Le monopole de la violence

par Gérard Leclerc

mercredi 25 novembre 2020

« Le monopole de la force armée ne s’exerce pas sans discernement ni mesure »
© Jacqueline Macou / Pixabay

Les affrontements qui ont eu lieu lundi soir, place de la République à Paris, reposent une nouvelle fois la question de la violence de l’État afin de défendre l’ordre public. Avant même d’examiner les faits eux-mêmes, qui provoquent des oppositions entre droite et gauche, il n’est pas inutile de revenir à une question de principe. C’est sans doute Max Weber qui l’a définie avec le plus de clarté, en parlant du monopole de la violence physique légitime qui revient à l’État, et à lui seul sur son territoire. Sans ce monopole, le risque est le déchirement du corps social, réglant ses propres conflits avec des factions armées. Ce principe n’est pas accepté partout, du moins avec la même rigueur. Il y a, en effet, l’exemple contraire des États-Unis où la détention des armes par les personnes privées est un droit garanti par le deuxième amendement de la Constitution. On sait les risques de cette disposition.

Mais le monopole de la force armée ne s’exerce pas sans discernement ni mesure, sous peine d’être discrédité. Par ailleurs, il doit s’appliquer souvent dans des situations extrêmement délicates, qui réclament des compétences très particulières. On a reproché à l’évacuation de la place de la République des excès qui s’expliqueraient par l’absence de forces spécialisées. D’où des scènes « choquantes » dénoncées par le ministre lui-même. Mais nous sommes payés pour savoir que la question de la sécurité se pose de façon permanente, avec la mise en cause de bavures policières. On s’en est aperçu au moment des Gilets jaunes. Et l’on en discute avec passion autour d’un projet de loi très contesté à gauche.

Reste la crise migratoire, qui ne peut être, d’évidence, traitée en son fond par des mesures de cette nature. Dans quelle proportion la France peut-elle accueillir « une part de la misère du monde » et comment régler les dispositions propres au droit d’asile ? C’est le monde entier qui est confronté à un défi qui n’est pas près d’être résolu.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 25 novembre 2020.

Messages

  • Curieuse époque que celle que nous vivons.
    On cherche des responsables coupables et des coupables responsables de ce qui nous arrivent.
    Le sujet sanitaire a concentré notre attention, la critique parfois injuste jusqu’au complotisme avéré ou imaginé pour défendre des causes qui ne sont pas admissibles.
    Les plus exposés du moment sont aux postes de gouvernance, jugés pour leur conduite, leurs maladresses, leurs compétences plus ou moins confirmées.
    Les plus critiqués exercent les missions de la sécurité intérieure et extérieure du pays.
    On en devine la complexité, les difficultés et les tensions vécues chaque jour par ces sentinelles peu ou prou expérimentées qui font des erreurs de discernement, et des écarts déontologiques jugés au prix fort par l’opinion et leurs hiérarchies.
    La pandémie a déréglé les horloges psychiques et sanitaires de la population en son ensemble.
    On veut désigner les coupables et ces coupables sont comme nous aussi exposés à la maladie endémique et aux risques de leurs métiers doublement fragilisé par leur contact constant des populations.
    Nous ne sommes exempts des risques individuels et collectifs de ceux qui portent le masque, de ceux qui le refusent, de ceux qui adoptent le recours à la vaccination préventive contre la pandémie, de ceux qui continuent à mener double conduite et organiser des réunions privées au plus risqué de la santé publique.
    Nous ne savons pas, ne voulons pas adopter les règles difficiles de la contrainte du moment.
    La menace est pour les autres et pas pour nous.
    Jusqu’au sommet de certains états du monde, la légèreté de certains hommes en fonction donne le visage réel et véritable du désarroi face à une pandémie mortifère dont nous ne sommes pas sortis pour le temps immédiat.
    Il nous est difficile d’adopter des conduites personnelles totalement inédites, imposées par les circonstances présentes, et par nature rebelle et contestant leur bénéfice, nous croyons contre nous mêmes pouvoir s’en sortir par nous mêmes !

    Les religieux osent citer la nouvelle plaie d’Egypte qui a menacé l’humanité.
    Les sceptiques et les allergiques à la foi des anciens vitupèrent contre la docilité du passé régnant encore sur les esprits et les intelligences.
    Les discours scientistes "médicinaux" se heurtent "aux spiritualistes" parfois aussi éloignés de la raison que les deux pôles de la planète terre, pour une seule et même humanité aussi exposée au nord, au sud, dans l’est et l’ouest de la planisphère.
    Planifier et pacifier les esprits et les cœurs sera un défi majeur de l’avenir.
    Le monopole de la violence sera ailleurs, chez nous, et sans doute chez les autres ?
    Dure réalité présente !

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