Non au dressage des esprits !

par Gérard Leclerc

lundi 3 décembre 2012

Le gouvernement se préoccupe de la promotion de la femme et de l’égalité des sexes. Il s’est fait une règle de la parité et a donné l’exemple lui-même puisqu’il est constitué moitié-moitié d’hommes et de femmes. Personnellement, je n’ai rien contre une politique qui vise à combattre les injustices, les situations parfois scandaleuses. Avec une réserve cependant. Trop de rigorisme paritaire peut aussi produire de l’injustice et de l’inégalité. Les pratiques de discriminations dites positives ne sont pas sans risques. J’admets, toutefois, que pour certaines catégories sociales, il convient de mener des actions ciblées pour permettre aux jeunes filles d’échapper à des contraintes qui entravent leur épanouissement social, professionnel, familial. C’est pourquoi j’examine avec le plus grand intérêt les propositions gouvernementales, telles que la ministre des droits des femmes les a présentées et expliquées.

Il y a, je l’avoue franchement, un élément du dispositif, qui provoque de ma part des réserves ou suscite des interrogations. Madame Vallaud-Belkacem accorde une importance particulière à l’éducation dans le cadre scolaire : « Un module de formation à l’égalité et à la déconstruction des stéréotypes sera obligatoire dans les futures écoles supérieures professorales et dans la formation des autres personnels de l’éducation. » Et encore : « Pour les élèves, un apprentissage de l’égalité sera mis en place de la fin de la maternelle à la fin du primaire. » Il est question aussi d’éducation à la sexualité. Et là, je cale, car j’ai de bonnes raisons de soupçonner qu’il y a derrière cela toute une idéologie, qui s’énonce d’ailleurs déjà dans une terminologie qui s’apparente à ce que George Orwell aurait appelé une novlangue. Elle constitue un symptôme du passage de la frontière vers le dressage des esprits. Ce n’est pas la première fois que Madame Vallaud-Belkacem s’aventure sur ce terrain. Elle l’avait déjà fait avec l’homosexualité, en annonçant là aussi un programme de formatage des intelligences et des sensibilités.

Je suis obligé de dire, et j’aurai l’occasion de m’en expliquer, que je ne suis pas d’accord et que je ne suis pas prêt à voir subir à mes petits-enfants ce style de dressage. Mes enfants peuvent témoigner qu’ils n’ont pas eu besoin de cela, garçons et filles, pour s’orienter librement dans la vie, déliés de toute discrimination, sans pour autant perdre la conscience de la grâce d’être homme ou de la grâce d’être femme.

Chronique lue sur Radio Notre-Dame le 3 décembre 2012.

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