Mère Teresa : un miracle retenu au Brésil

par Natalia BOTTINEAU

lundi 21 décembre 2015

Le miracle retenu par la Congrégation pour les causes des saints pour la canonisation de Mère Teresa de Calcutta – peut-être le 4 septembre prochain pour le Jubilé des opérateurs et bénévoles de la miséricorde (2-4 septembre 2016) — est la guérison, en 2008, d’un jeune ingénieur du Brésil, du diocèse de Santos, dans l’État de São Paulo, Marcilio Haddad Andrino, atteint de huit abcès au cerveau.

Si la date était confirmée, ce serait à la fois un témoignage de la miséricorde célébrée par le jubilé et illustrée par toutes les œuvres de Mère Teresa, et un témoignage de l’engagement inlassable de cette sainte en faveur de la famille, au moment où l’on attend le document du pape François qui nouera la gerbe des deux synodes.

L’évêque de Santos, Mgr Tarcisio Scaramussa, réagit sur la page Facebook du diocèse à la reconnaissance par le pape François, le 17 décembre, d’un miracle attribué à l’intercession de Mère Teresa de Calcutta, survenu dans son diocèse en 2008 ; c’est donc lui qui a dû conduire la première enquête sur le miracle : «  Cette nouvelle qui est un motif de joie pour toute l’Église a été reçue par une allégresse intense dans notre Église de Santos (Brésil, État de São Paulo), où se produisirent des faits extraordinaires en 2008.  »

Il rappelle «  avec gratitude  » que déjà son diocèse a été le lieu d’un miracle — qui a eu lieu en 1994 — et a permis la canonisation de sainte Joséphine Bakhita en l’An 2000.

Pour l’évêque, la canonisation de Mère Teresa de Calcutta est un signe qui vient confirmer «  l’engagement à être une Église accueillante et missionnaire  ».
Il avoue, dans le vocabulaire du Document d’Aparecida que le pape François a fait connaître dans le monde entier, que «  Mère Teresa, qui a fondé les Missionnaires de la charité, est un grand stimulant pour notre sortie en direction des plus pauvres et aux périphéries existentielles. C’est une grande inspiration pour vivre l’Année sainte de la miséricorde, elle qui répétait que “nous devons aller au-devant des gens, car ils peuvent avoir faim de pain ou d’amitié."  »

Mgr Scaramussa dit attendre la «  confirmation  » de la date de la canonisation pour organiser les célébrations dans son diocèse.

Quant au P. Caetano Rizzi, promoteur de justice dans le procès diocésain sur le miracle, il révèle qu’il s’agit d’un homme d’une quarantaine d’années, qui vit actuellement à Rio de Janeiro et qui se porte bien, vit une vie normale, a deux enfants, et qui a été reçu premier à un concours de l’État fédéral. Il confie, au téléphone, à Radio Vatican en portugais : «  Et le miracle continue !  »
Il précise que la guérison de Marcilio Haddad Andrino a eu lieu en 2008 : celui-ci avait 35 ans. Jeune marié avec Fernanda, ils étaient en lune de miel à Gramado (État du Rio Grande do Sul) — justement ville natale du P. Rizzi —, quand il s’est senti mal et a été transporté à l’hôpital de sa ville, à Santos.
Il était déjà dans le coma et sous morphine en raison de l’intensité de la douleur. Les examens ayant révélé la présence de huit abcès d’origine bactérienne ou virale, dans le cerveau, provoquant une accumulation de liquides, il fut conduit en salle d’opération, le 13 décembre 2008. Il reprit conscience sur la table d’opération et il demanda : «  Qu’est-ce que je fais ici ?  » Les examens ont vérifié la disparition des liquides et la diminution de la majeure partie des abcès. Le 23 décembre, il rentrait chez lui : la guérison était totale, définitive, sans séquelles.

Juste avant l’intervention, Fer­­nan­da, qui est catéchiste, avait ap­pe­lé un prêtre, le P. Elmiram Ferreira, de la paroisse Notre-Dame d’Aparecida, pour lui conférer le sacrement de l’onction des malades. Le prêtre a raconté ces moments difficiles dans le journal diocésain de Santos, Presença Diocesana. Le père Elmiram, se rendit à l’hôpital pour le sacrement, apportant aussi une médaille de Mère Teresa, en disant : «  Priez Mère Teresa, elle va vous obtenir une grâce.  » Ils ont immédiatement prié Mère Teresa et ils ont placé la médaille sous l’oreiller du patient.

Pourtant, pour le médecin, la mort était inéluctable : il avait demandé à la jeune femme d’aller chercher des papiers et des vêtements, en prévision d’une issue fatale.

Mais au moment de l’opération, les abcès avaient disparu et le médecin, «  qui n’est pas chrétien  » — a précisé le P. Rizzi — a témoigné devant le tribunal : «  Je ne peux pas l’expliquer ! La science n’a pas de mot pour expliquer ce qui s’est passé. Sur 17 patients traités dans cette situation, 16 sont morts. Celui-ci seulement a survécu.  »

Puis «  le miracle continue  », explique le P. Rizzi. En effet, étant donné les médicaments reçus, les médecins estimaient que le patient ne pourrait sans doute pas avoir d’enfants. Mais il a aussi prié Mère Teresa pour cela, avec sa femme, et deux enfants sont nés, en parfaite santé.

Dimanche 13 décembre, le miraculé est venu dans la paroisse du P. Rizzi, prier Mère Teresa devant un tableau qui comporte une petite relique de la future sainte — un cheveu —, sans savoir que la reconnaissance du miracle allait arriver dans la semaine.

Le miraculé a déjà préparé les passeports pour lui, pour sa femme et ses enfants. Ils n’attendent que la date pour se rendre à Rome pour la canonisation.

Le P. Elmiram Ferreira a raconté une circonstance providentielle pour que le Saint-Siège retienne ce miracle et pas un autre pour la canonisation : le médecin qui a soigné le jeune homme est aussi celui qui a été appelé à soigner le pape François lors de la JMJ de Rio de Janeiro en 2013. Il avait alors saisi l’occasion pour raconter les faits au pape François qui a souhaité que Rome étudie le cas.

Le postulateur de la cause de Mère Teresa, le P. Brian Kolodiejchuk, le délégué épiscopal pour le tribunal local, le Mgr Robert Sarno et le P. Caetano Rizzi y ont travaillé, à Santos, entre le 19 et le 26 juin 2014.

Et en mai dernier, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, SJ, a confirmé que la Congrégation pour les causes des saints étudiait la guérison. Elle a dû être examinée par la commission des médecins du dicastère romain, puis, avec leur feu vert, par une commission de théologiens, avant d’être confirmée par le Pape lui-même.

C’est la seconde fois que le pape François choisit, pour le jour de son anniversaire, de promouvoir la cause d’un saint. En 2013, en recevant ce même jour également le cardinal Angelo Amato, préfet du dicastère romain, il avait annoncé qu’il inscrivait le jésuite français Pierre Favre (1506-1546), co-fondateur de la Compagnie de Jésus, au nombre des saints. Une façon pour le pape François de rappeler l’appel universel à la sainteté de Vatican II dont il a marqué le 50e anniversaire de la clôture, très symboliquement, par au contraire l’ouverture de la Porte sainte de la miséricorde à Saint-Pierre, le 8 décembre.

C’est que pour le pape François, ses deux anniversaires sont étroitement liés, le jour anniversaire de sa naissance, le 17 décembre, et le jour anniversaire de son baptême, de son entrée dans l’Église, le 25 décembre, baptême dans lequel s’enracine pour tout chrétien cet appel à la sainteté rappelé par le Concile.

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