Fête de la présentation au Temple*

Mariage ou célibat ?

par Frédéric Guillaud

vendredi 5 février 2021

Le mariage de Joseph et Marie, cathédrale de Spire, Allemagne.
© Fred de Noyelle / Godong

La virginité est-elle un état supérieur ?

Voilà une question délicate ! Indéniablement, l’Évangile affirme la supériorité de la continence perpétuelle sur l’état conjugal. Le Christ, qui en donne l’exemple par sa vie, l’enseigne explicitement quand il évoque ceux qui sont «  eunuques pour le Royaume  » (Mt 19, 12), et saint Paul l’affirme en donnant à ses auditeurs le conseil de rester vierges s’ils le peuvent (I Co 7). Les oreilles modernes – et pas seulement elles – ont un peu de mal à entendre ce discours.

On veut bien admettre qu’il faille ressembler aux anges, anticiper la vie du paradis, et pour cela fuir les ardeurs inquiètes de la concupiscence… Mais n’y a-t-il pas là une sorte d’exaltation dangereuse, une ambition excessive, une sorte d’hubris spirituelle ? Car, comme disait Pascal, «  qui veut faire l’ange fait la bête  », et à trop contraindre les instincts naturels, on peut les voir se débonder dans le plus grand désordre. Un tel conseil n’est-il pas contre-nature ? Pire : n’est-il pas contraire à la loi de Dieu, qui a demandé aux hommes de croître et de multiplier ?
Essayons d’y voir clair.

La virginité pour tous ?

On peut d’abord se demander, à la façon d’un moraliste kantien – pour ne pas dire protestant – s’il n’y a pas une sorte de contradiction, et donc d’immoralité dans le conseil de virginité : en effet, si tout le monde suit cette voie, l’humanité disparaît ! Chose amusante, saint Thomas d’Aquin avait lui-même imaginé cette objection : «  S’il est bon qu’un seul vive dans la continence, il est meilleur que beaucoup le fassent, et le mieux est que tous le fassent. Mais cela aurait pour conséquence que le genre humain disparaîtrait. Il n’est donc pas bon qu’un homme vive dans la continence complète  » (Contre les gentils III, 136). Objection cohérente, semble-t-il, avec l’injonction divine à peupler toute la terre (Gn 1, 28).

La réponse ne se fait pas attendre : d’abord, la virginité n’est pas un précepte – à la différence des Dix Commandements – mais un conseil de perfection : «  Pour ce qui est des vierges, je n’ai point d’ordre du Seigneur ; mais je donne un conseil […] il est bon à un homme d’être ainsi  » (I Co 7, 26). Il n’est donc pas imposé à tous les hommes d’opter pour la continence perpétuelle, ni aucun des conseils évangéliques qui définissent la vie des moines (pauvreté, obéissance, chasteté).

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

* Nous venons de célébrer le 2 février, la Fête de la présentation au Temple à l’occasion de laquelle a lieu la journée de la vie consacrée.

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