Traduit par Claude

Le seul personnage jamais annoncé à l’avance

Par Mgr Fulton J. SHEEN

dimanche 10 janvier 2016

L’Histoire est pleine de personnages qui ont revendiqué le fait qu’ils venaient de Dieu, ou qu’ils étaient des dieux, ou qu’ils portaient des messages venant de Dieu - Bouddha, Mahomet, Confucius, Christ, Lao-Tseu, et des milliers d’autres, jusqu’à celui qui fonde une nouvelle religion aujourd’hui même. Chacun d’entre eux a le droit d’être entendu et estimé. Mais comme il nécessaire d’avoir un critère indépendant et extérieur à ce qui doit être mesuré, ainsi il doit y avoir certains tests permanents disponibles pour tous les hommes, toutes les civilisations, et toutes les époques par lesquels il est possible de décider si l’un ou l’autre de ces prétendants, ou tous, peuvent être justifiés dans leurs prétentions.

Ces tests sont de deux sortes : la raison et l’histoire. La raison parce que chacun en est pourvue, et l’histoire parce que chacun y vit et devrait pouvoir en connaître un peu. La raison dicte que si chacun de ces hommes venait vraiment de Dieu, la moindre chose que Dieu pourrait faire pour soutenir sa revendication serait d’annoncer à l’avance sa venue.

Les fabricants d’automobiles disent à leurs clients quand ils doivent attendre un nouveau modèle. Si Dieu envoyait quelqu’un venant de lui avec un message extrêmement important pour tous les hommes, il semblerait raisonnable qu’Il prévienne d’abord quand son messager viendrait, où Il naitrait, où Il vivrait, la doctrine qu’Il enseignerait, les ennemis qu’Il se ferait, le programme qu’Il adopterait pour l’avenir, et a manière dont Il mourrait.

De la façon dont le messager se conformerait avec ces annonces, on pourrait juger de la validité de ses prétentions. En outre la raison nous assure que si Dieu ne faisait pas ceci, il n’y aurait rien pour empêcher un imposteur d’apparaître dans l’Histoire et de dire, « je viens de la part de Dieu « ou bien « un ange m’est apparu dans le désert et m’a donné ce message ». Dans de tels cas il n’y aurait aucune manière objective et historique de tester le messager. Nous n’aurions que sa parole pour cela, et bien entendu nous pourrions nous tromper.

Si un visiteur venait à Washington en provenance d’un pays étranger et disait qu’il est un diplomate, le gouvernement lui demanderait son passeport et d’autres documents certifiant qu’il représente bien un certain gouvernement. Ses papiers devraient être antérieurs à sa venue. Si de telles preuves d’identité sont requises des délégués d’autres pays, raison de plus de le faire pour de messagers qui prétendent venir de Dieu.

A chacun des prétendants, la raison demande : « Quelle archive précédant votre naissance annonçant votre venue y a-t-il ? ». (et à ce stage préliminaire le Christ n’est pas supérieur aux autres). Socrate n’a eu personne pour annoncer d’avance sa naissance. Bouddha n’a eu personne pour l’annoncer, lui et son message, ou dire le jour où il s’assiérait sous l’arbre. Confucius n’a eu archivé ni le nom de sa mère, ni le lieu de sa naissance, et ces informations ne furent non plus pas communiqués aux hommes des siècles avant qu’il arrive de façon à ce que lorsqu’il arrive, les hommes puissent savoir qu’il était un messager de Dieu.

Mais avec le Christ, ce fut différent. En raison des prophéties de l’Ancien Testament, Sa venue n’était pas inattendue. Il n’y eu aucune prédiction en ce concerne Bouddha, Confucius, Lao-Tseu, Mahomet, ou qui que ce soit d’autre ; mais il y eut des prédictions au sujet du Christ. Les autres sont juste venus et ont dit, « Me voici, croyez en moi ». Ils n’étaient donc que des hommes parmi les hommes et non le Divin dans l’humain.

Seul le Christ sorti de cette lignée proverbiale, « Etudiez les écrits du peuple Juif, et aux récits historiques des Babyloniens, des Perses, des Grecs et des Romains » (car à cette époque, les écrits païens et même l’Ancien Testament peuvent être considérés seulement comme des documents historiques, et non comme des oeuvres inspirées).

Il est exact que les prophéties de l’Ancien Testament peuvent être mieux comprises au regard de leur réalisation. Le langage de la prophétie n’a pas l’exactitude des mathématiques. Cependant lorsque l’on cherche dans les différents courants messianiques, et qu’on compare leurs résultats à la vie et à l’oeuvre du Christ, est-il possible de douter que ces anciennes prophéties ne désignent pas le Christ et le Royaume qu’il a établi ?

La Promesse de Dieu faite aux Patriarches, et par eux à toutes les nations de la terre seraient bénies ; La prédiction que la tribu de Juda dominerait les autres tribus israëlites jusqu’à la venue de Celui auquel toutes les nations obéiraient ; Le fait étrange mais indéniable, est que dans la bible des juifs d’Alexandrie, la Septante, on trouve clairement prédite la naissance virginale du Messie ; Seul le Christ a accompli les prophéties dans Isaïe 53 à propos du souffrant patient, du Serviteur du Seigneur, qui offrira sa vie en rémission des offenses de son peuple, des perspectives du Royaume glorieux et éternel de la maison de David.

D’un point de vue strictement historique, il y a là un caractère unique qui place le Christ à part de tous les autres fondateurs de religions de ce monde. Et lorsque ces prophéties furent historiquement accomplies dans la personne du Christ, non seulement il n’y eût plus de prophéties en Israël, mais encore il y eût une interruption des sacrifices lorsque le véritable Agneau de Pâques fut sacrifié.

Venons au témoignage des païens. Tacite, parlant pour les anciens romains dit : « Les gens croyaient généralement les anciennes prophéties , selon lesquelles l’Est dominerait, et que de Judas viendrait le Maître et le Souverain du monde ». Suétone, dans son récit de la vie de Vespasien, rappelle ainsi la tradition romaine, « c’était une croyance ancienne et constante dans l’Est que, que d’après d’anciennes prophéties indubitables, les Juifs obtiendraient les plus grands pouvoirs ».

La Chine avait les mêmes espérances ; mais parce qu’elle est située de l’autre coté du monde, elle pensait que le grand Sage naitrait à l’ouest. Les annales de l’Empire Céleste portent cette déclaration : dans la 24ème année de Tchao-Wang de la dynastie de Tchéou, le 8ème jour de la 4ème lune, apparue au sud-ouest une lumière qui illumina le palais du roi. Le monarque, touché par sa splendeur, interrogea les sages. ils lui montrèrent des livres dans lesquels ce prodige signifiait l’apparition du grand Saint de l’ouest dont la religion serait introduite dans leur pays.

Les Grecs l’attendaient, car Eschyle, dans son « Promethée" six siècles avant Sa venue écrivit « En outre, n’attendez aucune fin de cette malédiction avant que que Dieu n’apparaisse, pour accepter sur sa tête, à ta place, les conséquences de tes propres péchés.

Comment les Mages de l’Est ont-ils eu connaissance de Sa venue ? Probablement par les nombreuses prophéties qui étaient diffusées dans le monde par les Juifs, ainsi que les prophéties de Daniel à l’intention des Gentils, des siècles avant Sa naissance.

Cicéron, après avoir rapporté les annonces des anciens oracles et des Sibylles à propos « d’un roi que nous devons reconnaître pour être sauvés » demanda avec espoir, « à quel homme, et à quel période ces prophéties font-elles référence ? » La quatrième Bucolique de Virgile narre la même tradition ancienne et évoque « une femme chaste, souriant à son petit garçon, avec lequel l’âge de fer s’éteindra ». Suétone cite un auteur contemporain au sujet les effets de la grande peur des Romains à propos d’un roi qui gouvernerait le monde à tel point qu’ils ordonnèrent que tous les enfants nés cette année soient tués - ordre qui ne fut pas exécuté, sauf par Hérode.

Les Juifs n’étaient pas les seuls à attendre la naissance d’un grand Roi, un Sage et un Sauveur, car Platon et Socrates ont également parler du Logos et du Sage Universel « à venir ». Confucius parla du « Saint", les Sibylles d’un « Roi Universel », et certains dramaturges grecs d’un "Roi de l’Univers", d’un sauveur et d’un rédempteur pour sauver l’homme tombé par la faute de son tout premier ancêtre. Ainsi tous les païens étaient dans cette expectative.

Voici la différence du Christ par rapport à tous les hommes, c’est que Lui, Il était vraiment attendu. Même les Gentils espéraient un sauveur et un rédempteur. Ce fait-là distingue le Christ de tous les autres leaders religieux.

Un second fait à distinguer est que quand Il apparut, Il frappa l’histoire avec un tel impact qu’Il le divise en deux, c’est à dire en deux périodes distinctes : l’une avant Son arrivée et l’autre celle qui découle juste après. Pour Bouddha il n’en fût pas ainsi ni pour aucun des grands philosophes indiens. Même ceux qui nient l’existence de Dieu, comptent leurs attaques d’après lui, avant J.C.. et ainsi de suite, ou bien tant d’années après Sa venue.

Un troisième fait Le mettant à part des autres est celui-ci : Toutes autres personnes qui sont venues en ce monde, y sont venues pour vivre. Lui y est venu pour mourir. La mort fut la pierre d’achoppement pour Socrate - elle interrompit son enseignement. Mais pour le Christ, la mort était le but et l’accomplissement de sa vie, l’or qu’Il recherchait. Peu de Ses paroles ou de Ses actions sont compréhensibles sans la référence à la Croix.

Il se présentait lui-même comme un Sauveur plutôt qu’un simple enseignant. Il ne sert à rien d’enseigner aux hommes d’être bon à moins qu’Il leur donne le pouvoir d’être bon, après les avoir sauvés de la frustration de la culpabilité.

L’histoire de chaque vie humaine commence avec la naissance et se termine avec la mort. Cependant, dans la personne du Christ c’était sa mort qui était en premier, et sa vie était en dernier. Les écritures Le décrivent comme « l’Agneau égorgé comme tel, dès le commencement du monde ». Il était égorgé à cause du premier péché et de la rébellion contre Dieu.

Ce n’était pas tellement que Sa naissance jetait une ombre sur sa vie, et ainsi entraînait sa mort ; c’était plutôt que la Croix était première et jeta son ombre sur Sa naissance. C’était la seule vie en ce monde qui a été menée à reculons. Comme la fleur sur le mur lézardé, évoque la nature pour le poète, et comme l’atome est une miniature du système solaire, ainsi Sa naissance explique le mystère du gibet. Il alla du connu au connu, de la raison de Sa venue manifestée par le Nom de « Jésus » ou « Sauveur », jusqu’à l’accomplissement de Sa venue, à savoir, Sa mort sur la Croix.

Saint Jean nous donne Son éternelle pré-histoire ; Matthieu, sa pré-histoire temporelle, à travers sa généalogie. C’est significatif comme Son ascendance est reliée à des pécheurs et des étrangers. Ces tâches sur l’écusson de son ascendance humaine suggère une pitié pour le pécheur et pour l’étranger à l’Alliance. Ces deux aspects de Sa compassion seront jetés contre Lui comme accusations : « Il est un ami des pécheurs », « Il est un Samaritain ». Mais l’ombre d’un passé terni annonce Son amour futur pour les hommes souillés.

Né d’une femme, Il était un homme et pouvait faire un avec l’humanité ; né d’une Vierge qui avait été couverte de l’ombre de l’Esprit et « pleine de grâce », Il serait aussi en dehors de ce courant de péchés qui infectent tous les hommes.

Source : http://www.thecatholicthing.org/2015/12/25/person-ever-pre-announced/

Illustration : La Madone de Port Lligat par Salvador Dali, 1949


A propos de l’auteur.

Archevêque Fulton J. SHEEN

Fulton John SHEEN naquit à El Paso le 8 mai, 1895. Il étudia au Saint Paul Seminary dans le Minnesota et fut ordonné Prêtre en 1919. Après des études supérieures à la Catholic University, il fût reçu à un doctorat de philosophie à la Belgium’s Catholic University à Liège. En 1930 il commença une émission radiophonique le dimanche soir, « The Catholic Hour » et en 1951 SHEEN, alors évêque lança « Life is Worth Living » qui devint une des émissions télévisées les plus suivies en Amérique et qui lui fit gagner un « Sept d’Or » en 1952. Il fut élevé archevêque par la Pape Paul VI en 1969. Il mourut le 9 décembre 1979, et fut enterré dans la crypte de la cathédrale Saint Patrick. Il fut déclaré Vénérable Serviteur de Dieu par le pape Benoit XVI, le 28 juillet 2012.

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