Projet de loi bioéthique

« On va recréer de l’inégalité ! »

propos de Michel Amiel (LREM) recueillis par Guillaume Bonnet

mercredi 15 janvier 2020

© Sénat / M. Voyer Gadin

Sénateur (LREM) des Bouches-du-Rhône, Michel Amiel a déposé en commission un amendement, rejeté, visant la suppression de l’ouverture de la PMA aux couples de femmes dans le projet de loi bioéthique.

Quels sont les fondements de votre opposition à l’extension de la PMA ?

Michel Amiel : Affirmer qu’un couple de femmes homosexuelles doit avoir droit à un enfant comme un couple hétérosexuel au nom de l’égalité, entraîne vers la GPA. Ce à quoi l’on aboutira, à mon avis, lors de la prochaine révision. Pourquoi un couple de femmes aurait-il plus le droit d’avoir un enfant qu’un couple d’hommes ? Deux femmes peuvent avoir un enfant chacune de son côté. Deux hommes non, pour des raisons évidentes. D’où la nécessité d’une mère porteuse.

Un enfant pourrait avoir deux mères ?

Dans le cas d’un couple, je me refuse à mettre sur un pied d’égalité les deux femmes : celle qui porte l’enfant et celle qui ne le porte pas. Juridiquement, elles seront peut-être mères, mais on sait bien qu’il est évident qu’une mère qui porte un enfant, ce n’est pas la même chose qu’une femme qui ne le porte pas. La grossesse demeure une expérience exceptionnelle.

Vous redoutez par ailleurs la marchandisation des gamètes.

Qui dit PMA, dit don de gamètes. Or on veut dans le même temps – et j’y suis favorable – garantir l’accès aux origines. Je suis convaincu que cela générera une diminution des dons. À terme cela débouchera nécessairement sur des phénomènes de marchandisation, à l’étranger et même en France.

L’extension de la PMA, dites-vous, résonne aussi dans le débat sur la différence sexuelle.

Derrière se cache, selon moi, l’effacement de la différenciation sexuelle dans le prolongement des théories du genre. J’ai eu l’occasion de relire Trouble dans le Genre de Judith Butler, ou La Pensée straight de Monique Wittig. Cela a renforcé ma conviction. Françoise Héritier a pu montrer que les situations étaient différentes en fonction des cultures. Mais dans nos sociétés, cela me paraît très compliqué.

En commission, vous avez même évoqué un risque d’effacement de la masculinité.

Je vais me faire fustiger par les néo-féministes, mais oui, bien sûr, on retrouve là une déclinaison de leur combat ! À mes yeux, la différence entre l’homme et la femme, pas seulement biologique, demeure irréductible. Je me suis toujours associé aux combats pour l’égalité en matière salariale ou juridique, ou contre la violence. Mais je n’entends pas aller au-delà…

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

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