Le secret du renouveau

par Gérard Leclerc

lundi 29 octobre 2012

Le cinquantenaire de l’ouverture de Vatican II, le Synode sur la nouvelle évangélisation, l’Année de la foi, autant d’invitations à réfléchir à la situation du christianisme dans le monde contemporain, en définissant risques et chances. Les interventions qui se multiplient sur le sujet ne sont pas d’égal intérêt. Beaucoup d’entre elles conduisent à des impasses, et il est symptomatique de constater que celles qui se réclament le plus de l’ouverture à la modernité, aux tendances contemporaines, à l’évolution des mœurs, sont celles qui apparaissent comme les plus obsolètes, les plus vieillies, comme si elle étaient porteuses d’un virus mortel. D’ailleurs, on le constate sur le terrain. Où sont les communautés les plus vivantes, celles qui associent tous les âges, attirent les jeunes, rassemblent familles avec enfants et bébés que l’on ne manquera pas d’associer à la liturgie eucharistique ? Ces réalités-là sont du côté d’une tradition ecclésiale assumée, tranquille, joyeuse, où l’on sait transmettre la foi de génération en génération.

Comment s’étonner que là où la critique de l’institution est amère, répétitive et lassante, la continuité n’est pas assurée et que les plans chimériques multiplient échecs et découragements ? Comment le sacerdoce serait-il perpétué là où il est sans cesse vilipendé ? Comment la culture chrétienne pourrait-elle se renouveler, se développer, alors qu’elle est réduite à néant, dès le moment où elle devrait pénétrer les esprits, les cœurs et les imaginations ? Un héritage qui n’est plus assumé, intériorisé, ne peut plus que s’étioler. Une communauté qui n’est plus capable de transmettre est promise au déclin. Quand se décidera-t-on à faire le bilan de certaines catastrophes pour en identifier les vraies causes ? Il ne s’agit nullement de s’enfermer dans la névrose du ressentiment, mais de promouvoir les clarifications nécessaires afin de rebondir. Ce n’est pas une question d’idéologie. C’est une question de vérité, qui se traduit notamment dans le langage et l’identification des modèles. Le langage de vérité se vérifie à l’écho qu’il nous renvoie. Saint Paul, saint Bernard, saint Vincent de Paul, saint Jean Bosco, saint Jean-Marie Vianney, saint Maximilien Kolbe s’exprimeraient-ils ainsi ? Leurs successeurs authentiques – cela ne fait aucun doute – témoigneront de la même vérité et renouvelleront la face de la terre. 

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