Newman écrivain

par le Père Keith Beaumont

vendredi 10 septembre 2010

Newman compte parmi les grands écrivains de langue anglaise ; il est même considéré comme l’un des grands écrivains satiriques, bien que son ironie, tantôt subtile, tantôt féroce, échappe parfois à ses traducteurs ! A ce titre il est étudié, dans le cadre des « études victoriennes », dans bon nombre de départements d’anglais dans les universités anglophones et même francophones.

Lui-même a publié 37 volumes ; une dizaine d’autres ont paru depuis sa mort ; et on continue de publier des inédits de lui ! Il ne faut pas oublier non plus les quelque 20.000 lettres existantes, rassemblées en 32 gros volumes dans une édition critique qui est un modèle du genre.

L’immensité de cette œuvre n’est pas sans avoir une incidence sur la cause de sa canonisation. Ceux qui sont chargés d’examiner les motifs d’une éventuelle canonisation sont obligés de lire attentivement chaque ligne écrite pour vérifier l’orthodoxie de la pensée d’un auteur. Or, il aucun candidat à la béatification et à la canonisation n’a autant écrit que Newman ! Ce qui allongea considérablement la durée de procès e canonisation…

Cette œuvre comporte aussi une diversité étonnante. Une classification approximative permet de voir le grand nombre de genres littéraires pratiquées par l’auteur :

En termes de quantité, citons d’abord les sermons : dix volumes pour la période anglicane, deux autres pour la période catholique. (Malheureusement pour nous, Newman catholique abandonna l’habitude anglicane qui consistait à rédiger entièrement un sermon. Sauf dans les grandes occasions, il parlait librement à partir de simples notes ; en conséquence, nous possédons beaucoup moins de textes de sermons de la période catholique !)

Viennent ensuite une demi-douzaine d’ouvrages proprement théologiques

La Via Media de l’Église anglicane, Conférences sur la doctrine de la justification, Un Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, Lettre à Pusey sur la dévotion mariale des catholiques, Un essai pour contribuer à une Grammaire de l’assentiment, et la Lettre au duc de Norfolk où Newman fait une mise au point magistrale sur les droits – et les devoirs – de la conscience.

Un nombre à peu près équivalent d’ouvrages historiques, consacrés principalement aux premiers siècles du christianisme et aux Pères de l’Eglise – Les Ariens du quatrième siècle, trois volumes d’Esquisses historiques, et deux volumes d’Essais critiques et historiques.

Plusieurs volumes de conférences sur des questions éducatives (L’Idée d’université, La Fonction et le travail des universités) ou religieuses (Certaines difficultés éprouvées par des anglicans dans la doctrine catholique, Conférences sur la situation actuelle des catholiques en Angleterre – ce dernier ouvrage étant un chef-d’œuvre d’ironie et de satire).

Quatre œuvres littéraires proprement dites – deux romans, un volume de poésies, et un long poème dramatique, Le songe de Gérontius, dont le compositeur Sir Edward Elgar a fait un oratorio.

Enfin, plusieurs écrits autobiographiques – le célèbre Apologia pro vita sua, et plusieurs journaux intimes publiés à titre posthume sous le titre d’Ecrits autobiographiques.

— -

www.jhnewman-france.org

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.