Traduit par Bernadette Cosyn

Le rideau islamique... et les nôtres

par Matthew Hanley

jeudi 27 juin 2019

J’ai une argumentation en cours avec quelqu’un qui est allergique aux vérités exprimées avec insistance. J’admire également le talent artistique de la rhétorique discrète et je sais que la brusquerie peut parfois être contre-productive. Mais j’ai tendance à aimer tout autant les discours pugnaces – du moment qu’ils sont vrais.

Par exemple, le père Zakarias Botros, un prêtre copte qui a œuvré courageusement pour mener des âmes de l’islam au Christ, islam qu’il décrit comme « le plus grand canular monté contre la race humaine en 1 400 ans. »

C’est vraiment prendre position. Et un défi pour ceux d’entre nous qui supposent par réflexe que l’islam est l’une des « grandes religions » du monde. A-t-il dit cela par malice ou par ignorance ? Loin de là. Il dit que de nombreux musulmans cherchant authentiquement la vérité en arrivent à cette même conclusion qui change la vie. Le père Botros précise qu’il est conduit à « attaquer l’islam mais pas les musulmans, à les sauver parce qu’ils ont été trompés. Autant j’aime les musulmans, autant je déteste l’islam. »

Le problème ici n’est pas sa franchise, mais que très peu d’entre nous ont des connaissances sur l’islam, et de ce fait ne peuvent même pas commencer à évaluer ses revendications. Théodore Dalrymple, qui n’est pas chrétien, est l’un de ces rares connaisseurs, il conclut que l’islamisme « est si stupide, si absurde et intellectuellement sans valeur, si effroyablement catastrophique dans ses effets qu’on en devient presque nostalgique de l’époque du marxisme » tout en se hâtant d’ajouter que « ce n’est pas, hélas, un obstacle à sa propagation. »

Des mots durs, on ne peut le nier. Mais si ces évaluations téméraires étaient vraies ? Churchill a déploré, c’est connu, qu’un « rideau de fer » emprisonnait des âmes sans nombre à l’est de Berlin. Beaucoup appréciaient son opinion à sa juste valeur en ce temps-là – à savoir que le communisme est étouffant et inhumain. De nos jours, bien moins semblent perturbés que des millions languissent derrière un rideau islamique semblablement étouffant.

Churchill croyait également que l’esclavage ne s’éteindrait pas aussi longtemps que l’Islam exercerait son emprise, en raison de la façon dont il dévalue canoniquement et asservit les femmes. Autant nous professons détester l’esclavage et les mauvais traitements envers les femmes, autant le manque de tollé envers les pratiques habituelles dans les communautés islamiques est vraiment curieux. Sommes-nous supposés faire des exceptions pour l’islam en des matières morales aussi basiques ?

L’Occident fait peu de cas de l’infiltration islamique en partie parce qu’il est totalement indifférent à ce que l’Islam produit sur son propre sol. Ce n’est pas une position chrétienne – mais l’Occident se soucie-t-il encore du christianisme ? Beaucoup de gens semblent penser que notre terrain vague séculier représente une avancée par rapport aux vertus chrétiennes démodées. De vrai, la même animosité anti-chrétienne responsable du Rideau de Fer explique en partie pourquoi le rideau islamique descend sur des régions occidentales.

Tout comme nous ne prenons pas garde à la profondeur de notre effondrement spirituel catastrophique, nous ne prenons pas garde au fait que la misère la plus vive est si disproportionnellement concentré dans des pays dominés par la seule religion importante qui non seulement ne soutient pas une version de la Règle d’Or (Règle d’Or : traite les autres comme tu voudrais qu’ils te traitent) , mais y est fermement opposée. Le pape François et les « socialistes utopistes » sur Facebook ne rendent pas service aux musulmans (ni au reste d’entre nous) en apportant de l’eau au moulin de l’Islam ou en réprimant la critique de l’Islam.

Ce sont des sujets qui posent difficulté à la délicatesse. Mais c’est précisément le point : la délicatesse ne peut pas réconcilier ce qui est irréconciliable. Comme le fait remarquer William Kilpatrick : « ni l’Islam ni le Christianisme ne sont des religions modérées. » Toutes deux ont des exigences ; toutes deux proposent un sens de l’objectif qui s’est évaporé de tant de vies occidentales ; toutes deux s’adressent à toute l’humanité.

Mais quand leurs impératifs et préceptes incompatibles sont pris au sérieux, ils produisent des résultats radicalement différents. L’illettrisme dans de telles réalités religieuses n’est pas insignifiant mais dangereux.

A la suite des récentes attaques jihadistes au Sri Lanka, certains politiciens et organes de presse ont fait référence aux victimes, d’un ton embarrassé, comme à des « croyants orientaux ». Qui parle de cette manière ? C’était une tentative visiblement coordonnée pour tenter de minimiser le fait que les musulmans visent intentionnellement les chrétiens – et pour supprimer tout indice que l’islam encourage explicitement de tels actes mauvais.

En parlant de langage trompeur : avez-vous remarqué comment les mêmes médias semblent ne jamais oublier de mettre l’accent sur « saint », quand ils mentionnent le « mois saint des musulmans » pour parler du Ramadan, « le livre saint des musulmans » ou certain « site saint des musulmans ».

Je donne ici une vue d’ensemble, je ne cherche pas à insulter les musulmans respectables (qui sont nombreux) ni les multiculturalistes leurrés, dont beaucoup, avec bonhomie, veulent regarder « l’autre » positivement même s’il n’ont pas conscience de l’inspiration spécifiquement chrétienne de cet élan – qui est étranger à l’Islam.

Que certains musulmans, peu importe le nombre, s’opposent à l’Islam en rejetant les croyances sur l’infériorité innée des « infidèles » et la violence justifiée à leur encontre ne peut pas nous dire si, dans l’ensemble, l’Islam est saint ; les contestataires des vices que l’Islam consacre comme vertus suggèrent évidemment le contraire.

Et point plus important est urgent – et négligé : nous avons une identification faussée de ce qui est saint et de ce qui ne l’est pas. Toute la question est traitée comme interdite d’accès, et même inintelligible. Les profanations en cours des églises européennes, concordant avec la tradition islamique, sont donc accueillies principalement par le silence.

Tout cela donne crédit à l’observation qu’une bonne partie de l’Occident est en train de faire inconsciemment étalage d’un vœu de mort, avec lequel l’Islam est plutôt heureux de coopérer. Trouver Dieu et Sa sagesse apporte le bonheur et la vie ; alors que ceux qui Le fuient « exercent une violence envers eux-mêmes ; tous ceux qui me haïssent aiment la mort » (Proverbes 8:36).

Il est frappant comme cela décrit avec pertinence à la fois la Culture de Mort de la gauche et celle de l’islam – pratiquement textuellement dans le cas des jihadistes meurtriers.

Je suis ouvert aux suggestions visant à communiquer ces choses d’une manière modérée. Mais pour le moment, il est bien plus important que nous les voyions clairement. Et – je crois – que nous imitions Saint Paul qui parlait hardiment.

Matthew Hanley est membre du Centre National Catholique de Bioéthique. Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et non celles du Centre.

Illustration : « le pape Urbain II prêchant la Première Croisade » par Francesco Paolo Hayez, 1835 [Galerie di Piazza Scala, Milan, Italie]

Source : https://www.thecatholicthing.org/2019/06/19/the-islamic-curtain-and-ours/

Messages

  • Voilà Matthew Hanley qui revient avec l’esprit de William Kilpatrick comme toile de fond. D’où - en essayant la traduction - ce proverbe oriental : le contenu est déjà connu par l’adresse indiquée sur l’enveloppe. Et l’auteur d’avouer sa béate admiration pour le prêtre copte égyptien, Zakaria Botros, qui, explique-t-il, "a oeuvré courageusement pour amener des âmes de l’Islam au Christ". L’utilisation du passé composé - "a oeuvré" - laisserait donc supposer que le Zakaria Botros en question aurait terminé sa fervente mission apostolique au service du Christ. Et de se référer à Churchill et à un certain Darlymple (pseudo), pour en arriver à, derechef, à accuser "le pape François et les "socialistes utopistes" qui apportent de l’eau au moulin de l’Islam... en réprimant - entre autres - la critique de l’islam".

    Comme on le sait, Zakaria Botros livrait des discours d’un ton serein mais d’une virulence peu commune à partir de "Hayat TV" (La Vie TV) localisé à Chypre (dont on n’ignore pas non plus les propriétaires). Ces homélies apostoliques contre, pêle-mêle, le Coran, Mahomet, les hadiths et tutti frutti traversaient les ondes pour atteindre des millions d’auditeurs de par la planète, et n’est là qu’un des aspects des faits et gestes de ce Zakaria Botros, critiqué et rejeté par l’Eglise copte orthodoxe d’Egypte et interdit de séjour dans son pays. Mais, sans aller plus loin, à qui pourrait-on faire croire que les propos de Botros et leur violence ne se retourneraient pas contre ses propres coreligionnaires en Egypte et ailleurs ? Qui pourrait nier qu’en méprisant et en insultant de front et à outrance le Coran et Mohammed, ledit Zakaria Botros ne faisait que mettre encore plus en péril la vie des égyptiens chrétiens via les Frères musulmans et autres EI interposés ? Qui oserait affirmer que, dans ces conditions, Zakaria Botros n’était pas à la solde de ceux-ci et ceux-là, invisibles tout comme les ficelles qu’ils tirent, qui assènent destructions et chaos à travers la planète et spécifiquement, où en sont les choses, dans la région qui a vu la destruction de l’Irak, de la Syrie, les événements en Lybie, au Yémen, au Soudan, en Afrique et, récemment, en Asie etc...

    En conclusion, on pourrait apprécier le fait que Matthew Hanley ait l’honnêteté d’avouer : "... peu d’entre nous ont des connaissances sur l’Islam...", ce à quoi on est en droit de répondre tout aussi franchement que, dans ces conditions, on n’a que le droit de se taire, au lieu de folâtrer sur des ondes et écrits qui salissent untel et unetelle, essayant de semer encore plus de dangers, de discordes et de haines.

    La publication de cet article, loin d’être inutile est, au contraire, une opportunité d’essayer de mettre en garde contre l’ignorance crasse qui, volontairement ou non, fait courir le risque d’enflammer les esprits au lieu de promouvoir la paix. Il ne s’agit pas, en l’occurrence, de céder face à l’islamisme, mais au contraire de faire preuve de fermeté et d’intelligence qui relèvent de la simple prudence.

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