Les martyrs d’Égypte

par Gérard Leclerc

lundi 29 mai 2017

Le récit est succinct, mais sa sobriété en dit plus qu’un long discours. Je l’ai lu sur le site du quotidien Libération. Une femme, Mariam, raconte ce qui s’est passé lors de l’attentat de vendredi dernier, qui a fait 29 morts en Égypte, 29 coptes parmi lesquels des enfants. « “Ils m’ont pris mon frère. Ils lui ont tiré une balle sous le menton puis une autre dans le cœur” dit-elle dans un dernier filet de voix. On l’entend à peine, ses yeux tournés vers le ciel, les mains tendues vers le souvenir de son frère quand il lui souriait encore quelques minutes avant de monter dans le bus. Comme des dizaines d’autres chrétiens, le jeune homme se rendait vendredi dernier, veille du ramadan, en pèlerinage au monastère Saint-Samuel en plein désert. Ils sont tombés dans une embuscade, revendiquée dès le lendemain par le groupe État islamique. “Une dizaine d’hommes masqués et armés nous ont coupé la route. Ils nous ont demandé de renoncer à Dieu. On leur a dit non, il n’en est pas question. Alors le massacre a commencé.” » Ces derniers mots, sont d’un témoin survivant à la tuerie.

La situation n’était pas la même qu’à Manchester, où le kamikaze s’est fait exploser au milieu d’une foule. Là, les victimes étaient ciblées d’avance et condamnées en raison de leur foi chrétienne. Ces chrétiens sont des martyrs au sens le plus ancien du christianisme. Ils ont explicitement donné leur vie, en témoignage de leur foi. En lisant le court article de Libération, j’ai pensé spontanément aux martyrs de Lyon, dont la mémoire est si vive dans l’ancienne capitale des Gaules. L’événement s’est passé en 177. On célèbrera dans quelques jours le martyre qui a eu lieu un 2 juin. Dans des circonstances certes bien différentes, ces chrétiens parmi lesquels il y avait le premier évêque de Lyon, saint Pothin, ont refusé de renier leur foi, ainsi qu’on le leur demandait pour avoir la vie sauve. 2000 ans après, c’est la même geste qui se poursuit, c’est le même témoignage qui est offert. Comment n’en pas ressentir profondément la leçon, dans un univers moral souvent sceptique ? La foi n’a rien à voir avec une simple fidélité culturelle, de nature patrimoniale. Aujourd’hui encore, sa véracité se démontre dans le sacrifice qui se rapporte au sacrifice unique du Christ qui nous sauve.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 29 mai 2017.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Nous devons admirer ces coptes, descendants des premiers chrétiens convertis par saint Marc, devenus minoritaires après l’invasion musulmane et systématiquement discriminés, et qui résistent sur leur propre terre et par refus de se convertir deviennent des martyrs comme ceux des premiers siècles. Il faut
    montrer que nous tous français catholiques sommes solidaires et fiers d’eux

  • Le monde est en ébullition : des conversions en Iran, de nombreuses église construites en Chine...
    Le "nahash" voit le monde lui échapper alors qu’il semble en être le maître... alors il frappe !
    Ne cessons pas de prier. Il y aura encore de nombreux martyrs et la souffrance du peuple de Dieu ira jusqu’à la fin des temps...

  • Il est difficile de s’abstenir de rebondir sur ce sujet depuis toujours, si l’on peut dire, d’actualité. Oui, depuis toujours d’actualité, en faisant humblement remarquer que - comme le disait un ami chrétien du Moyen-Orient - malgré les persécutions et autres inquiétudes dont les chrétiens orientaux sont l’objet depuis toujours - on ne trouvera chez eux aucune posture victimaire, aucune sorte d’ esprit de revanche, plus précisément comme il l’exprimait : "nous n’avons pas, en général, la fibre de la victimisation". Et cela peut-être facilement constaté dans des déclarations de clercs et de laïcs qui parlent de pardonner, de suivre le Christ, etc. Cela serait-il dû à leur mentalité, à leur culture, à leur façon d’interpréter les évangiles, à leur histoire jalonnée - comme plus tard, celle de l’Europe et au-delà - d’épreuves et de discriminations du fait d’être chrétiens ?

    Sans entrer dans des considérations culturelles, religieuses, politiques ou autres, continuer à prier et à aider ces frères en Christ est, peut-être, le moyen le plus efficace pour les aider à surmonter leurs souffrances.

    "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font". Jésus en Croix avait vu juste.

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