Épidémie

Ne pas céder à la peur

par Aymeric Pourbaix

mercredi 14 octobre 2020

© Sebastien Desarmaux / Godong

Le 12 octobre, le Premier ministre Jean Castex a mis en garde contre la recrudescence de l’épidémie de Covid en France : c’est la fameuse «  2e vague  », qui menace autant la santé que l’économie. Mais les conséquences de ce climat anxiogène dans lequel nous vivons depuis de longs mois, elles, sont loin d’être prises en compte. Pourtant, un sociologue italien, Luca Ricolfi, a écrit récemment dans le quotidien Il Messaggero que le changement le plus radical introduit par ce virus était d’ordre psychologique. Dans une situation d’incertitude, où toutes les opinions sont professées – souvent contradictoires – il se crée selon lui un «  état généralisé d’anarchie mentale  », dangereux pour la cohésion de la société ainsi que pour l’équilibre des individus.

Ressources spirituelles

C’est alors qu’il faut mobiliser les ressources les plus hautes et les plus puissantes, qui sont spirituelles, en puisant dans la liturgie, la culture et l’histoire. Est-ce l’esprit français, fait de bravade et de sens de l’honneur ? Écoutons l’auteur de Cyrano, Edmond Rostand, qui dans une autre de ses pièces, Chantecler (1910), fait dire au coq éponyme – emblème de notre pays – confronté à l’adversité et aux critiques d’autres animaux : «  C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière.  »

Un siècle plus tôt, on trouve Napoléon, qui avait coutume de dire à ses soldats : «  Le vrai courage, c’est celui de trois heures du matin !  » Celui des heures froides de la garde, où l’on ne voit pas encore les lueurs du jour poindre à l’horizon…

Il est également une autre forme de veille, celle des moines chartreux, dont le long office de nuit est la clef de voûte historique de leur ordre. Lorsqu’ils ont voulu l’abandonner, l’ordre a décliné… !

Mais nous ne sommes pas tous des moines ! Pour les laïcs et les clercs engagés dans le monde, il est une veille plus facile, parce que plus légère : c’est la prière mariale, celle du chapelet, particulièrement recommandée par l’Église au mois d’octobre. Prière que saint Bernard préconisait face à l’adversité, au «  gouffre de la tristesse  » et à «  l’abîme du désespoir  » : «  Crie vers Marie. Invoque Marie. Pense à Marie.  »

Prière que recommandait aussi la Vierge à Fatima, en 1917. Après le miracle du soleil dansant dans le ciel, le 13 octobre, vu par environ 100 000 personnes, le Portugal connut un revirement inattendu. Alors que les élections étaient dominées depuis 150 ans par les francs-maçons – avec son cortège de persécutions anti-religieuses, d’églises détruites et de lois amorales – celles du 14 octobre, le lendemain du miracle, ont été perdues par eux et le pouvoir revint par la suite à des politiques plus favorables au christianisme. Au point que les évêques portugais reconnurent en 1942 que leur pays avait été «  transformé par cette grande ferveur mariale du peuple, qui a obtenu la conversion radicale du pays  ».

Ce dont il s’agit, c’est ainsi de «  marcher dans la nuit  », selon le titre du dernier ouvrage du philosophe Martin Steffens, comme les Rois mages à la rencontre de l’Enfant Dieu et du salut du monde. Chapelet à la main.

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