Olivier Masson doit-il mourir ?

par Philippine Casanova

mardi 25 février 2020

Un homme dans un état pauci-relationnel, une mère éplorée qui cherche à sauver son fils, une épouse qui ne veut pas donner à son mari une vie qu’il n’aurait pas voulue. Un débat, puis le procès qui suit la mort par injection léthale de cet homme.

On pourrait se croire en pleine affaire Vincent Lambert. Pourtant, François Hien revendique bel et bien la fiction de cette pièce. Si le synopsis provient directement d’un débat de société, l’auteur s’émancipe de l’antagonisme et de la nécessité de trancher pour humaniser à nouveau le débat. Le théâtre lui permet de « donner à voir » une réflexion incarnée, ou plutôt l’incarnation d’un sujet particulièrement préoccupant aujourd’hui ; rappelant ainsi que la vie ne peut se comprendre que dans la complexité, tant par la raison qu’au travers des émotions.

Une pièce intéressante, profondément humaine, qui permet de porter un regard original sur une affaire de société sur laquelle les camps adverses sont irréconciliables. Loin de proposer un jugement définitif sur « l’affaire », la pièce révèle finalement la véritable faiblesse des hommes et leur besoin existentiel de prendre soin d’autrui. Les acteurs parviennent avec brio à alterner les nombreux rôles qui interviennent dans cette pièce-procès à la fin surprenante. Une sorte de reportage, finalement, mais qui a l’avantage de pouvoir sur scène s’extraire quelques temps de la réalité, et ainsi, s’émouvoir à nouveau, et interroger notre regard sur ce que serait l’humanité dans ces cas qui sont désormais devenus des « affaires ».

De François Hien. Le 10 mars à 19h30, au théâtre
La Mouche, 8 rue des écoles, 69230 Saint-Genis-Laval.
Tél. : 04 78 86 82 28 (de 14h à 17h). Et le 9 octobre, au théâtre Jean-Marais, Saint-Fons.

Messages

  • Premièrement, je m’en tiens aux Dix Paroles de l’Eternel à Moshé : " Tu n’assassineras pas ".
    La méthode utilisé pour Vincent Lambert et autres me parait d’une cruauté indigne de l’humanité : faire mourir une personne de faim et , pire, de soif, mais c’est d’une cruauté inimaginable : une fois n’ayant pas assez bu, je me suis bloquer les reins, je m’en souviens encore plus de 40 ans plus tard. Il faut avoir perdu tous sens de l’humanité pour inventer de telles lois.

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