Méditer sur du solide

par Gérard Leclerc

jeudi 31 décembre 2020

© Philippe Lissac/GODONG

En cette fin d’année plutôt morose, il vaut mieux réfléchir que se laisser aller à la mélancolie ou à des projections illusoires. Pour peu que nous ayons des responsabilités à l’égard des autres, de nos proches en particulier, c’est sur du solide qu’il importe de nous fonder…

En cette fin d’année si singulière, je ne m’efforcerai pas de faire un bilan que d’autres dresseront beaucoup mieux que moi. Tout juste me permettrai-je de revenir sur un thème que j’ai esquissé les jours précédents. Il n’est pas facile d’être optimiste en cette période qui se charge de nous casser les bras à force d’interdits. La mélancolie a de bons motifs de s’infiltrer en nous, au point de nous paralyser. Certes, il est toujours permis de rêver au monde d’après qui serait, dit-on, forcément différent du monde d’avant, après une telle épreuve. Mais l’expérience de ce début de siècle nous invite à nous méfier des engouements trop rapides. Ainsi la thématique de la mondialisation heureuse a plus que du plomb dans l’aile, et ceux qui croyaient à une sorte d’avènement d’une après-histoire, suite à la chute de l’empire soviétique, ne peuvent que remâcher leurs désillusions. Ce n’est pas pour autant qu’il faut se laisser aller au scepticisme paralysant. Ce serait, à l’égard de ceux qui nous suivent, enfants et petits-enfants, une faute très lourde.

Et puisque la mélancolie semble toucher aussi une part des fidèles de notre Église forcément marquée par le climat ambiant, il y a lieu de réfléchir sérieusement à notre situation, sans nous laisser trop impressionner par ceux qui s’engagent dans des procès comminatoires. Ce n’est rendre service à personne que de démolir une institution, qui est toujours à réformer dans le régime, l’économie qui lui est propre. Un certain nombre de documents peut aider à notre réflexion. Je suis attaché, pour ma part, à ceux que l’on pourrait appeler classiques, car leur densité de contenu les fait échapper à la contingence. C’est le cas de la Méditation sur l’Église du cardinal de Lubac, que je consulte souvent. Dans un moment difficile, il convient de méditer sur du solide, non de l’éphémère.

En attendant cette fin de journée, tous mes vœux pour l’an qui vient !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 31 décembre 2020.

Messages

  • Le vaccin anti covid 19 est-il dans le solide médical du temps présent ?
    65 000 morts recensés en attendant de voir la courbe de poursuivre inexorablement, on s’étonne de voir la frilosité de ceux qui instruisent notre vie spirituelle face à la pandémie et son cortège funéraire ininterrompu.
    "La grippette" passagère de l’hiver fait des victimes de la pandémie à qui "les complotistes qualifiés de surcroit d’obscurantistes" n’ont pu répondre pour la plupart qu’en attendant des jours meilleurs qui ne viennent pas encore.
    Sont ce des sujets aimant le risque, ou craignant les conséquences d’un vaccin aux prolongements méconnus ?
    On espère contre tout espoir un témoignage courageux de ceux qui ont charge d’âme, bergers de la nativité en responsabilité d’un troupeau de fidèles en attente d’autre chose.
    Courage et témérité faute de mieux, si par précaution il n’y a pour l’heure que cette solution vaccinale qui ne guérit pas mais isole "les covidés" de tout risque de propagation pandémique.
    On regarde les asiatiques comme des sujets de soumission, d’obéissance et de sujétion aux autorités sanitaires dans leurs pays.
    L’Europe batifole en des process des plus alambiqués.
    Aux uns la presse pour le vaccin à grande échelle, aux autres le libre choix du jour et de l’heure, aux autres encore l’isolement volontaire de toute sociabilité comme des solitaires qui pensent le salut personnel, au plus loin possible de toute vie commune.
    Méditer sur du solide, dit le maitre chroniqueur du jour, Agissez sans tarder disent les sommités de la recherche pour éviter le pire.
    Loin des mirages des anti politiques, ceux que l’on désigne à la vindicte populaire comme des coupables de la situation actuelle.
    Il n’y semble possible de charger ces derniers qui au demeurant, sont aussi démunis que chacun de nous.
    La vie humaine sauvée et sauvable désormais est la seule issue possible pour l’humanité tout entière.
    On se souhaite les uns des autres un propos écologique embrassant la nature et ceux qui l’habitent dans un seul et même espoir partagé d’une survie en commun, sans rupture, sans faille, sans sectarisme.

    Le bon sens aura valeur de foi et de loi, si nous renonçons à ces partis pris où la confusion généralisée instruit la défiance, et la peur des autres.
    Le virus le plus désenchanteur est dans l’esprit humain, quand il sacrifie la vie à tout remède supplétif de mécontentement révulsif et déviant.
    Chercher le solide là il se trouve.
    L’histoire qui s’écrit désormais jugera le risque encouru par ceux qui osèrent, ceux qui renoncèrent, ceux qui ne sachant pas doutèrent enfin de l’entendement du temps présent.

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