Lorsque tout est permis…

par Gérard Leclerc

lundi 22 février 2016

L’offensive fait rage sur les réseaux sociaux, alimentés par certains sites très vindicatifs, tels Rue89 ou Golias. Un seul exemple signé Raphaël Glucksmann sur le net : « Le cardinal Barbarin ou l’éternel retour de Tartuffe ; s’opposer à la loi Taubira et à l’adoption par les couples homosexuels par “souci de l’enfance”, tout en protégeant un prêtre pédophile. Gloire absolue de Molière. Applicable à tous les bigots dont ils se réclament, ainsi qu’à tous les autres promoteurs de pureté identitaire. Tartuffe, pièce malheureusement on ne peut plus contemporaine. » Lorsqu’on connaît le cardinal Barbarin, son parcours, notamment auprès des lycéens qui lui en gardent une éternelle reconnaissance, cette attaque contre sa personne n’est pas seulement scandaleusement injuste, elle est complètement diffamatoire. Peu importe la nature du dossier à Raphaël Glucksmann, qui visiblement s’est fié, sans examen superflu, à la seule accusation proférée vingt-cinq ans après les faits reprochés (hélas ! à juste titre, puisqu’ils ont été reconnus par le coupable). Pas un seul moment, le procureur ne s’est intéressé aux précédents de l’archevêque de Lyon, qui a appliqué son principe de tolérance zéro, dès qu’il a été averti d’atteintes sexuelles à des mineurs par des membres de son clergé, s’étant déroulées sous son épiscopat. Il aurait pu aussi examiner une pièce tout à fait significative produite par un hebdomadaire local qui avait tenté de piéger Philippe Barbarin sur le sujet et rapporta fidèlement sa ligne de conduite rigoureuse.

Mais le fils d’André Glucksmann (auquel me relient quelques souvenirs précieux au temps de La cuisinière et le mangeur d’homme) ne cherche qu’à régler des comptes. Il n’a pas digéré la lutte du cardinal contre la loi Taubira, et l’occasion est trop bonne pour le traiter de Tartuffe, tout en avalisant la thèse absurde d’une protection d’un pédophile. Philippe Barbarin n’aurait pas toléré un seul instant qu’il soit porté atteinte à des enfants par un de ses prêtres et s’il avait été averti d’une quelconque récidive, il aurait procédé comme il l’avait fait pour deux autres coupables. Mais calomniez, il en restera toujours quelque chose ! Raphaël Glucksmann devrait savoir que déjà les régimes totalitaires avaient utilisé ce genre de procédés pour discréditer l’Église catholique. Un tel exemple devrait peut-être le retenir de sacrifier à ce type de méthodes douteuses. S’il trouve le rapprochement insupportable, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même, qui n’a pas hésité sur les moyens pour discréditer l’adversaire.

Pour aller plus loin :

Messages

  • C’est à gauche que se trouvent les Tartuffe, ceux qui à longueur de journée prétendent nous donner des leçons de morale. Je porte le cardinal Barbarin dans mes prières ainsi que ses contempteurs.

  • "...déjà les régimes totalitaires avaient utilisé ce genre de procédés pour discréditer l’Eglise catholique...", c’est une des phrases qui viennent en conclusion de l’article de G. Leclerc.

    De temps à autre déferlent brusquement des déchainements d’accusations, dans les réseaux sociaux et sur des sites spécifiques, contre des hommes d’Eglise (et pas seulement), d’abus sexuels sur des enfants, etc... Et, on dirait, curieux effet de hasard, dans la plus grande majorité des cas, ce sont des prêtres de la seule l’Eglise catholique qui sont désignés du doigt. Ceci dit, on doit regretter qu’il ait existé et existe ce genre de déviance dans cette catégorie de personnes. Aujourd’hui c’est Mgr Barbarin qui est accusé en France de "couvrir" un pervers. Comme un degré plus haut, si je peux dire, on atteint ici un cardinal. A tort ou à raison, je ne me permettrais aucun jugement. Mais il est clair qu’à travers des accusations virulentes contre des prêtres, des prélats et autres, c’est l’Eglise catholique qu’on veut salir, oui, salir, ce qui va encore plus loin que "discréditer". Et depuis quelques années, l’arme idéale pour ce faire est des plus ignobles : la pédérastie. (pédérastie est le terme le plus exact, me semble-t-il, pour désigner des abus sexuels d’adultes sur des enfants ou des adolescents. Ignorant la raison pour laquelle le mot "pédophilie" est utilisé, et n’en étant pas d’accord, je l’utiliserai contre mon gré, l’essentiel est de me faire comprendre).

    Quelques questions que je me pose tout de même :

    - dans le cas présent, les victimes, maintenant souvent pères de famille agés de 35, 40 ou 45 ans, qui, se souvenant de leur période de "scouts" et avec force descriptions et détails, forment une association et attaquent le père Peynat (qui aurait avoué, lettre à l’appui). Et, par je ne sais quelle combinaison de dates et de circonstances c’est le Primat des Gaules et cardinal qui se retrouve au devant de la scène ;

    - en me souvenant du "scandale" provoqué par une déclaration de Benoit XVI sur le préservatif, à partir de l’avion vers Yaoundé, c’est aujourd’hui François, dans l’avion le ramenant du Mexique, qui, d’après les media, "vise" Mgr Barbarin...

    Cette histoire de déclarations en plein ciel me donne à réfléchir...

    Pour mémoire et pour résumer : on connait le battage médiatique pour demander "le mariage des prêtres", et je me souviens de débats tonitruants d’il y a quelques années, où des femmes "vivant avec des prêtres" déballaient leur vie personnelle sur le petit écran avec moult et croustillants détails intimes. Comment oublier la séquence où, leur consoeur qui menait le débats, devant l’amplitude du sujet et la multitude de ces femmes à l’ombre de soutanes, a crié à l’une d’elle : "Mais où est-il vot’ mec ? Pourquoi ne vient-il pas avec vous exposer lui aussi ses doléances ?"... Passons.

    Il me semble être allé trop loin sur le sujet, mais un mot sur "l’amitié intense" de Carol Wojtila, plus tard Jean-Paul II et aujourd’hui Saint JP II, "amitié intense" ayant fait le tour de la planète, une question m’étonne depuis deux ou trois jours : l’annonce de la probable implication de Lech Walesa comme collabo ... Quand on se souvient du soutien de Wojtila à Solidarnösc... Mais n’anticipons rien...

    Attendons une éventuelle suite avec son lot de "scoops", réels ou supposés... s’abattant sur l’Eglise catholique et, qui sait, les saints...

    Sur la terre comme au ciel...

    MERCI.

    apparemment, l’arme idéale pour abattre quelqu’un que l’on veut voir disparaitre. Ce billet, que je voudrais bref n’est pas pour prendre parti pour ou contre, n’en ayant pas les moyens et encore moins la volonté de le faire. Mais ce que je me permets de dénoncer c’est cette rapidité avec laquelle, à peine un mot ou une phrase lancés, des media s’en emparent pour les transformer aussitôt "l’affaire du jour",

  • André Glucksmann a été un communiste fanatique , un maoïste ! par exemple, puis un anti communiste fanatique,je crois même qu ’il a appuyé Bush en Irak toujours sur le même mode. Je ne crois pas qu’il ait compris vraiment Soljenitsyne . En fait il haïssait viscéralement la Russie pour des raisons personnelles . ( Très différent d’un Pierre Daix, qui non sans noblesse a reconnu ses erreurs ;
    Son fils est un fanatique mais je dirais plus petit que le père, qui était quand même un philosophe. Alors passons.

    • Le fils est plutôt une sorte de grand cornichon creux (*) mis en selle sur la scène médiatique par un papa profitant de son entregent et de ses derniers restes (très décatis) de célébrité.
      Ses élucubrations filandreuses n’offrent pas un grand intérêt. Sa “philosophie” tient à peine la comparaison avec les discours verbeux de quelques personnages du Pilote post-68...

      Le mieux qu’il puisse faire, c’est qu’il retourne auprès de son épouse qui occupe des fonctions ministérielles dans le gouvernement Porochenko-Iatséniouk (comme quoi être un thuriféraire forcené des thèses atlantistes ne paie pas toujours à hauteur des prétentions planétaires).

      « Raphaël Glucksmann devrait savoir que déjà les régimes totalitaires avaient utilisé ce genre de procédés pour discréditer l’Église catholique »

      Mais il le sait parfaitement : la Junte de Kiev EST un régime totalitaire. C’est même là qu’il apprend en direct les ficelles du procédé...

      * les cornichons (on ne les cultive plus guère en France, l’industrie les importe) poussent très vite - il faut donc les cueuillir vite - mais deviennent peu consommables lorsqu’ils sont devenus des sortes de gros concombres mous et creux...

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