Notre agriculture va mal

par Gérard Leclerc

lundi 29 février 2016

Est-il utile de le répéter : notre agriculture va mal, nos agriculteurs souffrent, certains se donnent la mort par désespoir. Ce qui s’est passé samedi matin, à l’ouverture du Salon de l’agriculture, ne saurait nous étonner. Que le Président de la République ait été chahuté et même injurié, on pouvait malheureusement s’y attendre, vu la situation actuelle et l’état d’esprit d’une paysannerie d’autant plus angoissée qu’elle ne voit pas d’issue prochaine à ses difficultés. Bien sûr, il est regrettable que la personne du chef de l’État ait été ainsi malmenée. Ce ne sont sûrement pas des méthodes à encourager. Mais il faut reconnaître en même temps que c’est la situation extrême qui explique ces débordements. François Hollande lui-même en a convenu.

N’étant pas expert en économie, je ne me risquerais pas à un diagnostic, et encore moins à un plan de réforme ou de sauvetage. J’ai lu pas mal d’articles ces jours-ci qui m’ont instruit et éclairé, en me donnant le sentiment que nous étions au terme d’un système. Mais un système qu’on ne changera pas sans peine et sans efforts considérables. Je préfère m’en tenir ici à quelques remarques élémentaires. De décennies en décennies, le monde paysan s’est réduit comme une peau de chagrin. C’était sans nul doute en raison de mutations technologiques et économiques incontournables. Mais cela ne s’est pas fait sans dégâts, qu’on pourrait qualifier d’anthropologiques. Je pense souvent à un maître livre de Daniel Halévy qui s’intitule Visites aux paysans du Centre, qui constitue un des plus beaux hommages rendus à la civilisation paysanne et au type d’homme qu’elle a suscité. C’est un monde fini ? Peut-être, mais notre condition terrestre nous voue au respect de cette terre où nous demeurons. Et les paysans, qu’on le veuille ou non, leur nombre fût-il des plus réduits, seront toujours les premiers à veiller sur elle. Il n’y a pas d’écologie concevable sans paysans.

Une bonne nouvelle quand même. Cette visite que font aujourd’hui au Salon de l’agriculture une quinzaine de nos évêques venant de nos régions rurales. Par définition, les évêques sont des veilleurs et leur vigilance doit s’exercer sur le sort des veilleurs de la terre, notre terre nourricière.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 29 février 2016.

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