Le vote catholique

par Jean-Gabriel Delacour, chroniqueur de l’Acip

lundi 25 mai 2009

Le journal La Croix a publié le 19 mai un sondage Ifop réalisé du 29 avril au 7 mai auprès de 1 741 personnes inscrites sur les listes électorales, dont 1 071 ont été retenues comme se déclarant catholiques, réparties entre 250 pratiquants et 821 non-pratiquants. Il faut noter que, depuis un certain nombre d’années, sont considérés comme pratiquants ceux qui participent à l’eucharistie une fois par mois ; en réalité, les catholiques vraiment pratiquants — ceux qui se rendent à la messe tous les dimanches et qu’on dénomme ailleurs messalisants — ne sont pas spécifiquement pris en compte et sont estimés à 4-5 % de la population, l’ensemble de ceux qui se déplacent au moins une fois par mois étant évalué entre 10 % et 15 %.
Concernant les intentions de vote aux élections européennes, l’étude place l’Ump largement en tête et confirme que les pratiquants votent majoritairement à droite. L’Ump recueillerait 42 % des votes des pratiquants tandis que l’alliance Philippe de Villiers – Frédéric Nihous en récupérerait 14 %. Le MoDem et le Ps feraient jeu égal à 16 %, tandis que les écologistes suivant Daniel Cohn-Bendit en attireraient 5 % et le Front national 4 % — le reste étant négligeable et peu significatif.

Il en ressort également que ce vote des pratiquants diffère de celui des non-pratiquants, en revanche très proche de celui de l’ensemble des Français. Les non-pratiquants voteraient à 28 % pour l’Ump — 26 % pour le total des Français —, 4,5 % pour le tandem Villiers-Nihous — 5 % —, 14 % pour le MoDem — même chiffre pour la population globale —, 20 % pour le Ps — 21,5 % —, 7,5 % pour les Verts — 8 % — et 10,5 % pour le Fn — 7,5 %.
La première — et très évidente — conclusion, c’est l’ancrage à droite des catholiques, particulièrement les pratiquants ; on sait d’ailleurs qu’un phénomène semblable touche les protestants, même s’il s’avère plus difficile à mesurer. Certains ont été tentés d’expliquer ce mouvement de droitisation par l’âge des catholiques pratiquants, l’Ump recueillant ses meilleurs scores dans les catégories âgées de plus de 65 ans. En réalité, ce concept doit être manié avec précaution, puisque tout observateur peut constater la présence aux messes dominicales de familles nombreuses — dont les enfants, il est vrai, ne votent pas.

Il est certainement plus intéressant d’observer que les catholiques pratiquants abandonnent en grande partie Jean-Marie Le Pen pour Philippe de Villiers et Frédéric Nihous. On peut raisonnablement supposer que la persistance des affirmations très radicales du président du Front national, jointe à des prises de distance avec les positions du magistère catholique sur l’euthanasie ou l’homosexualité ont contribué à cette évolution. Dans le même ordre d’idées, on peut éventuellement avancer que le gauchissement de François Bayrou, notamment sur la question de la laïcité, ne lui apporte pas, malgré l’héritage démocrate-chrétien de son parti, plus de voix qu’au Ps.

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