Monseigneur René Laurentin

par Gérard Leclerc

lundi 11 septembre 2017

Il allait atteindre le siècle puisque né le 19 octobre 1917 ! Son départ vers le Ciel, ce 10 septembre, nous fait mesurer la somme extraordinaire du travail qu’il aura accumulée en tant d’années. Une œuvre entièrement consacrée à la théologie, c’est-à-dire à la réflexion sur le mystère de Dieu, tel qu’il s’est révélé à nous. On se souviendra, bien sûr, de ce grand serviteur de la Vierge Marie qu’il aura été, mais Marie était la porte du Ciel, Janua Coeli, celle qui conduisait le plus sûrement à la connaissance et à l’amour de Dieu. Le théologien nous aura rendu un immense service en se faisant l’éclaireur du peuple des pauvres, celui des pèlerinages populaires, celui, justement, qui ne pouvait atteindre la science des savants, mais n’en recherchait pas moins le trésor de la foi : « Je te loue, Père, Seigneur du Ciel et de la Terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi » (Lc, 10,21).

L’abbé René Laurentin avait été pressenti par Mgr Théas, évêque de Lourdes, aussitôt après la guerre, pour devenir l’historien des apparitions de la grotte de Massabielle. Il s’attela à cette tâche, à partir de toutes les sources disponibles. Six volumes de récits en résultèrent, accompagnés de sept autres tomes de documents établis avec Dom Bernard Billet, moine bénédictin. Mgr Théas pourra se féliciter de cette œuvre de vé­rité : « Vraiment, après vous avoir lu, on découvre mieux la solidité et le sérieux du pèlerinage. Vous révélez le mystère de Lourdes et sa place dans la vie de l’Église. » On ne s’étonne pas ainsi que ce soit le père André Cabes, recteur des sanctuaires, qui ait, le premier, rendu hommage à l’historien et au théologien de Lourdes. Mais l’annonce de la mort de René Laurentin, en faisant le tour du monde, a dû éveiller la gratitude d’une multitude de responsables de pèlerinages, car rien de ce qui touchait aux apparitions mariales dans tous les continents ne lui était étranger. Lorsqu’il résidait, il y a peu de temps encore, dans sa maison d’Évry, chez les sœurs de Notre-Dame de Sion, son fax ne cessait de crépiter avec la réception de documents qui venaient du monde entier et réclamaient son expertise.

Cette expertise était fondée sur sa connaissance particulière des révélations de la Vierge, elle était aussi enracinée dans une rumination approfondie de la Bible. Car il était un exégète très averti, d’autant qu’il était en décalage avec une critique biblique déconnectée du mystère. Il était, en même temps, un dogmaticien attaché à tout relier à la Révélation trinitaire. Personnellement, je puis dire que j’étais devenu son ami, comme collègue du journaliste qu’il avait été, pendant et au-delà du concile, au Figaro. Ce fut une grâce de l’avoir eu si longtemps parmi nous, avec ses dons multiples, par exemple d’extraordinaire enquêteur de terrain, toujours bon serviteur de l’Église. Aussi est-ce un Magnificat qui s’énonce sur nos lèvres, à l’encontre de la pensée qu’il nous ait quittés.

Messages

  • L’association des amis de l’abbé Jean Carmignac avait invité le 7 octobre 2006 l’abbé Laurentin (futur Monseigneur) à son colloque ayant pour thème « La fidélité à l’écriture ». Ce colloque était présidé par Monsieur le cardinal Vanhoye, venu spécialement de Rome. Participaient également Monseigneur Paul Marie Guillaume évêque émérite de Saint-Dié ainsi que le père Philippe Rolland, décédé le 2 février dernier. Sans la moindre note, inutile parce qu’il était pratiquement aveugle, l’abbé Laurentin parla pendant près de 45 minutes sur le thème qui lui était familier, la Vierge Marie.
    Quelques années après je reçois un appel téléphonique de sa secrétaire me demandant si je pouvais consacrer une journée entière à Monseigneur Laurentin, sans m’en donner la raison. Je suis donc arrivé à Évry tel jour à neuf heures du matin et là, Monseigneur Laurentin, me mettant entre les mains un exemplaire du livre de l’abbé Carmignac, « La naissance des Évangiles synoptiques » me pria de lire le livre depuis la première ligne. Et de temps en temps il me disait de souligner telle phrase ou tel alinéa. Il lui arrivait de me dire : « Revenez trois lignes ou six lignes plus haut et relisez le passage », de façon à le souligner. Cela dura jusque vers 18 heures, avec tout de même une coupure où il m’emmena dans un excellent restaurant. La raison était la suivante : il remettait le livre ainsi souligné à sa secrétaire et lui demandait de copier sur son ordinateur tous les passages soulignés.
    Je me souviens de cette journée très intéressante où, avec une grande amabilité, il me faisait des commentaires sur ce qui venait d’être lu.
    Petite anecdote, vers 17 heures sa secrétaire vient lui dire que le rendez-vous avec telle personne le surlendemain à Rio de Janeiro ou à Sao Paolo était organisé. En effet il voyageait beaucoup, dans le monde entier, et tout était organisé : à chaque aéroport une personne l’attendait à la descente de l’avion pour l’amener vers tel autre avion en correspondance ou à l’hôtel.
    Roger le Masne, président de l’Association des Amis de l’Abbé Jean Carmignac

  • Un homme de Dieu nous a quitté pour rejoindre le Père,la Vierge Marie et tous les Saints du Ciel dont il fait partie pour l’éternité maintenant.Monseigneur intercédez pour nous maintenant !

  • Un homme, un prêtre, qui savait épanouiir les coeurs par la beauté de son coeur et de son âme.
    Merci Seigneur pour ce qu’il a su nous donner grâce à. Vous

  • Mgr René Laurentin, grand défenseur des mystiques, avait tenu à assister à la 1ère journée nationale des amis de Maria Valtorta, le 28 mai 2016 à l’église d’Auteuil. Il avait d’ailleurs co-écrit, avec François-Michel Debroise et Jean-François Lavère, le monumental "Dictionnaire des personnage de l’Evangile selon Maria Valtorta". Ses obsèques auront lieu le vendredi 15 septembre à 10h30 à la cathédrale d’Evry.

  • J’ai eu la grâce de publier aux éditions Le Sarment Fayard plusieurs ouvrages de Mgr Laurentin. D’autres diront le grand théologien, le grand témoin de la Sainte Vierge... Pour ma part, je voudrais y ajouter le courage. Courage intellectuel car il eut à mener bien des combats contre des esprits infiniment moins scientifiquement armés que le sien... mais beaucoup plus installés dans l’air du temps. Courage physique ensuite car ni le grand âge, ni la cécité ne réussirent à entamer sa détermination. Il laisse une oeuvre considérable, particulièrement originale en ce qu’elle allie ferveurs populaires et investigations sans concessions.
    Il nous avait invité, ma femme et moi-même, à partager son repas à l’occasion de ses quatre-vingt ans. Nous n’avons pas oublié la messe qui l’avait précédé, pierre de gué sur notre traversée. Le voici sur l’autre berge. Il n’y est pas seul.
    Jean-Claude Didelot
    Pdt des Editions du Jubilé/Le Sarment

  • Merci pour tout Pére Laurentin

  • Je ne sais pas où le Père Laurentin puisait ses ressources pour écrire avec une telle abondance. Il était aussi passionnant à lire qu’à écouter.

    La dernière conférence à laquelle j’ai assisté (il y a une bonne quinzaine d’années) portait sur l’étonnante vie de Mère Yvonne Aimée de Malestroit à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages et de longues recherches.

    Les livres disparaissent trop vite des rayons des libraires, mais il doit bien s’en trouver encore quelques-uns (ses six tomes sur les personnes de la Trinité, par ex.) du P. Laurentin dans des librairies religieuses. A consommer sans modération...

  • un prêtre col roulé !

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