Notre-Dame de Lourdes

par Gérard Leclerc

mercredi 11 février 2015

La fête de Notre-Dame de Lourdes, que nous célébrons aujourd’hui, éveille d’immenses échos, bien au-delà de notre pays. Le site de la grotte et des basiliques est présent dans d’innombrables imaginations et la piété populaire qui s’exprime à l’égard de l’Immaculée constitue en soi un exemple privilégié du sentiment religieux. Le phénomène Lourdes a impressionné les écrivains dès le XIXe siècle. Pour s’en convaincre, il suffit de songer au roman d’Émile Zola, qui porte simplement le nom de la ville mariale et à la réplique de Joris-Karl Huysmans qui s’intitule Les foules de Lourdes. Puisque Michel Houellebecq, dans Soumission son dernier roman, a remis Huysmans à la mode, avec son itinéraire littéraire et spirituel, il est intéressant de se rendre compte à quel point l’affrontement de celui-ci avec Zola, son ancien maître, fait renaître toute une controverse intense à propos, justement, du sentiment religieux, du surnaturel et des miracles.

La problématique a sans doute vieilli quelque peu, quoique le scientisme dix-neuvièmiste n’ait pas complètement disparu, avec la querelle entre la foi et la science. Il y aura, par la suite, d’autres œuvres littéraires notables, dont Le champ de Bernadette de Franz Werfel. Mais puisque la question du miracle demeure attachée au pèlerinage et à l’aura de la ville mariale, on me permettra d’ajouter un petit témoignage personnel. J’ai bien connu, autrefois, une miraculée de Lourdes, je dis bien une miraculée, parce que telle est ma conviction intime, quoique le cas n’ait pas été reconnu officiellement par le bureau des constatations médicales, faute de pièces suffisantes. Mais toutes les personnes qui ont vu partir mon amie Héloïse Tellier quasi mourante dans le train à Château-Thierry et l’ont vu revenir vaillante sur ses deux jambes, en étaient absolument convaincues. La guérison instantanée s’était produite dans les piscines en provoquant un réveil brutal de toutes les fonctions bloquées de son corps souffrant. Veuve de la Première guerre mondiale et âgée alors de quarante ans, elle allait mourir plus que centenaire, attestant à tous ceux qui voulaient l’entendre la gracieuse intercession de la Vierge pour son humble servante. Son souvenir ne m’a jamais quitté, et elle m’accompagne toujours lorsque je me retrouve devant la grotte où Bernadette reçut la visite céleste.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 11 février 2015.

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