Noël

Le plus grand événement de l’histoire

par Gérard Leclerc

jeudi 19 décembre 2019

Nativité, Sagrada Familia
CC by-sa : Jacinta lluch Valero

L’historien anglais Tom Holland, auteur d’un ouvrage monumental sur l’essence de la révolution chrétienne au cœur de l’Antiquité [1] en est persuadé : «  Nous sommes les éternels débiteurs du christianisme.  »

L’abaissement de Dieu

Aucun événement, aucune révolution intellectuelle et politique, rien n’est parvenu à dépasser ce qu’a d’exclusif et d’inouï le mystère chrétien. Celui-ci peut se résumer dans l’abaissement de Dieu mourant du supplice des esclaves, le pire que l’on puisse imaginer. La folie de la croix, saint Paul ne s’en réclamait-il pas déjà ? Mais rien n’aurait été possible sans la naissance de l’Emmanuel dans sa crèche de Bethléem. «  Notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la Vierge Marie.  » Il n’y a pas de Rédemption sans Incarnation et il n’y a pas de foi sans adoration du petit enfant dans l’humilité de son commencement. Un commencement qui fait descendre sur Terre l’immense joie du Ciel.

Les bergers sont avertis par l’ange de la grande joie, qui est celle de tout un peuple. Et ils sont accompagnés à la crèche, où repose le nouveau-né enveloppé de langes, par une troupe nombreuse de l’armée céleste qui chante la beauté infinie de cette naissance : «  Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime  » (Lc 2, 9-14). La lumière de l’avènement illumine toute la Terre et c’est la civilisation même qui s’en trouve bouleversée.

Toutes les sagesses antiques en ce qu’elles ont de supérieur seront désormais travaillées intérieurement par un dynamisme qu’elles méconnaissaient et une révélation qui transforme de fond en comble l’énigme du monde et l’existence humaine. Les dieux antiques étaient muets et ne pouvaient aimer les hommes. Le Dieu de la Révélation chrétienne, qu’annonce l’Ancien Testament, est tellement ami des hommes qu’il se fait l’un d’entre eux et leur permet d’accéder au cœur de l’amour trinitaire. C’est bien pourquoi il y aura désormais une joie d’exister qui est incommensurable.

Joie du cœur dilaté

Cette joie, nos ancêtres la manifestaient dans les grandes occasions en criant précisément «  Noël !  », l’expression même de leur cœur dilaté par la merveille du Christ sauveur. C’est cette joie que nous voulons partager avec vous tous, amis lecteurs, à la veille de la grande fête de la Nativité. Noël à tous, joie à tous !


[1Tom Holland, Les Chrétiens. Comment ils ont changé le monde, Éditions Saint-Simon, 615 p., 26,80 €.

Messages

  • Parler avec les divinités modernes des fils d’Apollon, de Neptune, de Jupiter et de tant d’autres qui peuplent le parterre et le cosmos des croyances contemporaines, ce langage des chrétiens d’hier et de demain.
    Un enjeu majeur du temps présent.
    Les divinités d’aujourd’hui peuplent l’espace et l’univers actuel.
    On les trouve dans les stades, dans le spectacle, dans les médias, et dans le rêve.
    Evoquer par un récit apologétique renouvelé ce territoire vierge, peu fréquenté et pour certains mal fréquentable, -quelle candeur de le penser- devient une nécessité pressante.
    Parler de la joie de vivre, de la foi d’y penser, d’oser proposer la mystique de l’esprit humain en quête de réponse, braver les tabous modernes de l’argent qui sauve "les retraites" et non plus les retraités, rêver le futur et oublier le passé, tout cela est superficiel, incomplet et insatisfaisant.
    On veut plus, mais dans quel monde ?
    Faire l’apologie de la foi des anciens, sans complexe, par vérité et fidélité à leurs convictions est désormais dans l’air du temps.
    Les idéologues modernes veulent une société du progrès mais de quels progrès parle-t-on ?
    Les sagesses antiques ont été visitées par une grâce particulière du surnaturel, par défaut de carence de naturel, qui conduit à l’impasse.
    Les païens seront-ils nos futurs maîtres, suite à des chemins de vie prométhéens de sincère adhésion, mais sans issue..
    "Apologia fidéi", quel gros mot désormais, s’il faut acquiescer à cette destination de l’intelligence et de la conscience personnelle, quand elle dit son désespoir de vérités mineures, insuffisantes des tenants de la pensée de certifiés de la raison.
    L’époque contemporaine est imprévisible, et réserve des surprises inspirées de ces conversions des esprits et des âmes d’une église dans ses débuts.

    Catéchiser sans visiter les pères de la foi, dans ces textes patrologiques inconnus pour la plupart est une invite à s’instruire de la Bible, Le Livre, La Parole, Les Mots pour le faire comprendre.

    Catéchiser, se quereller sur les formes liturgiques, ajouter le modus cantorum ne remplaceront jamais à la source l’inspiration originelle de la foi.
    Les témoins pour le faire savoir existent, et l’histoire du christianisme en ses multiples visages mérite de l’attention revisitée aujourd’hui, pour donner sens et faire sens à nos vies si dispersées par le monde des informations à petite dimension !

  • A la veille de la fête de la Naissance du Sauveur, comment rester indifférent à tout ce qui est conseillé pour le "réveillon" : les blocs de foie gras, les chocolats déclinés en tant et tant de préparations, la traditionnelle dinde apprêtée spécialement pour la circonstance... Il y a comme une concurrence effrénée entre les chaines TV pour nous présenter le meilleur afin que le réveillon de Noêl soit réussi. Mais, voilà : pas plus tard que ce matin, un médecin nutritionniste réputé débarque sur notre petit écran pour nous expliquer comment, à l’occasion du réveillon de Noêl, "éviter une indigestion", fin de citation. Suit un flot de bons et judicieux conseils.

    Pourtant, depuis toujours, pour fêter Noêl toutes les exceptions étaient permises : les savoureux repas préparés "maison" par les mères et ou les grand-mères, ces dîners qui réunissaient autour de la table, au-delà de la famille, des amis, des voisins, une passant inconnu... On dégustait plein de "bonnes choses" et les adultes ne manquaient de lever leur verre à "la santé de" etc... Pourtant, suite à de telles inhabituelles ripailles, comment se faisait-il que personne ne se trouvait, parole d’honneur, victime d’aucune sorte d’indigestion ?

    Partager ! Partager la grâce d’être réunis, partager son repas de fête et le réserver pour ceux qui manquent de tout, et autour de la crèche de Bethléem partager la joie d’accueillir Jésus... Partager ! Alors tout devient encore plus savoureux, plus lumineux et surtout...plus léger !

    A la suite de Gérard Leclerc, ici, et de Réginald ailleurs, Bon et Joyeux Noêl à tous !

  • Trois siècles pour que le christianisme commence à révolutionner le monde. Ce temps est le temps de Dieu, infini. Le nôtre sur terre est de quelques décennies. L’abaissement de Dieu est une prise d’élan vers la royauté sur terre. Louis IX l’avait compris, en rachetant la couronne d’épines

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