Macron annonce des mesures sociales et une ouverture politique

par Denis Lensel

mardi 11 décembre 2018

En réponse à la grave crise du mouvement des « Gilets jaunes », Emmanuel Macron a annoncé à la fois des mesures sociales et une ouverture politique, dans le cadre d’un « nouveau contrat pour la nation ».

Parlant de décréter un « état d’urgence économique et sociale », le président de la République a décidé quatre mesures : la hausse du SMIC de 100 euros par mois dès 2019 (contrairement aux propos circonspects du Premier ministre et des ministres de l’Économie et du Travail, Bruno Le Maire et Muriel Pénicaud…), cela sans aucun coût pour l’employeur ; le retour à la défiscalisation des heures supplémentaires, une mesure de Nicolas Sarkozy qui avait été supprimée par François Hollande… ; le versement d’une prime exceptionnelle de fin d’année sans impôts ni charges par les employeurs en mesure de le faire ; et l’annulation de la hausse de la CSG (Contribution sociale généralisée) pour les retraites de moins de 2000 euros.

Sur le plan politique, pour régler la crise de la représentativité - qui se traduit notamment depuis de longues années par des taux très élevés d’abstention aux élections – Macron a dit vouloir que des « citoyens qui n’appartiennent pas aux partis » puissent être « admis » dans le débat public. Faut-il y voir un geste en direction des « Gilets jaunes » désireux de manifester leurs requêtes dans le domaine civique ? C’est ce qu’on pourra voir bientôt, à l’approche des élections européennes, et de la grande consultation nationale annoncée sur les thèmes concrets de la mobilité et de la fiscalité… Le chef de l’État a également souhaité « une loi électorale plus juste » et la « prise en compte du vote blanc ». Il a aussi annoncé qu’il allait rencontrer les maires de France, région par région.

Enfin, tout en condamnant avec fermeté les violences « inadmissibles » de ces dernières semaines, Emmanuel Macron a aussi cherché des mots d’apaisement, avec un mea culpa d’un ton très nouveau, admettant qu’il lui est « arrivé de blesser certains » par ses propos. Et… que son gouvernement « n’a pas su depuis un an et demi » répondre assez vite ni assez fort « aux 40 années de malaise qui ressurgissent »… Une manière de rappeler aussi que les motifs de mécontentement des Français ne datent pas de son propre mandat, loin s’en faut…

En revanche, toujours avec vigueur, il a dénoncé ceux qui ont cherché à « dévoyer des colères sincères » et les « irresponsables politiques », voyant en eux « le désordre et l’anarchie » comme « seul projet ». Se tournant vers les Français, il a cherché à les assurer de sa proximité : il s’est déclaré conscient qu’il ne tire sa « légitimité » que d’eux, et « d’aucun parti, d’aucune coterie », faisant ici une référence implicite à la tradition de la Ve République.

Emmanuel Macron sera-t-il entendu et compris des citoyens dans le contexte actuel de trouble et de doute ? Les jours prochains nous le diront.

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