, amis en fin de vie à présent), oui, afin de se jeter sur la Syrie, et tant qu’à faire l’Irak aussi pour "aider" à la reconstruction de ces pays en ruine, d’où gros contrats en vue, sans compter la mainmise sur ce qui reste de puits de pétrole, gaz de schiste et autres aux mains crapuleuses de sujets du Calife auto-proclamé. Question d’intérêts money money, dépeçage de la Région au profit de tout le monde y compris et surtout...Mais bon, on y voit peut-être un peu plus clair, à présent...

      Et, via Erdogan on cherche noise à la Russie avec le Sukhoï-14 survolant soi-disant la Turquie. Et Obama qui se réveille après une très longue sieste, pour dire que les USA vont détruire ISIS et, et, et...Bizarre comme il a fallu l’assassinat de 130 personnes innocentes plus le nombre effarant de blessés dont des dizaines grièvement ce soir du 13 novembre... Petites messes basses et grandes erreurs...
      Entretemps et jusqu’à ce jour, bon nombre ont fait fortune avec le pétrole-low cost, le commerce de la drogue-discount, les pièces de monuments antiques dont la valeur ne pourrait être couverte par aucune société d’assurances et que d’aucuns achètent comme on se paierait un cornet de frites...Cela ne dit rien à personne les demeures et châteaux de notre pays découpés et transportés aux USA "per un Pugno di dollari" et parfois tout simplement cueillis en self-service...Il y a longtemps, à la fin de la 2ème World War. Comme la mémoire est courte, sauf quand il s’agit...Bref...

      250.000 morts (qu’on ne cite jamais sans en attribuer plus que la moitié au "boucher de Damas") et cet air "qui les obsède jour et nuit qui pourtant n’est pas né d’ajourd’hui" "il faut que Bachar el Assad s’en aille", refrain quelque peu relégué en deuxième partie de la chanson, priorité étant donnée depuis le 13 novembre à la lutte contre l’EI, cette pieuvre géante qui est venue nous trouver chez nous, la pieuvre géante que personne, figurez-vous, n’a jamais vu avancer... Personne, parce que trop d’encre a été jeté : dans les media, le déclarations officielles, les traductions de discours de politiciens, et jusque sur...enfin, partout... Et cette tragi-comédie des migrants officiellement engendrée par la photo de l’enfant sur la plage, Aylan, qui a fait le tour de la planète en quelques heures, les déclarations de Mme Merkel demandant que les portes de l’Europe "soit grandes ouvertes" suivie d’une autre déclaration d’un de ses ministres avouant que "l’Allemagne a besoin de main-d’œuvre", et puis, et puis...cette multitude déversée sur l’Europe, en Europe, par-dessus l’Europe...
      Qui oserait parler de "concours de circonstances" ou se plaindre d’avoir été pris de court... pendant que là-bas, et là-bas, et là-bas, Ukraine comprise, continuait de se jouer la fameuse partition... en attendant le morcellement ou dépeçage.

      Aura-t-il vraiment fallu les actions désordonnées de bandes de "jeunes radicalisés issus de l’immigration" (une des versions officielles dites et redites aux JT) pour que les chefs des Etats de l’UE soient mis dans tous leurs états... Il est grand temps que le tomber du rideau ait lieu. Mais qui oserait applaudir cette mauvaise pièce de théâtre aux décors tagués de tant et tant de taches de sang... Mais, c’est la faute à Poutine rétorquera-t-on, comme les répétitions de "Jacquot est bien content".... Et l’autre avec sa lettre ouverte orgiaque à souhaite, pauvre obsédé oscarisé.

      Si seulement une chose pouvait être sauvée : la jeunesse de nos pays, sauvée de tous les maux, et pas seulement des tentatives de tueries gratuites...

      Oui, tout ce mélodrame grotesque autant que cruel et criminel a assez duré...

      Il est un très bon article récent de Liliane Helt-Khawam dont j’ai perdu la trace sur le web. J’ai pensé à ce que nous avait mis en ligne Renaud, sur la finance et tout ce qui va avec...

      Merci.

  • En effet ne confondons pas les islamistes salafistes soutenus par l’Arabie Saoudite - avec qui le Pouvoir français (de Droite comme de Gauche) et le Vatican (Mgr Tauran en particulier) entretiennent les meilleurs rapports - et les islamistes Frères Musulmans (UOIF : T.OUBROU, A.LASFAR, A.GACI, les frères...RAMADAN !...) soutenus par le QATAR et la TURQUIE - avec qui le Pouvoir français ...et l’Eglise Catholique (particulièrement Mgr Tauran, Mgr Dubost, Mgr Barbarin,...) entretiennent les meilleurs rapports !

    Le QATAR, l’ARABIE SAOUDITE, La TURQUIE soutiennent tous DAECH, mais "nous" sommes leurs alliés et leurs obligés...on ne peut quand même pas cracher sur des gens qui font des chèques si facilement... et dont l’un deux, membre de l’OTAN, sera bientôt membre de l’Union Européenne... et puis on a besoin d’eux pour "construire l’islam de France" et le solidifier ! Au fait c’est quand le Congrès de L’UOIF ?
    Tiens je vais demander à Mgr DUBOST, il doit surement le savoir !

    Les persona non grata sont les syriens, Bachar El Assad et ses soutiens chrétiens (que l’Eglise Catholique ne reçoit pas et à qui "La République" refuse des visas même dans le cadre d’une Festival de Musique..)...et la Russie de Poutine, dont nos amis turcs ont descendu un avion !

    Combien de victimes faudra-t-il encore pour que ceux qui nous gouvernent changent radicalement de politique ?

    Il faut être juste, certains politiques ont déjà commencer, ils mettent en application le programme de Marine LE PEN...j’ai même entendu un prélat connu pour sa proximité avec les Frères Musulmans évoquer en chaire...Charles MARTEL ! On peut donc espérer... Enfin attendons 15 jours, 3 semaines pour voir comment tout cela va se traduire dans les urnes...

  • Une mise au point publiée par le Figaro et bienvenue dans le contexte actuel.

    Salafisme n’est pas djihadisme mais tous deux ne sont pas compatibles avec nos moeurs, comme l’est d’ailleurs toute loi religieuse qui prétend s’imposer aux lois régissant le corps politique.

    C’est bien la raison je récuse aussi bien les "salafistes" catholiques que les salafistes musulmans qui prétendent disqualifier la démocratie libérale et les lois de la république "impies" au nom d’une prétendue conception d’Etat islamique ou chrétien, que les libertaires qui, en vidant la république de ses moeurs et en sapant les fondements ethiques et pré-politiques de nos lois ancrés dans la loi naturelle, compromettent l’adhésion des citoyens à une chose commune ainsi dénaturée et par conséquent fournissent sur un plateau aux salafistes des arguments de choix pour délégitimer la république.

    On voit d’ailleurs, sur ce forum, à quel point cette délégitimation des démocraties libérales progresse au profit de la fascination pour des régimes autoritaires et anti-libéraux comme le régime de Poutine.

    D’où également ma réaction aux propos de l’ ’imam" catholique lyonnais publiée sur le site "Riposte catholique", typiquement salafiste dans sa dénonciation de l’impiété des moeurs au Bataclan légitimement punie par un dieu vengeur.

    Il ne s’agit pas d’amalgame, naturellement, car on est là dans des sphères culturelles bien distinctes mais d’attirer l’attention sur de dangereuses ANALOGIES entre THEOLOGIES POLITIQUES inconciliables avec nos moeurs et aussi avec la doctrine politique de l’Eglise catholique et qui s’introduisent insidieusement jusque sur ce forum sans jamais être énoncées clairement.

    S’il faut que les musulmans s’occupent de leurs salafistes pour les désavouer, occupons-nous des nôtres et désavouons-les fermement.

    27 novembre 2015, hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.


    Chercheur et consultant sur les questions islamistes, Romain Caillet est un historien spécialiste de la mouvance djihadiste globale (Organisation de l’État islamique et al-Qaïda). Il a vécu de nombreuses années au Moyen-Orient : trois ans au Caire, deux ans à Amman et près de cinq ans à Beyrouth.

    La question du salafisme en France ne s’est jamais posée avec autant de force que depuis les attentats du 13 novembre. A l’instar de toutes les idéologies, le salafisme (signifiant littéralement suivre les pieux prédécesseurs « ittiba’ as-salaf as-salih ») est traversé par de nombreux courants rivaux, ayant souvent des positions politiques totalement opposées et contradictoires.

    Si certains salafistes combattent les régimes arabes (rappelons que l’acronyme du GSPC, ancêtre d’AQMI, signifie Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat) d’autres, au contraire, en sont parfois les soutiens les plus véhéments. A titre d’exemple, certains cheiks salafistes ont exhorté l’armée égyptienne et le général Sissi à tuer les membres des Frères Musulmans, qu’ils assimilaient aux Kharijites. Le terme « Kharijites », désignant à l’origine une secte apparue au début de l’histoire islamique, est devenu aujourd’hui une appellation polémique par laquelle les salafistes quiétistes désignent tous les opposants aux régimes arabes, des plus modérés aux plus radicaux.

    Pour les salafistes quiétistes, la plupart des régimes arabes sunnites sont en effet des autorités légitimes contre lesquelles toute contestation est interdite contrairement aux djihadistes qui en font des cibles prioritaires. Si la plupart de ces régimes sont légitimes aux yeux des salafistes quiétistes, c’est cependant l’Arabie saoudite qui constitue pour eux le modèle idéal de l’Etat juste. Quant aux djihadistes, dont la référence militante a longtemps été l’organisation al-Qaïda, aujourd’hui vieillissante, c’est à l’Etat islamique, ayant revendiqué les attentats du 13 novembre à Paris, que va désormais l’allégeance de la plupart d’entre eux.

    Il existe un tronc commun doctrinal entre ces deux courants du salafisme.

    On pourrait donc légitimement se demander pourquoi désigner sous la même dénomination des courants ayant des positions politiques aussi différentes ?

    En réalité il existe un tronc commun doctrinal entre ces deux courants du salafisme, les réunissant sur un certain nombre de points où ils se distinguent d’autres mouvements islamistes tels que le Tabligh ou les Frères Musulmans.

    En premier lieu, tous les salafistes s’accordent sur les interprétations théologiques d’Ibn Taymiyya (1263-1328) et de Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab (1703-1792) mais aussi sur la validité du concept d’al-Wala wa-l-Bara (l’alliance et le désaveu), concept définit au XIXe siècle par l’un des petits-fils de Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab, Sulayman b. Abdallah Al ash-Shaykh (1786-1818). Si pour les djihadistes ce dogme d’al-Wala wa-l-Bara doit pousser à la confrontation avec les infidèles, les salafistes quiétistes n’y voient qu’un appel à une rupture symbolique avec l’Occident, notamment par leurs tenues vestimentaires et le rejet du mode de vie des occidentaux.

    Autre spécificité du salafisme à l’époque contemporaine, la « Hijra », c’est-à-dire l’émigration d’un pays non-musulman vers une terre d’Islam. Pour les djihadistes, comme il n’existe aucune terre d’Islam à notre époque, hormis les territoires de l’Etat islamique (EI), il s’agit d’un départ vers une terre de djihad mais pour les salafistes quiétistes, la Hijra signifie rejoindre leurs pays d’origine ou n’importe quel autre pays musulman. Enfin, autre spécificité des courants salafistes, le refus de suivre l’une des quatre écoles juridiques de l’islam sunnite, même si de plus en plus de salafistes commencent à abandonner cette position, comme par exemple l’imam de Brest Rachid Abou Houdeyfa ayant depuis peu décidé d’enseigner le rite malékite, suivi traditionnellement au Maghreb, plutôt que la jurisprudence saoudienne à laquelle il se référait auparavant.

    ****On l’aura compris, l’enseignement religieux salafiste, toutes tendances confondues, va donc à l’encontre des valeurs défendues par la majorité des Français.****

    Les tenants du courant salafiste quiétiste peuvent donc être éventuellement des indicateurs des services de renseignements, notamment en raison de leur hostilité envers leurs rivaux djihadistes, mais ils ne sauraient être des partenaires du gouvernement, contrairement à ce qui se fait dans certains pays arabes ou européens, évoluant en dehors d’un cadre laïc. Sans même parler du cadre laïque français, si la lecture littéraliste des textes scripturaires par les salafistes ne pose pas de problème majeur dans des pays conservateurs de culture musulmane ce n’est pas le cas en France, où leur ****refus de la mixité, de serrer la main d’une femme, des représentations d’êtres vivants, y compris les poupées des fillettes, et l’exhortation à la pratique de la polygamie**** sont très mal perçus par l’opinion publique. Pour certains experts, la diffusion massive en France d’une norme islamique ultra-orthodoxe, en d’autres termes « la banalisation du salafisme », même quiétiste, dans les banlieues, susciterait un rejet de la République au sein des populations issues de l’immigration.

    Sans partager complètement cette analyse, nous pouvons cependant constater qu’aujourd’hui, pour les responsables politiques français, le salafisme quiétiste est davantage considéré comme une partie du problème plutôt qu’une partie de la solution.

    • Il y a comme un goût de revenez-y, ou comme l’attente assoiffée d’une
      explication détaillée, par un expert agréé, de cette nouvelle sensibilité religieuse, le salafisme catholique, encore inconnue avant le 27 courant.

      Juste question de s’extirper d’une désolante obscurité à l’ombre tutélaire des affranchis à la lanterne, ça ira, ça ira.

      Oui, ça ira beaucoup mieux.

      MERCI.

    • Les événements actuels et les commentaires qu’ils suscitent donnent à penser qu’il existe une autre ligne de faille que celle qui séparerait, au sein des fidèles des grandes religions, d’un côté les croyants catholiques, de l’autre les croyants musulmans. C’est loin d’être aussi simple et commode.

      En fait, on doit constater que bon nombre de croyants catholiques ont encore une approche du religieux qui s’apparente à celle des musulmans (et du judaïsme) et qui consiste à concevoir la religion en termes de loi prescriptive devant s’imposer au corps social. A défaut de pouvoir imposer une telle conception de la loi à toute la société, ces catholiques ont la tentation de se replier dans des communautés humaines qui seraient entièrement régies par elles en laissant le reste du monde à sa mécréance et à son impiété, le mal se chargeant de détruire et de punir le mal (ce pourrait bien être aussi le sens du propos du curé lyonnais sanctionné par Mgr Barbarin).

      Cette approche, outre qu’elle est totalement incompatible avec la Parole du Christ sur la miséricorde sans limite (y compris sans limites sociologiques...), trahit en fait une profonde défiance en la liberté et en la grâce capable de redresser la nature humaine blessée par le péché.

      Elle sous-entend une théologie politique nécessairement répressive envers les libertés de conscience et de religion et les libertés politiques, et une défiance par rapport aux régimes de liberté politique qui va jusqu’à la délégitimation de ces régimes. C’est en ce sens que je me suis permis de parler d’un "salafisme catholique" : les tenants de ce salafisme catholique vivent en effet dans la référence constante au "pieux précédent" de l’Etat chrétien, idéalisé comme l’est chez les musulmans la Médine du 7ème siècle, d’autant plus idéalisé que la démocratie libérale en crise libertaire en paraît le repoussant contraire.

      Le christianisme, qui se fait une tout autre conception de l’homme, nous invite précisément à dépasser cette conception de la loi, en proclamant une loi de l’amour qui non seulement admet notre liberté mais encore en a impérativement besoin pour son accomplissement. Et cette loi, qui s’adresse à la conscience, au lieu d’enfermer l’homme dans un carcan politique et social, le rejoint là où il se trouve sur son chemin personnel pour le remettre toujours et sans relâche dans la bonne direction. Cette loi se passe de toute théologie politique car elle n’a pas vocation à régir l’ordre temporel ni a fortiori à le sacraliser. Il n’y a plus de "temple politique", de régime politique de droit divin : tout homme a vocation à être un temple où l’esprit saint peut être accueilli. La société politique n’est ni sacralisée, ni non plus vouée aux gémonies comme trop de catholiques ont tendance à le faire aujourd’hui. C’est la communauté où, jour après jour, les citoyens "de bonne volonté" sont appelés à coopérer au bien commun, chacun en fonction de ses convictions et croyances personnelles. Il n’y a alors plus aucune raison de penser que les citoyens musulmans en seraient exclus et il faut au contraire les inciter à y prendre part.

      De ce point de vue, Pierre Manent, qui ne met jamais en avant son catholicisme, nous propose néanmoins, dans son dernier livre, une réflexion politique qui est une excellente mise en application de la doctrine de l’Eglise catholique, et un non moins excellent exemple de cette médiation à laquelle il invite les catholiques.

      On voit alors que la frontière entre les deux conceptions de la loi traverse la communauté des catholiques comme elle traverse aussi, en fait, mais plus clandestinement, la communauté des musulmans, au point que certains musulmans pourraient bien se trouver mystérieusement plus proche de la vérité qu’enseigne le Christ que certains catholiques...C’est à mon avis la cause déterminante du schisme persistant du catholicisme traditionnaliste qui achoppe d’abord et avant tout sur la liberté de conscience.

      J’en déduis concrètement que, du point de vue d’un catholique français, la crise que nous traversons nécessite en toute priorité de repenser la liberté aussi bien dans le cadre religieux que dans le cadre politique. Il n’y aurait rien de pire pour les catholiques que, sous prétexte de combattre la subversion libertaire de la liberté, et la "menace de l’islam", de prétendre opérer une reconquête religieuse (une riposte catholique justement, c’est-à-dire une contre-offensive : on observera le mimétisme de cette expression avec le combat laïciste anti-catholique et même le djihad islamique) au détriment de la liberté.

      Les catholiques ne pourront vraiment être utiles à leurs contemporains et ne parviendront à être audibles de ces derniers qu’en se situant sur le terrain de la liberté qu’lis ont trop tendance à négliger.

    • En me situant au hasard des titres sur ce forum, je prends la liberté de signaler, en quelques mots, ce qui suit :

      Il s’agit de la revue "France catholique" : chaque numéro nous apporte un ou des éclairages différents, et après le numéro 3467, couverture titrée René Girard, un homme admirable, et la très belle photo, voici que le N° 3469, couverture consacrée à l’événement actuel "Ecologie", contient, des articles d’une importance non négligeable, dont entre autres et surtout - par ordre de pages :

      P.14 et 15 : "Islam, islamisme et occident" - Entretien avec Madame
      Marie-Thérèse Urvoy, propos recueillis par Christian Redier.

      P. 16-17-18 "La nation française au défi de l’islam" - Manent - Débats, par Alexandre Da Silva

      et, bien entendu, l’éditorial de Gérard Leclerc, ici "Les dimensions de la menace djihadiste", dans la lignée de tous les précédents, d’une actualité incontournable et d’une qualité d’évaluation jamais démentie.

      Je m’abstiendrais, bien entendu, de commenter ces pages dans le souci d’éviter, à tout prix, d’influencer d’éventuels lecteurs et de prendre indûment à mon compte une quelconque ouverture de débat sur ce forum. Il m’a seulement semblé légitime d’attirer l’attention sur ces sujets.

      En espérant très vivement que l’éditorial de G. Leclerc sera traité sur le forum de FC, s’il devait l’être et on l’espère, avec, calme, lucidité et respect afin d éviter tout détournement accidentel ou sortie du sujet qui ne conduirait qu’à des dérapages et pertes de temps regrettables.

      MERCI.

    • Oui, ce numéro mérite d’être signalé car il contient en rafale d’excellents articles dont une recension stimulante sur le livre de Pierre Manent.

      Ce que dit Marie-Thérèse Urvoy sur l’islamologie française, pratiquement désertée par les non-musulmans, est assez préoccupant. France catholique fait état d’une information peu diffusée sans doute parce qu’elle est politiquement incorrecte.

    • Parfaitement ! Car ce numéro, à travers les articles mentionnés, spécialement concernant P. Manent, est diamétralement opposé à tout ce qu’un déviationniste désormais nu et connu a devancé, avancé en tirant la couverture à lui. Son commentaire sur le dernier numéro de la revue France catholique ne vaut pas un clou ; c’est tout juste pour montrer, ou démontrer, qu’"on" est toujours là. "On" n’a rien compris à ce que dit Madame Marie-Thérèse Urvoy. France catholique fait état, comme d’habitude, de toute information digne d’intérêt. Madame Urvoy ne dérange que "on". Et il y a de quoi... De plus, cette information n’est pas "’peu diffusée", et les époux Urvoy sont fort bien connus, mais pour qui sait aller aux bonnes sources. Il n’y a ni "politiquement correct" ou "incorrect", il n’y a que des nuls qui vont s’abreuver aux flaques d’eau stagnante les plus insalubres.Il est grand temps d’assainir ce forum.

      Bon vent !

      MERCI.

    • Il a d’évidence besoin de repos après ces journées éprouvantes.

    • Il n’y a qu’un seul individu qui s’est permis de faire des commentaires sur des articles du dernier numéro de FC. S’"il a besoin de prendre du repos après ces journées éprouvantes" rien ne l’en empêche. Au contraire, il y est vivement encouragé.

      Re-bon vent !

      MERCI.

  • Il serait "normal" que les Jacobins des temps présents se joignent, comme en Syrie, dans les mêmes "actions", tuer des innocents. Ce serait donc la réponse au fait que la France et consorts OTAN, USA, etc, tous leurs associés, laissent tant de sang couler. Il en ont l’habitude ??

    (....) Comment avons-nous pu, nous la France, nous fourvoyer de cette sorte ? Au nom de quelle cause, au nom de quel principe avons-nous pu ainsi aider ces barbares, ces terroristes qui s’en prennent aux populations innocentes, de préférence d’ailleurs quand elles sont chrétiennes ?
    Il faudra bien que des réponses claires soient données un jour.
    Pour la vérité de l’Histoire et l’Honneur de la France.

    (....) Puis, nous avons visité l’hôpital militaire de Tichrine à Damas. Le plus grand hôpital militaire du pays. Nous y avons vu de nombreux blessés, rescapés des rudes combats que mène l’armée syrienne contre les bandes islamistes, qu’elles se revendiquent d’Al-Nosra ou de Daech, peu importe d’ailleurs, car comment en effet faire la différence « entre bonnet vert et vert bonnet » ?

    Nous y avons vu ces jeunes conscrits syriens dont certains sont dans leur cinquième année de service, marqués dans leur chair, devenus infirmes pour certains, mais tous frappés dans leurs âmes et dans leurs esprits par les horreurs auxquelles ils ont été confrontés.

    Nous y avons vu aussi le bien triste résultat de l’embargo pratiqué sur les médicaments et autres matériels médicaux indispensables au diagnostic et traitement des blessés de guerre…
    Enfin nous nous sommes rendus à l’hôpital français de Damas, l’hôpital Saint Louis, dirigé par une jeune religieuse libanaise à la Foi rayonnante, sœur Lamia, et servi par une équipe exceptionnelle de médecins, de religieuses, d’infirmières et de personnel de soutien.

    Cet hôpital est situé à quelques centaines de mètres du réduit islamiste du quartier de Jobar. Il en reçoit régulièrement son quota d’obus. Mais surtout, dans une ambiance de tension extrême, d’où la conscience du danger n’est jamais absente, il fait un travail extraordinaire, avec de quasi bénévoles, dans un état de grand dénuement en médicaments et produits de première nécessité…Il sauve, traite, soigne, en particulier des enfants, de toutes confessions. Mais il faut reconnaître que les enfants chrétiens sont particulièrement nombreux parmi eux. Il faut dire qu’Al-Nosra les vise tout particulièrement, comme ce jeudi dernier
    (la flèche et les tirets sont de moi) —> - 12 novembre - où une attaque à la bombe est déclenchée contre un bus scolaire transportant des écoliers quittant leur école. Bilan : 27 enfants morts ou blessés, estropiés à vie, ayant qui perdu deux jambes, qui perdu un œil, du fait des attaques terroristes de ces barbares… mais qui donc cela intéresse-t-il ailleurs qu’en Syrie ?

    Article en entier :

    http://www.geopolitique-geostrategie.fr/retour-de-syrie-par-colonel-jacques-hogard-15182

  • ci-dessus @ 28 novembre 17h02, signé : Renaud

    • cf. : 28/11 17:02 et 19:58

      Bien lu. Informations dignes d’ intérêt. Impossible d’oser, même une seconde, soupçonner d’affabulation les descriptions parfois insoutenables de ces deux anciens de "la Grande Muette". Ils ne sauraient bafouer l’honneur de la France, mais bien le contraire.

      Tout en admettant volontiers que chacun est libre de croire ou ne pas croire ce qu’il veut, il est cependant à noter des silences sur ce genre d’infos qui tranchent curieusement avec les verbiages et autres logorrhées mensongères couvrant l’envers de cette médaille.

      MERCI.

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