Offrez des icônes roumaines sur verre pour ce Noël

dimanche 17 décembre 2017

A la librairie Téqui, 8, rue de Mézières à Paris VIe, il est possible, jusqu’au 24 décembre, d’admirer et d’acquérir de belles et originales icônes sur verre venues de Roumanie. Elles sont vendues au profit d’une fondation roumaine animée par Georgeta Iuga, qui tente de conserver les trésors ethnographiques et spirituels du Maramures. Marie-Gabrielle Leblanc, historienne d’art, expliquera aux Parisiens (notamment le 20 décembre, de 16 h à 19 h) l’originalité de cette production artisanale.

Marie-Gabrielle Leblanc est engagée depuis plusieurs décennies dans le dialogue œcuménique avec les orthodoxes et les Églises d’Orient, elle se rend au moins deux fois par an en Roumanie où elle conduit des voyages culturels et pèlerinages œcuméniques : visites des monastères et des villages, rencontres avec le clergé orthodoxe et gréco-catholique et de nombreux artistes et artisans. Les prochains auront lieu du 18 au 27 juin, et du 24 septembre au 3 octobre (1 368 €)

Renseignements au 01 48 07 05 84, Mariegabrielle@wanadoo.fr


Georgeta Iuga, peintre d’icônes sur verre, renoue avec une ancienne tradition populaire du Maramures, au nord de la Transylvanie. On trouve beaucoup de ces icônes dans les vieilles églises en bois de cette région des Carpates. Archéologue et conservateur de musée honoraire, elle a débuté dans l’iconographie à la mort du dictateur communiste Ceaucescu. Toute la nuit suivante, elle l’a passée à peindre sa première icône… Cet événement a été le déclencheur d’une vocation longtemps refoulée. Georgeta, orthodoxe, a été avec son mari Dumitru, gréco-catholique, poète réputé et récemment décédé, parmi les principaux dissidents au communisme dans leur région.
Elle vit à Baia Mare, capitale du dé­par­­te­ment du Maramures (prononcer Maramourech), dans les montagnes du nord-ouest de la Roumanie. Francophile, elle a été exposée maintes fois en France.

L’art de l’icône sur verre est difficile et fascinant car tout est peint sur l’envers de la vitre : un premier dessin à l’encre de Chine, puis les détails des visages, les vêtements, le fond et tout à la fin, la feuille d’or et feuille d’argent. La peinture est réalisée a tempera avec des pigments de couleurs minérales en poudre (poudre d’émeraude, d’améthyste, de topaze…) liés avec de l’œuf, comme au Moyen Âge. Techniquement, c’est le contraire de l’icône byzantine sur bois.

Le tracé faussement naïf, les décors floraux, la juxtaposition des couleurs complémentaires – rouge et vert, rouge et bleu, orange et bleu – sont des constantes. Les teintes sont gaies et éclatantes. Le rouge symbolise la Foi, le jaune la lumière, le bleu le ciel, le vert la fertilité, le noir la douleur.
Il n’y a jamais deux icônes exactement semblables ; Georgeta a à ce sujet une jolie expression : «  La beauté a des rythmes différents, comme les battements du cœur. »

Adam et Ève, la Vierge au Calvaire, la Cru­cifixion, la Nativité, l’Adoration des mages, l’Annonciation, la Tempête apaisée, la Résurrection, la Naissance de la Vierge, Élie dans le char de feu, les Chérubins, le Pressoir mystique, la Sainte Trinité, les Anges gardiens, les quatre Évangélistes, saint Georges, saint Nicolas, sont des thèmes de prédilection.

Autrefois, l’icône de Marie impératrice du Ciel (une jolie Vierge à l’Enfant en orange et bleu) faisait partie de la dot des mariées et on la mettait dans la plus belle pièce de la maison, la «  chambre de cérémonie  », pour qu’elle protège la famille et la maison.

Georgeta s’inspire des icônes an­ciennes du Maramures, mais elle crée aussi des thèmes inspirés des fresques des célèbres monastères de Moldavie roumaine : l’Ange du jour et l’Ange de la nuit, l’Ange du temps d’après l’Apocalypse, de délicates Vierges à l’Enfant. D’autres, enfin, sont inspirées par la piété gréco-catholique comme le petit saint Jean Baptiste à l’Agneau.
En France, on connaît surtout les icônes byzantines grecques ou russes, sur bois. Mais il importe de se souvenir que bien d’autres traditions iconographiques existent ailleurs : icônes coptes d’Égypte, icônes arabes de Syrie, icônes en émail cloisonné de Géorgie, icônes éthiopiennes, enluminures sur parchemin d’Arménie… L’icône sur verre de Roumanie est un genre à part entière, pratiqué dans les monastères orthodoxes et admis dans les églises ; elles sont absolument reconnues par l’Église orthodoxe et, si elles ne figurent pas sur l’iconostase, elles se trouvent en bonne place dans le pronaos et le naos des églises. L’origine de l’icône sur verre remonte au XVIIe siècle. Les moines de Nicula, au sud du Maramures, commencèrent à peindre ces icônes sur verre et à enseigner cet art aux paysans. L’icône sur verre s’est ensuite répandue dans le reste de la Transylvanie, dans le sud de la Pologne (région de Zakopane), en Bavière et jusqu’en Alsace.

Au Maramures les principales icônes, en signe de respect, sont drapées dans une «  serviette brodée  », une longue écharpe de chanvre ou de coton, brodée au point de croix de couleurs vives.

Georgeta avoue être bouleversée lorsqu’elle voit les fidèles prier devant ses icônes, transfigurant ainsi son travail d’artiste. Avec elle, la plaque de verre ne sert plus à regarder le monde extérieur : elle devient la fenêtre de l’invisible, une ouverture sur le monde spirituel, la fenêtre de l’éternité.

Messages

  • J’aimerais offrir une icône à une personne roumaine qui habite désormais en France pour son travail. Je trouve ces icônes merveilleusement belles. Pourriez-vous me donner un ordre de grandeur pour une petite icône.
    Merci pour la réponse.
    F.C.

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