Le procès Weinstein

par Gérard Leclerc

lundi 6 janvier 2020

Harvey Weinstein lors d’une remise de prix à New York en 200
CC by : ANDERS KRUSBERG / PEABODY AWARDS

À dire vrai, je me serais bien dispensé, en ce 6 janvier fête de l’Épiphanie, de commenter un événement particulièrement triste et qui me rebute profondément. Mais il revêt une telle importance sociale et morale, il conditionne tellement nos modes de vie qu’il est impossible d’y échapper. Et il y aurait même une sorte de lâcheté intellectuelle à l’ignorer. En effet, le procès qui s’ouvre aujourd’hui à New York contre le producteur hollywoodien Harvey Weinstein a bien une dimension hors-normes, pour reprendre l’expression d’une consœur. Non tellement parce que le prévenu risque la prison à perpétuité pour agression et pour viol, mais parce que l’affaire Weinsten est devenue emblématique de ce qu’on appelle le combat des femmes. Avec toutes les conséquences qu’a entraînées la révélation du caractère insupportable d’une domination dont se sont plaintes des dizaines de femmes.

Certes, Hollywood c’est un monde particulier, élitiste, bien au-delà de l’existence ordinaire de la plupart des hommes et des femmes des États-Unis et du monde entier. Mais la révolte qui est née du scandale a pris une allure de guerre généralisée. Ce qu’écrit à ce sujet la romancière Marie Darieussecq dans Le Journal du dimanche, ne peut que faire frémir et même atterrer. Car ce qui nous est décrit comme une réalité universelle ne nous donne, à nous pauvres hommes et forcément animaux de proie, aucune chance. Je cite : « TOUTES, nous avons été touchées contre notre gré, malmenées, insultées, salies. TOUTES, un type nous a mis un sexe sous le nez dans la rue. TOUTES. » Et Marie Darieussecq de poursuivre, implacable : « C’était un monde d’hommes et nous apprenions non à le changer, mais à tenter d’y circuler le plus discrètement possible. »

Certes, les chrétiens pourraient discerner dans pareil propos ce qui résulte de la situation déséquilibrée d’une humanité foncièrement peccamineuse. Certains parleront même de concupiscence invincible, à la suite de Martin Luther. Pour autant, faut-il se résigner à un tel pessimisme mortifère ? Est-il encore possible de réfléchir à ce que la Bible appelle l’Alliance sans laquelle, il n’y a plus de possibilité de vivre ?

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 6 janvier 2020.

Messages

  • Quand Mme Darrieussecq écrit "Toutes", elle n’énonce pas un fait, elle est dans l’idéologie. Non, toutes les femmes n’ont pas été victimes d’hommes odieux parce que, non, tous les hommes ne sont pas des êtres odieux. Cette prétendue élite intellectuelle qui n’est d’ailleurs ni une élite ni intellectuelle nous fatigue avec son nombrilisme et sa vanité. Il est vrai aussi que la médiocrité affligeante d’auteur de cette dame ne lui laisse que le champ de la mauvaise polémique. Relisons par exemple Romain Gary pour le plaisir de lire un vrai auteur qui écrit de très belles choses sur le couple - vous savez, un homme et une femme amoureux -, et laissons la littérature mais aussi l’humanité orphelines de personnes d’un tel talent.

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