Le progressisme de Macron

par Gérard Leclerc

jeudi 23 janvier 2020

Emmanuel Macron se veut progressiste selon son mot d’ordre de la présidentielle. Mais quel est le contenu de ce progressisme ?
© Rémi Jouan, CC-BY-SA, GFDL, Wikimedia Commons

Le président de la République a relancé dans le débat public le mot de progressisme, en invitant lors de sa campagne présidentielle les progressistes de toutes tendances à le rejoindre. Il est possible que du point de vue du marketing et de l’efficacité de la communication, c’était judicieux. Est-il sûr pour autant que le contenu du concept de progressisme avait été travaillé avec tout le soin nécessaire ? L’histoire des idées met en évidence sa malléabilité et on n’est pas forcément convaincu par les débuts d’explication de certains proches du chef de l’État. Doit-on penser à une idéologie, c’est-à-dire un système organisé pouvant se réclamer de certains courants de la pensée ou à un simple mot d’ordre ayant l’avantage de ringardiser son opposition ou ses opposants ?

Il est un domaine privilégié où le progressisme semble mieux marquer ses intentions émancipatrices, c’est celui des réformes dites sociétales. C’est d’ailleurs celui que la gauche s’est approprié depuis qu’elle a rompu avec son anticapitalisme marxisant. Faute de révolution économique, le changement décisif des modes de vie avec ce qu’ils supposent de rupture anthropologique est devenu un objectif essentiel. Que retiendra-t-on du quinquennat de François Hollande en dehors du mariage pour tous ? Emmanuel Macron a poursuivi dans le même sens avec des réformes que son prédécesseur n’avait pas osé mener à terme, comme la PMA élargie. Il semble, pour le moment, avoir exclu de son programme la légalisation de l’euthanasie, en faveur de laquelle milite pourtant un leader de la République en marche, le professeur Jean-Louis Touraine, le plus déterminé des partisans d’un tournant décisif en matière de transgression des limites.

C’est peut-être que le progressisme bute sur certains interdits, même lorsqu’ils sont obsolètes pour les plus idéologues. Ces interdits sont d’ordre moral, et une figure aussi emblématique pour la gauche que celle de Philippe Meirieu peut exprimer ouvertement sa crainte « d’un changement radical du rapport anthropologique de l’humain à la procréation ». Oui on non, le pouvoir progressiste est-il déterminé à suivre l’exemple de la Belgique et des Pays-Bas en matière sociétale, avec le test décisif de l’euthanasie ? On ne pourra échapper à un débat là-dessus, au terme duquel le progressisme sera mis en demeure d’énoncer son véritable contenu idéologique.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 23 janvier 2020.

Messages

  • La campagne élective est ouverte avec son lot de promesses pour satisfaire et convenir aux revendications individuelles de chacun, les plus singulières.

    Le Discours de Jérusalem a changé la donne lors de la cérémonie de Yad Vashem, lorsque le Chef de l’Etat évoque l’éducation de la jeunesse dans nos pays parfois complices sans le savoir du risque de pratiquer l’antisémitisme de cour de récréation ou de la rue,du stade ou du parvis de l’église comme posture de racismes et de négations des différences dans la société réelle qui est la nôtre.

    Avouer de la sorte les manquements ou les complicités éducatives de la part de ceux qui ont mission d’éduquer et d’enseigner l’histoire, les religions et les philosophies sociales sans oubli, sans calcul mémoriel, sans faire le tri arbitraire de ce qui doit être retenu ou abandonné, pour la jeunesse, est d’une audace inouïe..

    A l’autre bout de la chaîne de la vie il y a l’euthanasie plus ou moins programmée dans les esprits, _des pays européens en font leur modèles progressiste - mais en ces débuts de l’enfance et de la jeunesse des scolarités, il y a le refus des différences des autres que nous mêmes, qui demeurnte le défi majeur de l’Education Nationale en tous pays dont le nôtre.

    Ce progressisme des uns pourra sembler "régressisme" des autres, qui cultivent l’ambiguïté des tolérances permises pour charger ouvertement ce rappel à la vérité historique qui dérange les pédants du savoir objectif, définitif et inamovible de la vie sociale.

    Les signaux d’alerte sont au rouge, disent les plus courageux.

    La jeunesse est peu ou prou instruite de ces comportements racistes, anti sémites, homophobes, et oser l’affirmer détruit les forteresses le savoir des institutions les plus enracinées, dont les familles religieuses, et politiques, qui n’aiment guère cette incursion dans leur réseau, des trublions de l’intelligence.

    Les témoins vivants des guerres passées, de la shoah et des guerres civiles sont-ils sans intérêt désormais pour nous contemporains ?

    Le théâtre du monde n’a point renoncé à ces exterminations raciales qui ne sont pas antisémites mais ethniques. Le devoir de mémoire est donc bien nécessaire pour chaque époque de l’histoire du passé et en vue du futur de l’humanité.
    Instruire et éduquer ne seraient pas identiques dans le projet.
    Osera-t-on franchir le seuil de la première vers la seconde dans le cursus scolaire de la jeunesse.

    La présence du Ministre de l’Education Nationale à Jérusalem a du sens et de la dimension.
    Jérusalem, Cité de la Paix n’est pas une capitale parmi d’autres du monde.
    Le Discours de Jérusalem français et pour le monde, demeure prophétique dans le ton et le temps à venir.
    On nous le souhaite à l’occasion du rappel des 75 ans de la shoah !

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