Les catéchèses du mercredi

par Gérard Leclerc

jeudi 3 septembre 2015

Hier, je marquais l’originalité du pape François, qui échappe aux catégories dans lesquelles on voudrait l’enfermer. Je reviens aujourd’hui sur le sujet, car je suis souvent insatisfait de la façon dont l’information rend compte de sa personnalité et de son enseignement. Il me semble que l’on ne fait pas suffisamment attention, par exemple, aux propos tenus lors des audiences du mercredi, où le pape s’exprime avec la spontanéité qu’on lui connaît, mais aussi avec une belle détermination pour aller jusqu’au fond de la question qu’il traite. Cette question, c’est en ce moment celle de la famille, sur laquelle il ne se lasse pas de revenir sous tous les aspects. Comment s’en étonner puisqu’il a pris l’initiative de réunir deux synodes là-dessus, et que le second va bientôt s’ouvrir. C’est qu’il s’agit de l’espace même où se déploie l’existence la plus concrète, et que c’est dans cet espace là que la différence chrétienne peut s’affirmer pour changer notre conception du monde.

Je retiens ainsi une seule phrase de l’allocution d’hier : « Un sourire miraculeusement échappé du désespoir d’un enfant abandonné, qui recommence à vivre, nous explique mieux l’action de Dieu dans le monde, plus que mille traités théologiques. » François ne méprise nullement la théologie. Il est aussi sous un autre rapport un homme de grande culture et un intellectuel raffiné. Mais il est persuadé que la théologie n’a de sens qu’à s’exprimer existentiellement. C’est pourquoi il est si friand de gestes concrets. C’est pourquoi il ne cesse d’en appeler à l’expérience personnelle. Il ne s’agit pas d’oublier les exigences de l’Évangile, il s’agit de montrer en actes comment elles s’incarnent. Ce n’est pas parce qu’il considère moins que ses prédécesseurs l’avortement comme une plaie au flanc de notre espèce, pour parodier Bernanos, qu’il prône le pardon. C’est parce qu’il le sait trop bien qu’il veut agir au plus proche de toutes celles, en particulier, qui en ont été blessé. Oui, écoutons le pape François. Il nous ouvre à la vraie vie.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 3 septembre 2015.

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