Les débats ne sont pas tranchés

par Gérard Leclerc

mardi 29 novembre 2016

La victoire écrasante de François Fillon dimanche est de bon augure pour l’élection présidentielle, mais il reste de rudes étapes à parcourir pour parvenir au but. La première étape n’est peut-être pas la plus difficile. Ayant déjà réussi à s’adjoindre l’état-major et la troupe sarkozystes, François Fillon devrait aussi s’acquérir ceux qui se sont reconnus dans la personne d’Alain Juppé, en dépit de blessures inévitables. Ainsi, trois droites se retrouveraient réunifiées sous la houlette du nouveau leader : la droite dite conservatrice qui lui a permis de l’emporter au premier tour, la droite bonapartiste de Sarkozy et la droite centriste de Juppé. Mais le compte n’y est pas, car il manque, pour faire une majorité électorale véritable, tout un peuple déclassé, celui de la France périphérique qui continue à se reconnaître en Marine Le Pen.

Et il est vrai qu’un certain discours libéral peut contribuer à maintenir et même approfondir la rupture avec cette France-là. Henri Guaino s’en est fait l’avocat, en contestant durement certains aspects du programme de François Fillon, rejoignant ainsi le réquisitoire de Florian Philippot. Qu’en est-il du gaullisme social, que ce compagnon de Philippe Seguin semble avoir abandonné ? L’intéressé se défend en répondant que c’est le retour au plein emploi qui permettra de remédier aux maux du chômage et de la pauvreté. Mais la discussion est ouverte et promet de faire rage dans les prochains mois.

Il y a d’ores et déjà une controverse intéressante à propos du gauchissement opéré par la contamination chevènementiste du Front national, où la France profonde de droite ne se reconnaîtrait pas. Mais il y a aussi une discussion ardente dans certains milieux catholiques, pas forcément de gauche, qui ne reconnaissent pas la doctrine sociale de l’Église dans un programme digne de la Dame de fer. Et l’anti-libéralisme du pape François, si sensible dans son encyclique sur l’écologie, irait à l’inverse des orientations d’une politique économique, dominée par les canons de l’orthodoxie financière. Je ne trancherai pas ces débats, mais ils sont dignes d’attention et ont le mérite d’approfondir les enjeux de cette bataille qui va durer jusqu’au printemps prochain.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 29 novembre 2016.

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