Mort de l’abbé Georges de Nantes

jeudi 18 février 2010

Photo : L’abbé de Nantes en 2004 © CRC

La mort de l’abbé Georges de Nantes (le 15 février, à l’âge de 85 ans), privé de l’hospitalité de l’église de son village de Saint-Parres-lès-Vaudes pour ses obsèques [1], est un vrai sujet de tristesse pour ceux qui sont attachés à la simple sollicitude qu’un chrétien conçoit pour l’âme du prochain. A fortiori lorsqu’il s’agit d’un frère dans la foi, lorsqu’il s’agit d’un prêtre et, notamment, d’un personnage qui a incarné la crise de l’Église durant la dépression post-conciliaire. Qui pourrait se satisfaire de cette rupture qui apparaît sans remède et retranche de la communion ecclésiale un homme qui fit profession d’aimer l’Église ? Non, c’est décidément trop accablant, et ce ne sont pas les stigmates de la réprobation qui pourront consoler du gâchis intolérable qui résulte d’une histoire douloureuse à pleurer.

Il y avait du Félicité de Lamennais dans Georges de Nantes. Il en avait l’envergure intellectuelle, les dons multiples. Tous les services pastoraux et les tâches d’enseignement qui lui furent confiés, il les assuma brillamment et même parfois trop bien, avec une emprise inquiétante sur ses auditoires. Quand un être est aussi pourvu de dons qu’il le fut, il n’échappe pas à certaines tentations supérieures, la première étant la prétention de tout comprendre mieux que les autres et de dominer en voulant avoir raison y compris contre l’autorité ecclésiale. En un certain sens, de Nantes a été plus décisif que Lamennais dans son face à face avec Rome. Quelle inflexible volonté que celle qui veut à toute fin que le Pape déjuge un concile et se déjuge lui-même ! Dédaignant l’action d’un Marcel Lefebvre, qu’il accuse de créer un embryon de schisme, il exige l’arbitrage de Pierre, comme jadis Paul exigea celui de César ! Il accuse Paul VI et Jean-Paul II, dédaignant également les intermédiaires et les restrictions mentales.

Comme pour le pauvre «  Féli  », tant d’obstination de la volonté et tant de prétention à faire soi-même changer le sort du christianisme devaient provoquer la plus aride des solitudes. Dans l’Église, objet unique de toutes ses passions ! La grande faute initiale aura été le repli dans le superbe exil de la thébaïde de Saint-Parres-lès-Vaudes, parce qu’ainsi, il se retranchait de toute régulation extérieure à la sienne. Il devenait le centre du monde, l’unique référence d’un entourage et d’un public éblouis de l’entendre prêcher et prophétiser. Peu importait qu’il dérapât. Ses fidèles étaient disposés à tout lui pardonner dès lors que, seul chêne dans la tempête universelle, il continuait à maintenir la seule vérité. Mais Pierre Boutang, qui le connaissait et ne le mésestimait pas, avait vu juste tout de suite : Saint-Parres serait son Vaudémont, sa colline de Sion. Du moins celle du Barrès de La colline inspirée. Il connaîtrait le sort malheureux des frères Baillard, ces prêtres que le romancier a imaginés, partant de la plus rigoureuse orthodoxie pour s’adonner à une pure hérésie gnostique.

Georges de Nantes a-t-il été jusque-là ? Il a malheureusement professé des théories absurdes, réimaginant le dogme à sa manière, sur des sujets aussi centraux que la théologie trinitaire, la christologie, la place de la Vierge Marie. Était-ce la rançon de sa superbe ? Il est trop délicat d’en juger comme de juger de la psychologie et de l’intime conviction d’un homme qui connaît désormais le dessein de Dieu.

Doit-on faire reposer sur lui seul la responsabilité d’une dérive qui provoqua et provoque encore [2] bien des souffrances ? Là encore, tout jugement s’expose à la témérité. L’a-t-on confirmé dans sa solitude, a-t-on répondu à ses requêtes lorsqu’elles n’étaient pas sans quelques justifications ? Parfois un Yves Congar a paru sensible à sa singulière posture. D’autres ont essayé le dialogue comme François Marty ou Roger Etchegaray. C’est lui qui a découragé les bonnes volontés, se considérant toujours supérieur. Personne ne s’est informé mieux que Mgr Gérard Daucourt, quand il était évêque de Troyes, des tenants et aboutissants de toute l’affaire...

Moins que jamais pourtant, à cette heure, l’indifférence et l’excès de satisfaction de soi ne sont de mise. Que Georges de Nantes soit accueilli dans la douce pitié de Dieu et que la sollicitude de l’Église accueille ceux et celles qu’il a abandonnés sur la route.

Gérard LECLERC


Lire ci-dessous l’annonce du décès par la communauté fondée par l’abbé de Nantes :

http://www.crc-resurrection.org/Meditations/2010/Lettre_Phalange_15-fev-2010.php


Le livre de Gérard Leclerc, "Rome et les lefebristes, le dossier", 96 pages peut nous être commandé par "bouton Paypal" :

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[1Le chanoine Joseph Zirnelt, chancelier de l’évêché de Troyes, a fait préciser par L’Est-Éclair, que c’est la nonciature apostolique, rappelant à l’évêché de Troyes la situation canonique de ce prêtre, qui a demandé que la messe des funérailles ne soit pas célébrée dans l’église de Saint-Parres-lès-Vaudes. On me dit qu’environ 500 personnes étaient présentes à ces obsèques, dont de nombreuses familles et beaucoup de jeunes gens.

[2Je reviendrai éventuellement sur l’aspect sectaire du comportement de l’abbé de Nantes. On pourra, en attendant, consulter, par exemple, le site http://crc-danger.com/ ne serait-ce que pour comprendre que la question est posée.

Messages

  • Bel article de Gérard Leclerc

  • Très bel article. Bel hommage à cet homme trompé, trop intelligent pour être humble. Quel gachis !

    Lui refuser l’Église de son village est indigne. Quelle dureté même s’il était sous le coup d’une juste peine. Les hommes d’Église sont durs, le cœur dur et l’esprit mou, je ne sais plus la formule de Maritain.

    Philippe

  • Cher Monsieur Leclerc,

    Je suis d’habitude d’accord avec vous et apprécie votre sens de l’Eglise. Mais là, je suis très déçu.

    Comment pouvez vous prendre la défense de cet homme en oubliant la vraie question : La CRC est une secte, répertoriée comme telle par l’Etat Français, et considérée ainsi par la hiérarchie de l’Eglise.

    Les soeurs de la consolation de Draguignan pourront vous en dire tellement plus, sur ces dérives sectaires si graves, tant sur la foi que sur les moeurs. Je suis moi même témoin de l’emprise de ce mouvement sur des jeunes, sur des vocations, sur des familles, et des dégâts et blessures terribles, les divisions, les séparations que tout cela a causé.

    Tout cela n’a donc rien à voir avec la question tradi. On est là dans le phénomène sectaire, et on avait affaire avec l’abbé de Nantes à un gourou. L’ Eglise n’a jamais reproché cela, l’Etat non plus, à des mouvements comme la FSSPX. C’est donc pas une question de doctrine simplement.

    Donnez au moins l’adresse du site réalisé par un prêtre, avec l’aide des soeurs de la consolation : http://www.crc-danger.com/ C’est une question de protection des plus fragiles, de nos familles, de nos jeunes.

    Un jeune prêtre.

    Voir en ligne : CRC-DANGER

  • vous avez écrit là, monsieur Leclerc, un texte ramarquable, plein d’humanité et de compréhension. Un texte chrétien tout simplement. Bravo.

  • Merci de votre réaction et d’indiquer des éléments pour se situer.
    J’ai connu des personnes échappées de StParres.

  • J’espère qu’on peut comprendre ceux et celles — dont l’auteur de ces lignes — qui ne partagent pas la sympathie de Gérard Leclerc pour la personne de l’Abbé de Nantes et la présentation trop facile et indulgente de son bilan spirituel et pastoral.

    Mais on ne refusera pas à Gérard Leclerc la communion de la prière : "Que Georges de Nantes soit accueilli dans la douce pitié de Dieu et que la sollicitude de l’Église accueille ceux et celles qu’il abandonne sur la route."

  • Cher Monsieur, je viens de lire votre article sur l’abbé de Nantes. Je suis d’accord avec vous, quoi qu’on puisse lui reprocher, c’est triste qu’il n’ait pas eu droit à l’église de son village pour ses obsèques.

    Mais je voudrais vous demander de me dire qui est à l’origine de cette privation, votre texte, votre texte donnant lieu à des suppositions,et
    celles-ci peuvent porter tort à quelqu’un qui ne serait pas responsable de ce fait ; vous serz d’accord avec moi qu’on n’efface pas un tort par un autre.

    Merci de bien vouloir me répondre.

    Bien à vous,

    Michelle Stenger

  • Suite à l’article paru dans les colonnes de l’Est-Républicain sur le décès de l’abbé Georges de Nantes, ce quotidien a publié, à la demande du chanoine Joseph Zirnelt, chancelier de l’évêché de Troyes, le communiqué suivant :

    « Dans votre édition du 17 février 2010, vous mentionnez que l’évêché de Troyes a refusé que les obsèques de M. l’abbé de Nantes soient célébrées dans l’église paroissiale. C’est la nonciature apostolique, rappelant à l’évêché de Troyes la situation canonique de ce prêtre, qui a demandé que la messe des funérailles ne soit pas célébrée dans l’église de Saint-Parres-lès-Vaudes ».

  • Merci à Gérard Leclerc d’avoir su parler avec autant de délicatesse et de vraie charité de la tragédie d’une âme. Il n’ignore rien de ses conséquences, des dérives qu’elle a entraînées. Il met simplement son espérance, comme un autre Georges, le grand Bernanos, en la douce pitié de Dieu et qui pourrait le lui reprocher ? Oui, on peut aussi penser à la phrase de Jacques Maritain dans sa "Réponse à Jean Cocteau" : "Il faut avoir l’esprit dur et le coeur doux. Sans compter les esprits mous au coeur sec, le monde n’est presque fait que d’esprits durs au coeur sec et de coeurs doux à l’esprit mou"...

    Yves Floucat

  • M. Leclerc n’a peur de rien et perd par son article à charge une occasion précieuse d’exercer quelque retenue, ainsi qu’un minimum de charité chrétienne !

    Comme quoi, le nom ne fait pas le moine, ni le clerc.

    Dieu jugera l’abbé de Nantes.

    La lapidation post mortem semblant de rigueur pour certains, je ne lui jetterai pas la première pierre.

    Qu’il repose en paix !
    Amen.

  • J’ai assez regretté – c’est peu dire – les dérives orgueilleuses de l’abbé de Nantes pour m’empêcher de penser qu’il faut un sacré culot pour dire comme « un jeune prêtre » débordant de charité (???) :
    - que « La CRC est une secte, répertoriée comme telle par l’Etat Français » (on se moque d’un Etat qui construit des mosquées après avoir fait détruire le « sanctuaire » du Mandarum),
    - et que la CRC est« considérée ainsi par la hiérarchie de l’Eglise » : c’est, du moins en France, se réclamer d’une « Eglise » même pas fichue de considérer comme sectes celles de l’Islam. ni comme « gourous » ses imams, encore moins de descendre dans la rue pour défendre l’enfant conçu.

    Est-ce là œuvrer selon le vœu de notre Saint Père le Pape Benoît XVI, "UT OMNES UNUM SINT" et pour le retour au bercail des brebis séparées ?

    Quant à prétendre qu’on « avait affaire avec l’abbé de Nantes à un gourou », tout indique qu’à Poitiers on connaîtra encore mieux ça demain avec la construction de sa mosquée en attendant que le QUICK local ne gave sa clientèle de bouffe halal

  • De toute façon, l’église paroissiale aurait été bien trop petite pour accueillir tous les amis de l’abbé George de Nantes !
    Ce dernier a toujours été critiqué parce que, justement, Il dérange ! La FSPX ne dérange personne, elle ne pense pas à l’Eglise, et aux Salut des âmes, mais à préserver "son rite". L’abbé Georges de Nantes est un martyr. Ayant vécu pour l’amour de l’Eglise, ayant renoncé à son avancement ecclésiastique pour cela, il en est mort. Il est aujourd’hui auprès de notre Reine du Ciel en qui il a toujours mis toute sa confiance.

    voir le très bon article dans Valeurs actuelles.
    L.B.

  • Cher Monsieur,

    ayant bien lu votre article sur l’abbé de Nantes, je prends la plume comme d’autres l’ont fait pour vous dire tout ce que j’en pense.
    Au premier abord, votre texte semble plein de compassion pour le naufrage et le "gâchis" que furent, selon vous, la vie de l’abbé de Nantes et son oeuvre.
    Vous évoquez d’une part, avec raison, son intelligence supérieure, son amour de l’Eglise (amour qui tendait à l’angoisse pour l’Eglise),son inflexibilité dans son appel du Pape au Pape pour qu’il dénonce solennellement les erreurs du Concile Vat. II (liberté religieuse, culte de l’homme, oecuménisme)- erreurs qu’il a été et est le SEUL à avoir diagnostiquées -, son refus de tout schisme ou hérésie face au modernisme triomphant, ainsi que la ferme espérance "que les portes de l’Enfer ne prévaudront pas" grâce à l’Immaculée.
    Vous déplorez également la fermeture de l’église paroissiale pour ses obsèques, lui qui encouragea toujours les membres de la CRC à aller dans leurs paroisses, à les faire vivre, à soutenir les prêtres encore là, etc. Effectivement, cette ultime mesquinerie de la hiérarchie est bien "moche"... alors que nombre de personnalités païennes ou renégates, aux moeurs plus que discutables sont accueillies à bras ouverts à Notre Dame de Paris ou ailleurs pour leurs obsèques !
    Mais l’abbé était bien mieux dans le choeur de la chapelle du monastère qu’il avait implanté en 1963 !

    CEPENDANT une deuxième lecture de votre article m’a fait apparaitre quelques énormités, certes emballées dans un texte "à la Bernanos" comme le remarque un des commentateurs, fort justement...mais qui ne peuvent rester "impunies", si je puis dire.

    La comparaison entre l’abbé de Nantes et Félicité de Lamennais me parait tout d’abord quelque peu "étrange" et mérite une mise au point.
    Je suis CRC depuis 28 ans et peux vous assurer que l’abbé de Nantes a toujours vu en Lamennais un dangereux "prophète" rêvant de marier Dieu et la Révolution, ouvrant la voie aux abbés démocrates, au Sillon de Sangnier, contre les condamnations lumineuses de St Pie X. En bref, Lamennais, c’est le funeste Ralliement de Léon XIII, l’enthousiasme démophile de Paul VI, c’est enfin tout Vatican II.
    Alors, comparer l’abbé de Nantes à Lamennais est un contresens...non ?
    Quand on sait que la dénonciation de Vat. II fut TOUT le combat de l’abbé de Nantes, c’est tout vu.
    Quant à comparer leurs personnalités, cela me parait d’un intéret limité.

    Le troisième paragraphe de votre article évoque l’abbé comme "centre du monde" de St Parres...et vous citez plus loin l’"aspect sectaire" de son comportement. Au risque de me répéter, en 28 ans je n’ai jamais, JAMAIS constaté cela ! Ni mes parents, ni mes grands parents,pourtant dotés d’un fort esprit critique par ailleurs, je vous prie de le croire. L’abbé de Nantes n’était PAS le gourou que vous décrivez.. tout le monde est libre de venir et de repartir, nulle contrainte ne pèse sur nos cerveaux, ni sur notre portefeuille, du reste ! La seule condition qui s’impose à qui veut suivre l’abbé de Nantes est de travailler et d’étudier en profondeur cette crise inédite dans l’histoire de l’Eglise. Il ne suffit pas de parloter et de faire de grandes introspections sur son propre vécu "spi"...La CRC c’est du sérieux, même si on rigole bien par ailleurs, que ce soit à la Maison St joseph ou en camp vélo. Nous ne sommes pas des moutons "éblouis", loin de là.
    En utilisant le terme "secte",vous sous-entendez des images toutes plus effrayantes les unes que les autres, vous mettez la CRC au ban des illuminés les plus répugnants : c’est de la diffamation, de la calomnie pure et simple. C’est vous le manipulateur, là !
    Et ne vous abritez pas derrière des textes émanant de la République laïque...ça ferait mauvais genre !

    Quant aux "théories absurdes" que vous prêtez à l’abbé de Nantes, méfiez vous ! Vous pourriez vous tromper...Etes vous le Saint Office à vous tout seul, de quelle légitimité vous prévalez-vous pour juger ?! A toutes fins utiles, doit-on vous rappeler que l’abbé s’est tué (c’est le cas de le dire) à demander un jugement définitif doctrinal de Rome sur ses écrits ? Jugement qui n’a jamais été prononcé...et pour preuve ! Votre assertion ne repose que sur du vent...Renseignez vous et vous verrez. En attendant, voyez l’article de Frédéric PONS dans Valeurs Actuelles qui l’explique mieux que moi et en peu de mots.

    Voici le sentiment d’un CRC à la lecture de votre article. Je ne partage que la conclusion, et encore, pas en entier ! Oui, " qu’il soit accueilli dans la douce pitié de Dieu (comme nous tous si possible...)" ! Mais, non, il ne nous a pas "abandonnés sur la route" ! C’est maintenant qu’il va pouvoir intercéder pour l’Eglise et pour nous, et efficacement ! Quant à la sollicitude de l’Eglise, il faudrait que le climat soit favorable comme il a pu l’être, sous le bref pontificat de J-P 1er par exemple !
    ce n’est pas encore le cas...
    Mais ça viendra ! C’est sûr.

  • Je serais plus sévère que Gérard...

    Cet homme a désespéré des âmes, brisé des vies, abimé des vocations... Qu’il faille implorer la miséricorde de Dieu pour lui, c’est sûr et je le fais.

    Mais l’Eglise a le droit de marquer sa rigueur, (encore faudrait-il qu’elle ne le fasse pas de façon unilatérale, hélas !).

    MG

  • J’ai bien connu l’Abbé de Nantes.
    S’il ne s’était pas trouvé sur mon chemin, je serais peut-être aujourd’hui perdu sur des traverses schismatiques.
    Malgré ce qui peut paraître outrancier dans ses critiques de Vatican II et des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II, jamais il n’a incité ses disciples à s’éloigner de l’Eglise et des sacrements qui y sont dispensés. A l’instar de Socrate, il n’a jamais voulu remettre en cause l’institution pour faire prévaloir sa position personnelle. Il en a appelé à l’Eglise hiérarchique qui n’a jamais daigné prendre en considération le contenu de son accusation. Le contenu de ses libelles d’accusation contre le concile, contre Paul VI et contre Jean-Paul II mérite d’être examiné, discerné, condamné ou réhabilité. C’est une oeuvre de justice dans la charité que l’Eglise ne peut esquiver.

    Voir en ligne : Une oeuvre de Justice dans la Charité

  • L’audace toute relative du courageux "jeune prêtre" anonyme (qui fait mieux que l’Église en condamnant les erreurs doctrinales de l’abbé de Nantes !), évoque d’autres courages ecclésiastiques.
    Celui d’un jeune curé qui de sa chaire, et publiquement, dénonçait l’abandon de l’Algérie, le massacre des harkis et perdait de ce fait son ministère.
    Celui d’un prêtre qui constatant l’avancée de l’hérésie dans l’Église d’après le concile, en appelait au jugement solennel du pape plutôt qu’au schisme ou à l’accommodement libéral.

    Ce prêtre, l’abbé de Nantes, n’a jamais été condamné pour ses erreurs doctrinales - n’en déplaise à ceux qui cherche de nobles raisons de cracher sur sa tombe -, et de nombreux fidèles (dont je ne fais pas partie), lui doivent un attachement à l’Église qui force le respect.
    Ce que j’ai vu autour de lui à Saint-Parres les Vaudes, au milieu de sa communauté et des fidèles qui le suivent, c’est avant tout un grand amour de l’Église, du Sacré-Coeur et de Notre-Dame. C’est aussi une confiance surnaturelle dans le renouveau de l’Église par le Saint Père.

    Un jour l’Eglise reconnaitra en l’abbé de Nantes un fils exigeant, aimant et rejeté.
    Dieu veuille que nous ayons la grâce de voir ce jour.

    PS : L’article de M Leclerc et le démenti de l’évêché de Troyes qu’il a provoqué démontrent le flou de la pseudo "condamnation" de l’abbé de Nantes. Si celle ci était évidente, faudrait il remonter jusqu’au nonce pour solliciter son avis ?

  • Très instructif, ce site, CRC-danger.

    Mais comment l’abbé de Nantes s’y prenait-il pour endoctriner aussi facilement des catholiques ?

    Ses positions hérétiques ne sont pas que de simples détails. C’est tellement énorme. Relativisme ambiant ? déficience de la catéchèse dans les années 90 ? manipulation des consciences ?

  • "Mais comment l’abbé de Nantes s’y prenait-il pour endoctriner aussi facilement des catholiques ?..."
    Ben oui, c’est vrai, au fait, c’est tellement énorme !
    A moins que crc-danger soit un site réalisé par des gens que n’habite pas uniquement l’esprit de vérité et (surtout) de charité...
    Mince alors, on nous aurait menti ?
    Décidément, rien n’est simple...

  • Non, non. Le site est excellent à tous points de vue. Je vous le conseille, il est très bien documenté. Mais il n’est encore qu’à ses débuts... à suivre donc !

    Dans ce site, pas d’accusations péremptoires, pas d’injures, mais une collecte objective des faits. La charité anime véritablement ce travail.

  • L’abbé de Nantes n’a jamais été jugé sur le fonds, mais a toujours été condamné sur les bords. Critique à l’égard du pouvoir sur l’abandon de l’Algérie, il est viré de sa paroisse, sous la pression de la préfecture. Critique à l’égard du Pape sur l’introduction, au concile Vatican II, de nouvelles notions contradictoires avec l’enseignement de l’Eglise, il est suspens puis interdit, mesures disciplinaires vexatoires, mais pas condamnation de ses dires.
    Enfin, mort dans l’Eglise puisque jamais jugé, donc pas exclu, il est chassé de l’église avec un petit e, faute d’avoir pu le faire de l’Eglise avec un grand E.
    Si Dieu confirme les plus rudes décisions de Son Eglise, il ne pourra que le condamner pour... des pneus lisses à l’entrée du paradis.
    Paix et Joie donc, il ne lui en cuira sûrement pas plus que les artisans de son malheur tout terrestre.

  • @ Blaise,
    vous ne lisez que ce que vous avez envie de lire.
    mettez donc en face de ce site (très mal fait personnellement), le site officiel de la CRC.

    http://www.crc-resurrection.org/IER/mars-10/IER91-Meilleure-part.php

    regarder bien TOUT. ceci pour vous faire vous-même un avis non pas subjectif, mais objectif sur ce qu’est la CRC.
    je vous encourage a faire ce travail intellectuel, c’est ça la vrai critique !!

    François B

  • @ François B

    Si vous commenciez d’abord par m’expliquer vos points de désaccord avec le site CRC-danger ?

    En me référant au décret d’Interdit promulgué le 1er juillet 1997 par l’évêque de Troyes Mgr Daucourt, je constate que l’Eglise reproche à l’abbé de Nantes :

    - ses « doctrines qui sont en contradiction avec la foi catholique, notamment au sujet de la Sainte Trinité, la Sainte Vierge Marie et de la Sainte Eucharistie ».

    - « son attitude hostile au Magistère ecclésiastique et à la Hiérarchie catholique ».

    - d’« avoir pris le risque de traduire ses doctrines erronées en comportements moraux inadmissibles de la part d’un prêtre ».

    Donc, trois chefs d’accusation : hérésie, schisme, scandale.

    Avec cet Interdit, l’abbé de Nantes (et ceux qui le suivent en toute connaissance de cause) ne pouvait plus donner ni recevoir les sacrements.

    Cette position de l’Eglise étant acquise, dites-moi ce que vous reprochez au site CRC-danger ?

  • @Blaise,
    Mon ami,
    mon désaccord avec ce site viens du fait même qu’il est de mauvaise foi.
    et pour vous, comment pouvez vous juger une personne en n’ayant qu’un seul son de cloche ?
    quand on juge, ou plutot quand on critique, il est juste d’écouter les arguments de défenses aussi.
    sinon cela ne tiens pas debout.
    je vous renvoi donc au site officiel de la CRC qui répondra bien mieux que moi à ces accusations vulgaires sur l’abbé de nantes (si vous aimez lire vous allez être servi).
    http://www.crc-resurrection.org/Notre_fondateur/Situation_canonique_Abbe-de-Nantes.php

    François B.

  • le site crc danger ose dire sur sa page d’accueil que la crc est une secte alors qu’un jugement en appel a décrété que non, en 2005 !
    ça commence bien, les faits ne sont pas à jour... le reste est à l’avenant !
    en plus, je crois savoir que ce site a été fait simplement par des dissidents rancuniers de la crc... un peu classique comme vengeance, et l’on cite cela comme une référence...
    malheureusement avant de juger objectivement les gens auront déjà cet avis diffamateur en tête, pour faux qu’il soit, les auteurs du site ont atteint leur objectif.

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