Le style personnel de Macron soulève des vagues

par Denis Lensel

jeudi 29 juin 2017

« Président impérial » selon les uns, homme qui « veut parler tout seul en majesté » selon d’autres, pour ceux qui ne vont pas jusqu’à dénoncer une « dérive pharaonique »… Le style de pouvoir personnel adopté par Emmanuel Macron ne fait pas l’unanimité dans une classe politique pour le moins bousculée dans ses habitudes…

Le nouveau Président de la République convoque le Congrès à Versailles dès lundi pour faire un discours solennel au Parlement réduit à… l’écouter, avant que son Premier ministre n’intervienne à l’Assemblée nationale devant les députés qui pourront alors le questionner. Et le 14 juillet prochain, le Président Macron ne rencontrera aucun journaliste à l’Elysée, contrairement à ses cinq prédécesseurs qui avaient tous accordé des interviews à cette occasion…

Jupitérien, Emmanuel Macron ne laisse pas accéder si facilement à son Olympe personnel ceux dont c’est le métier, ou le mandat, de poser des questions aux dirigeants. Sur le ton de la dignité offensée, Mélenchon, le chef de file des élus sans-culottes (et sans-cravattes) de la « France insoumise » annonce son intention de boycotter la réunion du Congrès à Versailles. Il parle même de haranguer le peuple Place de la République… Ah ! ça ira, ça ira, ça ira… ou ça n’ira pas… Sait-on jamais, avec des insoumis ?

Messages

  • Il ne s’agit pas seulement de style personnel . Il s’agit d’une forme de pouvoir qui enfreint gravement les règles constitutionnelles.

    Élu par une infime minorité électorale (les scores du deuxième tour ne sont pas d’adhésion mais une instrumentation d’une frontinationalphobie artificiellement cultivée ; il faut se référer au 1er tour), le président Macron a tout de suite mis en place une pratique autocratique (celle-ci était déjà visible en filigrane durant la campagne) qui rompt avec les traditions de la Ve République.

    Plus grave, la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) est ouvertement bafouée.
    S’appuyant sur une majorité législative introuvable, le monarc (anagramme de Macron...) s’efforce de réduire à néant l’autonomie de l’Assemblée nationale. L’OPA récente sur les présidences internes n’est qu’une des péripéties de cette confiscation du pouvoir législatif.

    Le prochain "discours du trône" à Versailles en est une autre.

    On a beau ricaner sur les gestes quelque peu infantiles posés par les Insoumis pour manifester leur refus, il n’en reste pas moins que l’indignation de Mélenchon est à prendre en haute considération.

    En accaparant toutes les citadelles du législatif, le monarc’ entend bien contourner, au-delà des élus (dont une belle masse de "godillots"), la souveraineté d’un peuple qui, visiblement (les chiffres sont là), ne lui accorde que très minoritairement sa confiance.

    Le blanc-seing à été capté par surprise, il sera difficile à récupérer...

    D’autant plus que derrière l’emprise autocratique se trouve une lourde machine de guerre qui vient de faire la preuve de son efficacité. L’autocrate est au service d’une puissante oligarchie sans laquelle il ne serait rien aujourd’hui.

    Va-t-il s’en affranchir ? La créature va-t-elle échaper à ses démiurges ? Rien n’est moins sûr.
    Dans son tout nouveau costume de roi, le mari de Brigitte peut donner libre cours à son narcissisme débordant. La dure réalité pourrait toutefois souffler à échéance plus ou moins courte sur les paillettes du spectacle de marionnettes en train de s’installer et bouleverser le bel ordonnancement de cette Cour de pacotille que Macron 1er et ses médias s’ingénient à mettre en avant.

    Français Insoumis et souverainistes de tous bords pourraient perturber le spectacle (en dépit des dragonnades prévisibles que la coalition des roitelets de Bruxelles ne manquera pas de lancer pour mater cette insupportable plèbe qui prétend retrouver ses pouvoir).

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