Le sourire de la charité

par Gérard Leclerc

lundi 5 septembre 2016

Notre pape François ne pouvait manquer d’associer la figure de la désormais sainte Mère Teresa de Calcutta au Jubilé de la miséricorde. La miséricorde, ce n’est pas seulement le pardon que Dieu dispense dans sa générosité sans limite. Elle s’origine dans le mystère de la charité, qui est tout simplement le mystère de l’amour de Dieu. La sainte de Calcutta a été, pour son temps, le reflet de cet amour inconditionnel qui se manifeste dans la sollicitude la plus délicate à l’égard du plus pauvre des pauvres : celui qui est en train de mourir dans la rue, abandonné de tous. C’est la charité même, qui est l’amour du prochain, nous dit le catéchisme de toujours. Et le prochain, c’est celui qui est en face de nous, dont nous soutenons le regard avec toute l’attention affectueuse dont nous sommes capable en lui apportant l’aide que sa détresse réclame de nous.

J’ai connu toute une époque où le mot de charité était malvenu, où on l’évitait. Il était associé à la condescendance prétendue de dames d’œuvres ou de dignes messieurs qui faisaient l’aumône, comme on disait. Ce qui les dispensait par ailleurs de payer leurs employés selon les règles de l’équité. Il est possible que cette mauvaise image ait correspondu à une certaine réalité. Mais alors, c’était une trahison de la charité, en son sens évangélique incontournable. On préférait parler de justice et de justice sociale. Et il est vrai qu’une prétendue charité justifiant l’injustice avait tout pour écœurer et faire proscrire ce genre de pratiques. Mais ce n’était pas une raison pour proscrire le beau mot de charité, en oubliant sa signification véritable.

Certains ont reproché à Mère Teresa de pratiquer un genre de charité, qui semblait étranger à une vision de justice sociale. De fait, elle n’était pas une réformatrice de la société. Pas plus qu’elle n’aspirait à devenir une dirigeante politique. Elle ne délégitimait pas pour autant les réformateurs et les politiques. Sa mission à elle, c’était la charité la plus concrète, celle qui s’adresse à la personne même, pour qu’elle sache qu’elle est aimée. Aimée pour elle-même. Aimée de Dieu, aussi. De ce Dieu qui aime chacun d’entre nous, et d’une façon particulière ceux et celles qui sont les plus abandonnés. Le pape a dit, hier matin, qu’il serait impossible d’abandonner le vocable de « Mère Teresa ». Sainte, elle n’en sera pas moins toujours Mère Teresa, dont la sollicitude fut et demeurera ici-bas, avec son sourire, le reflet de la tendresse de Dieu.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 5 septembre 2016.

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