ENTRETIEN AVEC JEAN-FRANÇOIS CHEMAIN

Les convertis de l’islam rempliront nos églises

propos recueillis par Frédéric Aimard

vendredi 12 avril 2019

Après avoir enseigné l’histoire en ZEP, où il a approfondi son amour de la France et du Christ, Jean-François Chemain, publie un recueil de témoignages. Il donne la parole à d’anciens musulmans convertis à la foi catholique en France. Et pose de graves questions.

Les convertis venus de l’islam viennent de pays divers, mais les situations sont souvent les mêmes, qui les font se remettre en cause...

Jean-François Chemain : Les convertis que j’ai rencontrés ont en effet régulièrement été confrontés à des chocs brutaux, comme la maladie, l’abandon parental ou conjugal, une grande frayeur, une agression, un deuil, qui les ont conduits au fond du trou, les acculant à crier vers Dieu… Et c’est alors Jésus qui leur a répondu !

Signe des temps, beaucoup témoignent de révélations intérieures : songes, apparitions, mi­racles… Y a-t-il quelque chose qui s’explique spécifiquement par la civilisation islamique dont ils viennent ?

Une jeune femme m’a confié être persuadée que c’est son éducation musulmane qui l’a prédestinée à rencontrer le Christ. Les musulmans sont plus naturellement croyants que les «  post-chrétiens  » que nous sommes. L’existence de Dieu est pour eux une évidence, mais Il ne s’est pas donné à eux comme Jésus. Alors ils Le cherchent inlassablement, à tel point qu’Il choisit de se révéler à certains d’entre eux.

Mahomet n’a pas fait de miracles. Cela revient souvent dans les rai­­sons avancées pour leur passage à la foi chrétienne. En quoi est-ce déterminant ?
La personne de Jésus, telle que le Coran lui-même la donne à connaître, montre en effet que lui seul a fait des miracles. Le contraste interpelle plus d’un fidèle. Et souvent on constate que la première question qu’ils se posent entraîne la déconstruction de toute leur croyance.

La vérité pour les chrétiens n’est pas une idée mais une personne. Est-ce cela que ces nouveaux convertis nous rappellent ?

Tous les convertis que j’ai interrogés insistent sur le fait qu’ils n’ont pas rencontré une morale, une philosophie, une communauté, mais une Personne. Ils ne disent pas avoir quitté l’islam pour le christianisme, mais pour le Christ : distinction essentielle !

Vos témoins manifestent souvent une soif intellectuelle. Quel est le rôle du débat d’idées dans la conversion ?

Il est en frappant de constater que l’accès à la culture intellectuelle française, ou occidentale, même laïque, a été le déclencheur de nombre de conversions. Un converti considère que c’est le contact de Molière et Zola qui l’a ébranlé. Pourtant ce ne sont pas spécialement des auteurs «  chrétiens  ». Un autre note que le fait de sortir, en arrivant en France pour ses études, du petit cocon intellectuel protecteur que sa culture religieuse avait mis autour de lui, a été décisif. Notre culture laïque est à ce point issue du christianisme qu’elle prépare intellectuellement certains, c’est paradoxal, à la rencontre avec le Christ. Ou en tout cas l’espace de liberté qu’elle apporte peut faire s’effondrer les certitudes antérieures.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans notre magazine.

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