Droit des animaux

Le respect du vivant

par Frédéric Aimard

lundi 28 octobre 2013

Sous l’égide de la fondation «  30 millions d’amis  », vingt-quatre intellectuels français ont publié, le 24 octobre, un nouveau manifeste pour les droits des animaux.

Ce genre d’initiatives du «  gratin   » de l’intelligentsia peut susciter un recul instinctif. Va-t-on nous dire que «  les animaux sont des êtres humains comme les autres   », comme naguère une princesse au grand cœur ?

Trop souvent en effet, les droits des animaux sont défendus par des privilégiés qui se soucient peu des droits de leurs congénères humains.

Surtout que la mesure proposée ici paraît bien artificielle. Il s’agirait d’introduire dans le Code civil une nouvelle distinction, entre celle des «  biens immeubles  » et celle des «  biens meubles  » auxquels sont rattachés les animaux dans le Code Napoléon, «  au même titre qu’une armoire ou une chaise, ce qui est inacceptable pour la Fondation et ces 24 signataires, bien décidés à bousculer le droit !  » On créerait donc celle de «  biens sensibles  », pour mieux marquer que les animaux sont des êtres à ménager, ainsi que le reconnaît d’ailleurs le Code pénal, entre autres…

Et pourquoi pas ? Ce combat mérite plus que de l’attention, une adhésion sur le fond. Oui, tous les êtres vivants, et toute la Création dans son ensemble, mé­ritent un plus grand respect. L’homme est le gardien de la nature, nullement son propriétaire, et rien ne l’autorise à être un tortionnaire des animaux.

On est sidéré de voir qu’une des raisons de la crise de la filière porcine bretonne est la mise à des normes de «  confort  » pour les truies, qui restent pourtant dramatiques si on se réfère au sort de leurs ancêtres, il n’y a pas plus de 40 ans, avant l’industrialisation de l’élevage.

Depuis le 1er janvier 2013, une directive européenne exige que les truies reproductrices ne soient plus enfermée dans des cages individuelles de 65 cm par 246 cm (1,6 m2 par animal), mais dans des cases, de 32 mètres sur 2,2 mètres, accueillant vingt-six truies, soit 2,75 m2 par bête. C’est la moindre des choses pour cet animal très sociable.

La filière porcine allemande a pu surmonter ce surcoût en faveur des animaux, tout simplement en recourant à une main-d’œuvre importée d’Europe de l’Est. Des Roumains élèvent des porcs allemands pour 4 euros de l’heure, tandis que les Bretons «  bénéficient  » du salaire minimum garanti qui coûte plus du double. (Il n’y a pas de salaire minimum en Allemagne.) «  On comprend, indique le Bulletin d’André Noël à qui nous empruntons ces données, que notre voisin d’outre-Rhin ait pu ainsi augmenter ses exportations de porc désossé de 550 % ces dix dernières années contre 20 % en France.  » Et que les abattoirs français mettent la clef sous la porte…

Bien entendu la filière bovine n’est pas protégée et ne la sauveront pas du dumping social les projets actuels de fermes de 1 000 vaches où les animaux n’auront plus aucun contact avec la nature extérieure, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays européens…

Et il y aurait beaucoup à dire aussi sur la filière ovine, dans le collimateur d’une économie musulmane en filigrane…

Un agriculteur se suicide tous les deux jours dans notre pays. Pendant ce temps des populations entières meurent de faim à travers le monde. Notre regard sur la nature, les animaux et les hommes demande à être civilisé. Si une modification du Code civil y contribuait, ce ne serait pas cher payé.

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