Les ordinations

jeudi 24 juin 2010

Samedi, le cardinal-archevêque de Paris procèdera à l’ordination sacerdotale de neuf jeunes hommes de son diocèse. Le peuple chrétien est directement associé à l’événement. Il sera présent dans la cathédrale et sur la parvis où plus de dix mille participants sont attendus. Il en sera de même, d’ailleurs, à Lyon, où l’archevêque a voulu que cette cérémonie soit une fête pour les prêtres, avec la possibilité de leur exprimer, par des messages exposés sur la primatiale, la reconnaissance de ceux qui ont bénéficié de leur ministère. Ce n’est que justice ! Le Pape avait voulu qu’une année soit consacrée au sacerdoce, sous le patronage du saint curé d’Ars. Elle a connu un beau succès. Son couronnement a eu lieu à Rome avec quelques 15 000 prètres réunis place St Pierre. On n’avait jamais vu cela. Le sanctuaire d’Ars a connu toute l’année une fréquentation continue. Des presbyteriums entiers s’y sont rendus autour de leurs évêques. J’ai été impressionné par cette unanimité qui m’est apparue à la fois comme un signe du ciel et comme la manifestation d’un mouvement de fond qui traverse toute notre Eglise.

Et pourtant, nous savons que cette même année a été celle d’une épreuve terrible pour les prêtres. La révélation de scandales dont les enfants ont été victimes, a entraîné une campagne médiatique d’une rare violence. Je n’y reviendrai pas aujourd’hui, sauf pour émettre l’idée que cette épreuve nous a placés au centre même du mystère de la rédemption et du sacerdoce. Ce qu’il y a de redoutable dans le ministère des prêtres, c’est qu’ils se trouvent plongés dans la réalité même de l’iniquité qui menace notre humanité. Il est investi complètement dans ce combat dont Bernanos disait qu’il se déroule sous le soleil de Satan. Mais c’est pour cela que le prêtre est le ministre du sacrifice rédempteur, le dispensateur de la grâce de la réconciliation et de la communion.
C’est bien la raison pour laquelle il y a eu une telle unanimité autour de Jean-Marie Vianney. Je me souviens de toute une campagne qui avait eu lieu au moment de la visite de Jean-Paul II à Ars et qui dénonçait l’anachronisme de cette référence à un petit prêtre du dix-neuvième siècle, qui n’avait rien à voir avec les réalités et les mentalités d’aujourd’hui. Une telle querelle apparaît aujourd’hui dérisoire, car en dépit des décalages historiques et sociologiques, il y a la permanence d’un sacerdoce qui nous dispense toujours autant les dons de Dieu. Pourquoi les hommes et les femmes du dix-neuvième siècle se précipitaient-ils massivement vers ce minuscule village des Dombes ? C’est parce qu’il y avait là un irrécusable témoin de Jésus Christ, qui, prêtre, leur rendait la paix intérieure, la consolation du cœur, et leur ouvrait la source de la joie. Bien sûr, cet homme était un ascète, un héros du détachement à l’égard de soi. Cela aurait pu effrayer. Au contraire, cela rassurait, parce qu’on savait que Jean-Marie Vianney n’était voué qu’au seul service de la grâce qui guérit et remet debout.

C’est bien pourquoi, le peuple chrétien sera dans les cathédrales et sur leurs parvis, car il sait le privilège indépassable du sacerdoce qui actualise la présence du Christ qui nous sauve, c’est à dire libère notre capacité d’enfants de Dieu dont le secret est d’aimer !

Chronique lue le 24 juin sur Radio Notre-Dame

http://www.france-catholique.fr/Un-deuxieme-tirage-pour-la.html

Paroles de futurs prêtres (Lyon)

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