Mystère d’iniquité

par Gérard Leclerc

mardi 4 septembre 2018

Parfois, il ne faut pas craindre d’employer les mots mêmes que le Seigneur Jésus a prononcés le soir de son arrestation, en évoquant l’heure de la puissance des ténèbres. Surtout lorsqu’il s’agit de l’Église, de la sainte Église de Dieu. Une sainte Église où, paradoxalement, s’affirme cette puissance des ténèbres, là où devrait transparaître la pure gloire de Dieu. Mais c’est aussi Jésus qui nous a prévenus du scandale qui nous menace, tel celui qui concerne l’atteinte aux plus petits. Nous ne devrions pas être surpris, le mystère d’iniquité est au cœur de la Révélation biblique. Pourtant, nous n’en prenons pleine conscience que lorsque nous sommes frappés par l’évidence, jusqu’au cœur de cette Église, ainsi lorsque ce sont des membres de la haute hiérarchie qui se sont, hélas, signalés, par leur complicité avec l’iniquité.

Inutile de gloser. Ce qui nous est venu, ces derniers temps, des États-Unis se rapporte à ce scandale et à ce mystère d’iniquité. Circonstances aggravantes : lorsque la divulgation de ces informations funestes se mêle à des polémiques qui mettent en cause le Saint-Père lui-même ! Nous ne reprendrons pas ici le détail de l’affaire Viganò, du nom de l’ancien nonce du Saint-Siège aux États-Unis. D’autres s’en chargent avec la compétence et l’acribie nécessaires. Nous nous permettrons simplement de soumettre à la sagacité de nos lecteurs quelques modestes réflexions.

La première concerne le Saint-Père, et l’autorité qu’il détient sur nous de par la volonté du Christ. Mgr Viganò a eu le tort de réclamer sa renonciation, et il s’est mis en faute eu égard à l’autorité suprême. Mais on ne peut lui contester le droit d’émettre des critiques, lorsqu’elles sont justifiées, parce qu’il s’agit du bien suprême de l’institution, de sa hiérarchie et de ses fidèles. Dans le climat de désordre qui semble régner dans l’Église américaine et qui est vraiment alarmant, une clarification s’impose au plus vite. Par ailleurs, c’est alors même que nous vivons l’épreuve vraiment crucifiante que le besoin d’identifier le seul nécessaire s’impose. Moins que jamais la division ne doit entamer notre attachement à l’Église, qui demeure selon le titre de la constitution conciliaire Lumière des nations. De même, de cette Église nous avons tant reçu en fait de transmission de la foi et de grâces sacramentelles, qu’il est impossible que les ténèbres d’aujourd’hui cachent la vraie lumière. Plus que jamais, nous avons besoin de cette lumière, qui vient du seul Christ qui nous sauve par sa Croix et sa résurrection.

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