Coupe du monde de rugby

Le rugby, un sport pas très catholique ?

par Pierre Fissot

mardi 17 septembre 2019

US Oyonnax vs CA Brive.
© Fanny Schertzer

Le 20 septembre débute la 9ecoupe du monde de rugby au Japon. 620 joueurs vont s’affronter pour remporter le trophée Webb Ellis. Les relations de ce sport avec l’Église n’ont pas toujours été au beau fixe…

En 1823 en Angleterre, dans la ville de Rugby, à 40 km à l’est de Birmingham, de jeunes étudiants du collège de la ville profitent d’une belle après-midi pour jouer au football. Un de ces jeunes, William Webb Ellis, lassé des règles de ce sport, prend le ballon dans les mains et va le mettre dans le but adverse. La légende raconte qu’il a pressé tellement fort le ballon contre son cœur que celui-ci devint ovale. Par cette action, le futur pasteur anglican avait tout bonnement inventé un nouveau sport !

En France, le rugby débarque à la fin du XIXe siècle : le premier club se trouve au Havre, port de transit avec l’Angleterre. Il arrive ensuite dans le Sud-Ouest, grâce au commerce anglais sur la Garonne, pour devenir sa «  deuxième patrie  ».

Relation tumultueuse avec l’Église

Pourtant, la relation entre l’Église catholique en France et le rugby n’a pas été simple à l’origine. Ainsi, il n’était pas admis à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF), fédération dont la création est soutenue par l’épiscopat français à la suite de l’encyclique Rerum novarum du pape Léon XIII. Encyclique qui a conforté les patronages catholiques. En 1906, l’Église interdit même toute pratique du rugby dans les patronages catholiques en France.

Selon les historiens Joris Vincent et Laurence Munoz, cette mise à l’écart du rugby est due notamment à la violence de ce sport, et aussi à son influence protestante.

L’abbé Pistre, «  Pape du rugby  »

Cette méfiance a duré jusqu’à l’aube de la Première Guerre mondiale. à l’issue de ce conflit, la réconciliation a eu pour artisan l’abbé Pistre, surnommé «  le Pape du rugby  ». Grand joueur lui-même, il portait le jour de son ordination en 1923, sous sa soutane, le maillot de son club, le SC Albi. Au cours de son apostolat, il n’oubliait jamais sa passion, et faisait pratiquer le rugby aux jeunes, les emmenait aux stades… En 1934, vicaire à Castres, il entraîna même le club de la ville. Quelques décennies plus tard, en 1975, alors curé de Noailhac, une petite bourgade de la région castraise, il devint également commentateur pour TF1 lors du match France – Pays de Galles. Ce fut le premier match de rugby composé d’un duo de commentateurs.

Ce curé avait compris ce qu’il y avait de catholique dans le rugby : « Le rugby s’accommode merveilleusement des textes des Saints Évangiles car, au cœur d’une mêlée, il vaut toujours mieux donner que recevoir  », affirmait-il.
Aujourd’hui, les catholiques se sont réconciliés avec le rugby, de nombreuses paroisses, surtout dans le Sud-Ouest, possèdent leurs équipes de rugby, les internats catholiques sont également très férus de rugby. Toutes ces institutions se réunissent annuellement pour participer au «  Challenge des cathédrales  », un tournoi de rugby entre catholiques. Il existe aussi des lieux de recueillement pour les joueurs, comme la chapelle Notre-Dame du Rugby, à Grenade-sur-Adour, ou la chapelle de l’ovalie à Rocamadour.

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