Le voile, problème politique

par Gérard Leclerc

mardi 22 octobre 2019

Il m’arrive dans cette chronique d’ignorer des sujets, qui, pourtant, agitent l’opinion et provoquent de véritables tempêtes médiatiques. Ainsi la querelle du voile qui ne cesse d’alimenter l’actualité et qui est récurrente depuis de nombreuses années. J’avoue mon peu d’enthousiasme à entrer dans la danse. Non que le sujet m’indiffère ou que je le trouve mineur. Simplement, l’analyse du fait social qu’il constitue me paraît parfois délicate. Je rencontre souvent dans mon entourage des femmes voilées et il me semble que leur nombre s’est accru sensiblement. Certaines d’entre elles ont mis du temps à adopter le voile ou le foulard. J’en ignore les raisons. Est-ce par mimétisme, par contagion, par conviction ? Qui suis-je pour juger et je n’ai aucune envie de les interroger, encore moins de leur faire le moindre reproche ? C’est une question de conscience.

Quand le problème est devenu une affaire, c’était avec les lycéennes de Creil en septembre 1989, plusieurs intellectuels, dont je me sens souvent proche, avaient réagi vigoureusement. Je comprenais leurs raisons, mais il me semblait que des mesures coercitives risquaient d’aggraver plutôt que de faire disparaître le malaise. N’y avait-il pas des moyens pédagogiques aptes à faire évoluer les mentalités et converger les opinions vers un consensus satisfaisant ? Je reconnais pourtant que l’objection principale contre le voile était sérieuse. Il n’était pas possible d’ignorer un mouvement mondial de radicalisation islamiste, qui avait trouvé en partie son origine dans la révolution islamique en Iran. Il ne s’agissait pas seulement d’un signe religieux, mais bel et bien d’un marqueur politico-religieux. Dès lors, le politique ne pouvait que s’en emparer.

Par ailleurs, je ne peux ignorer non plus les exigences de la nécessaire intégration des personnes venues d’autres aires de civilisations dans la société qui est la nôtre, même si elle peut donner lieu à divers accommodements. On ne peut sous-estimer les risques d’une société qui se segmente et qui se fragmente, au point de faire coexister des populations différentes avec des mœurs différentes, des cultures différentes. Le président François Hollande craignait la sécession de certains quartiers devenus complètement étrangers par rapport à la civilité commune. Oui, il y a bien un problème du voile que les politiques ne peuvent ignorer. Comment le résoudre ? C’est une autre histoire !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 22 octobre 2019.

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