Coronavirus

Le pape François défend
le monde devant Dieu

par Denis Lensel

mercredi 22 avril 2020

Les chefs d’État du monde entier sont décontenancés par le Coronavirus, cette pandémie qu’aucun n’avait prévue. Chef spirituel sans pouvoir temporel, muni de la Sagesse de la Bible, le Livre de la Création, le pape François s’est fait l’avocat de l’humanité auprès de Dieu, le Créateur.

Le Pape prie aujourd’hui pour un monde incroyant ou sceptique qui ne priait plus. Successeur de saint Pierre, dépositaire des clés de la Vie éternelle, il intercède pour le salut de ce monde rongé par le matérialisme, et donc pour des hommes hantés par la peur de la mort.

Seul depuis Saint-Pierre de Rome étrangement vide, sous les yeux de milliards de téléspectateurs sidérés, du Vendredi saint au Dimanche de la Miséricorde, il a prié le Christ pour la délivrance du monde. Dans l’épreuve morale et spirituelle de ce confinement qui isole chacun en lui donnant la nostalgie de la fraternité, il a appelé tous les hommes, « fragiles et en même temps précieux », à « préparer l’avenir de tous, sinon il n’y aura d’avenir pour personne ».

Le fléau du Coronavirus est parti du dernier grand empire de l’athéisme, la Chine à la fois communiste et capitaliste, dont le dictateur actuel Xi Jinping avait prétendu effectuer une réécriture nationaliste de la Bible, par volonté de puissance personnelle. Un détournement profanateur de la Parole de Dieu. Une folie, au centre du monde moderne, qui lui-même bafoue la Création divine, et contrarie les lois de la nature, tant la nature humaine que l’environnement biologique et physique.

Pour une « conversion écologique » vers un « autre style de vie »

Les pays riches manipulés se sont laissé envahir par une « culture de mort » que les papes successifs, de Paul VI à François ont inlassablement combattu, au nom d’une « écologie intégrale » qui englobe tous les aspects de l’existence. Le pape François a renouvelé et complété l’Évangile de la Vie de Jean-Paul II et l’enseignement de Benoît XVI sur la « maison commune » des hommes dans sa propre encyclique de 2015, Laudato si’. Ce texte visionnaire appelle à « une conversion écologique » consistant à « miser sur un autre style de vie », à « tourner le dos à une étape d’autodestruction ». Il invite à progresser « dans la solidarité, dans la responsabilité et dans la protection fondée sur la compassion », en étant attentif à « la fragilité des pauvres et de l’environnement ».

Le « coronavirus » invisible a arrêté la marche de l’économie mondiale : il enraye les processus absurdes de la course financière au profit maximal et de la course guerrière aux armements ; il casse le rythme fou de la vie moderne des mégalopoles à la concentration urbaine incontrôlée ; mais il compromet l’avenir de populations entières…

« Une présence de l’Église à la souffrance du monde »

Chef spirituel de l’Église catholique, le pape François intercède pour le monde auprès de Jésus-Christ, devant Marie. « Dans cette situation jamais vécue auparavant dans toute l’histoire de l’humanité, il s’est fait le messager d’une présence très vivante et concrète de l’Église à la souffrance du monde », a déclaré son ancien porte-parole le Père Lombardi. Le Pape a demandé la remise de la dette des pays les plus pauvres.

L’Église peut sortir spirituellement renforcée de cette épreuve, d’autant plus qu’elle a commencé à payer un tribut douloureux à ce fléau, avec la mort de nombreux prêtres se dévouant auprès des familles touchées.

Sans tomber dans un désespoir catastrophiste, on ne peut cependant qu’être frappé par l’aspect proprement apo-calyptique des événements au sens étymologique de ce terme : le mot grec apocalypsis signifie la révélation née du fait de dé-couvrir : ici, c’est la toute-puissance de Dieu qui se révèle à travers la faiblesse insigne des hommes, dévoilée devant une épidémie mondiale d’une dimension sans précédent, que l’on ne parvient pas encore à contrôler… C’est ici que la prière de l’Église revêt toute son importance.

En cette singulière fête de Pâques accompagnée d’un chemin de Croix prolongé, le pape François a appelé les chrétiens et tous leurs frères à la « contagion de l’espérance ». Georges Bernanos disait que « l’espérance est un risque à courir ». Le moment est venu : ce risque incite à agir sans peur…

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Auteur de François le successeur, la complémentarité des papes, aux éditions Pierre Téqui, ouvrage disponible chez l’éditeur, et prochainement en e-book.

Messages

  • Un passage à retenir : "Seul depuis Saint-Pierre de Rome étrangement vide, sous le regard de milliards de téléspectateurs sidérés... (François) a prié pour la délivrance du monde." Ces lignes autoriseraient-elles une modeste tentative d’interprétation sur le plan de l’image tout aussi saisissante que les mots ? En effet, le spectateur a pu voir le pape, après la messe de Pâques, se diriger vers l’extérieur pour une allocution dense et éminemment politique.

    Importante est aussi la façon de montrer François traversant la basilique : la caméra balaye l’espace vide suivant le pape en "plongée", c’est-à-dire, n’est-ce pas, dans le langage cinématographique, une vue prise au-dessus du sujet le faisant voir plus petit que nature comme subissant un poids, un "écrasement", ce qui signifie une situation difficile, une réelle souffrance ; cette vue "en plongée" doublée du vide entourant le pape augmente d’autant le sentiment de solitude et de désarroi faisant du simple téléspectateur un être capable de partager la gravité du moment.

    Toutefois, au-delà du téléspectateur "sidéré" peut-être que l’immense vide de la basilique peut suggérer la nécessité, voir l’urgence de faire le vide dans son coeur d’encombrants superflus, d’inutiles bagages matériels, de manquements à la charité, faire le vide total, comme celui de Saint-Pierre de Rome en ces temps inédits et douloureux, pour laisser toute la place au Seigneur lui permettant d’y entrer plus facilement. Et L’accueillir comme le Seul Sauveur.

  • Serait-il permis de revenir à cet intéressant article mais, cette fois, sous un autre angle ? " :

    "Les chefs d’Etat du monde entier sont décontenancés par le coronavirus, cette pandémie qu’aucun n’avait prévue...". Mais, et brièvement : il semblerait qu’en 2018 l’OMS ait annoncé une pandémie causée par un nouveau virus et que c’est une certitude, mais on ne peut pas dire quand cela arrivera, que sera ce virus ni quelle sera sa force. Cette incertitude ferait que la grippe sera très différente de bien d’autres. (d’après "The Conversation").

    D’autre part, il semble que ce coronavirus soit parti de Chine, ce "dernier grand empire de l’athéisme", dont le Big Chief prétend devoir et pouvoir traduire la Bible selon ses vues. Toucher à la Bible serait une infâmie. Mais, on peut aussi penser à "Little Boy" tombé sur Nagasaki au siècle dernier, suivi de "Fat Man" largué sur Hiroshima, nombre de morts estimé entre 110.000 et 250.000, sans compter les terribles effets secondaires, maladies, brûlures et tant d’autres. Et, c’est en pleine pandémie de covid-19 que le chef de la Maison Blanche décide d’annuler sa participation financière à l’OMS... après avoir vivement conseillé de "prier et jeûner le mercredi des cendres"...

    Plutôt rester sur la belle phrase de Bernanos : "L’espérance est un risque à courir", complétée par cette autre de D. Lensel : "Ce risque incite à agir sans peur." Oh oui, sans peur...

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