Mgr Aupetit à Notre-Dame

par Gérard Leclerc

lundi 8 janvier 2018

Comment ne livrerais-je pas mon impression d’assistant à la magnifique cérémonie d’installation de Mgr Michel Aupetit, samedi soir à Notre-Dame de Paris ? Tout concourait à une sorte de perfection de ce grand moment : la beauté de la liturgie avec ses chants d’une qualité exceptionnelle, la ferveur unanime du peuple réuni, le sentiment de vivre un de ces événements dont l’édifice de Maurice de Sully a été le témoin depuis ses origines médiévales. La présence des autorités civiles (le ministre de l’Intérieur, la maire de Paris…) ajoutait une note officielle. L’État, qui ne reconnaît et ne finance aucun culte, n’en était pas moins en quelque sorte solidaire de la communauté catholique qui constitue une part intégrante et vivante de la nation. À Notre-Dame de Paris, c’est tellement évident. L’histoire nationale est ici présente avec une densité difficilement égalable dans un autre lieu.

L’archevêque de Paris est forcément une figure dont le rayonnement dépasse le périmètre de la capitale. On pressent la charge qui repose sur ses épaules. Mgr Aupetit n’a-t-il pas révélé comment l’annonce de sa nomination l’avait, un moment, un peu écrasé. Et pourtant, il est apparu, samedi soir, souriant, supérieur à l’énorme pression qui pesait sur lui et, on le devine aussi, à la tension nerveuse qu’impose pareille cérémonie, avec sa solennité. N’étions-nous pas nous-mêmes très émus ? L’archevêque semblait comme porté par une grâce singulière.

Bien sûr, la liturgie surdéterminait tout. L’installation de Mgr Aupetit ne consistait pas dans une mise en scène, telle que la politique la pratique. Le successeur des apôtres exerce son autorité sous un mode bien particulier, et l’adhésion qu’il suscite ne s’adresse pas à un leader d’opinion. Le peuple chrétien identifie toutefois un chef. Un chef, c’est-à-dire étymologiquement une tête en qui il reconnaît l’autorité du Christ qui gouverne, qui enseigne et qui sanctifie. C’était extrêmement sensible à Notre-Dame, samedi soir, en la fête de l’Épiphanie, qui plus est. La fête de la manifestation du Seigneur aux nations. L’archevêque est avant tout le témoin prophétique de cette manifestation à destination de son peuple de Paris et bien au-delà.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 8 janvier 2018.

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