Notre-Dame et le peuple de Lourdes

par Gérard Leclerc

mardi 11 février 2020

Basilique Notre Dame du Rosaire et Basilique de l’Immaculée Conception au dessus de la Grotte des Apparitions, et Gave de Pau, à Lourdes.
CC by-sa : Roland Darré

Aujourd’hui 11 février, nous fêtons Notre-Dame de Lourdes, puisque c’est un 11 février, en 1858, que la jeune Bernadette Soubirous, alors âgée de 14 ans, eut l’apparition de la Vierge Marie à la grotte de Massabielle. Le miracle devait se renouveler dix-huit fois, six mois durant. Étonnante et merveilleuse histoire ! L’abbé Laurentin, qui nous a quittés presque centenaire il n’y a pas si longtemps, s’en est fait le scrupuleux historien, montrant que l’événement échappe aux griffes de la critique rationaliste par son authenticité. Bernadette, par sa merveilleuse simplicité, est un vivant démenti à tous ceux qui voudraient la faire passer pour illuminée : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. »

Elle n’a rien d’une vedette, la petite bergère de Bartrès. Elle appartient à une des familles les plus pauvres de Lourdes. Un moment, n’a-t-elle pas habité avec sa famille au cachot, l’ancienne prison de la petite ville ? Eh bien, la voilà investie d’une mission divine. Elle saura convaincre d’abord son curé, l’abbé Peyramale, un personnage assez peu perméable aux fables, puis son évêque, Mgr Laurence, qui dès 1862 reconnut officiellement les apparitions de Lourdes : « Nous sommes convaincus que l’Apparition est surnaturelle et divine et que, par conséquent, ce que Bernadette a vu c’est la Très Sainte Vierge. »

On connaît la suite, l’extraordinaire vague de pèlerinages qui va affluer vers la cité mariale, dont l’Église de France va faire une sorte de capitale. Il est vrai que, durant toute une période, la religion populaire, dont Lourdes est l’incarnation, va se trouver en proie à des critiques. On se réclamera alors d’un christianisme épuré, méfiant des miracles et des dévotions. C’était une erreur totale, qui se trouve corrigée aujourd’hui, ne serait-ce que par un pape François qui entend réhabiliter pleinement la religion populaire. En décrétant que l’année 2025 serait une année jubilaire, il s’inscrit bien dans cette tradition où le message de l’Évangile retrouve les foules, à l’exemple de Jésus lui-même. On s’interroge sur la désaffection de la pratique religieuse lors de la décennie 1960-1970. Justement, elle n’est pas sans rapport avec le dédain de la religion populaire. L’Église a besoin de retrouver le peuple. Le peuple se reconnaîtra toujours dans Lourdes.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 11 février 2020.

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