Le monopole de la Résurrection

par Aymeric Pourbaix

mardi 11 juin 2019

Après huit ans de suspense, la fin de la série Game of Thrones a été un drame pour des millions de fans, à l’échelle planétaire. Et le journal Society de commenter, avec un brin d’ironie, que le christianisme, que l’on aurait pu croire concurrencé par cette «  religion  » moderne, conserve pourtant son «  monopole de la résurrection  ». À l’inverse de ces feuilletons à épisodes très addictifs, qui laissent leurs adeptes vides, déçus, voire en manque lorsque leur série préférée marque un point final.

Ce faisant, cet article énonce malgré lui une vérité : les chrétiens ont ce privilège inouï d’être les dépositaires de l’événement le plus extraordinaire de l’histoire, annoncé par les mythologies anciennes, et que les savants les plus fous ont rêvé d’inventer : l’immortalité.

« Sans la résurrection, vaine est notre foi  », clame saint Paul (1 Cor, 15), qui pour autant n’a pas réussi à en convaincre son public savant de l’Aréopage. Et il en est de même aujourd’hui : la résurrection continue de sembler irréaliste et illusoire, y compris parfois aux chrétiens que nous sommes. Ainsi, croyons-nous vraiment que la foi peut renaître dans notre Europe sécularisée et en perte de vitesse religieuse ?

Quelle reconstruction de la foi ?

Près de deux mois après l’incendie de Notre-Dame, la question se pose avec d’autant plus d’acuité. Car il ne s’agit pas seulement de reconstruire une flèche conformément aux critères du beau et du vrai. Mais de rebâtir, bien au-delà de Paris, la foi dans les cœurs et les âmes, ces «  pierres vivantes  » comme l’avait souligné l’archevêque le surlendemain.

Or cela ne se fera pas tout seul. Si, comme on peut le croire, la maternelle protection de la Vierge Marie a permis de sauver miraculeusement les reliques de la cathédrale, ce n’est sûrement pas pour en faire un musée ! C’est plutôt une occasion unique de renouer avec la ferveur initiale des saints fondateurs de Paris, les Denis, Geneviève, et tous ceux qui ont contribué à faire de ce pays la fille aînée de l’église, bien qu’un peu rebelle…

« Effet post Notre-Dame  »

De manière inattendue, le journal Le Parisien relevait le jeudi de l’Ascension une certaine «  ferveur retrouvée  » chez les fidèles : un «  effet post Notre-Dame  » qui avait réveillé «  quelque chose de profond  », et qui s’apparentait même pour le quotidien à un «  miracle  ». Certes, poursuivait-il, ce regain de foi ne pourra pas «  contrebalancer la chute libre du nombre de baptisés, d’enfants au catéchisme ou d’abbés dans notre pays  ». Cependant, ce signe est un encouragement, à redoubler d’efforts et de prières pour qu’un jour la foi renaisse vraiment dans l’ensemble du peuple de France.

L’approche de sa canonisation incite à redire la fameuse prière du cardinal Newman, «  Seigneur, donnez-moi la ferveur  » : «  ô mon Dieu, tire-moi de la langueur, de l’impuissance, de l’irritabilité dans laquelle vit mon âme…  »

Messages

  • La résurrection est partout aujourd’hui et des récits inattendus le rappellent chaque jour.

    Hier lundi de pentecôte les marcheurs par centaines ont entrepris la montée d’un chemin de terre comme autrefois à pied pour la plupart, en moto ou en voiture, pour les moins jeunes.

    Ainhoa, un village de la frontière espagnole en route vers un ermitage, l’âme du village, axulai et sa chapelle dédiée à Notre Dame de l’aubépine.

    Un décor bucolique, vert en cette saison et en floraison de l’arbuste aux épines profondes où l’on vénère le souvenir de l’ermite, sa chapelle vandalisée par la révolution française, les guerres espagnoles et les lois funestes des confiscations de l’édifice au début du XIX ème siècle.
    Plusieurs générations ont construit la chapelle, habillé l’édifice de peintures naives, sans éclairage dans la spartiate réalité villageoise d’antan, avec une charmille fermée contenant une piéta, un calvaire ajouté dominant le paysage, et en profondeur la source d’eau vivifiante.

    La population traverse l’ancienne frontière des pyrénées et l’on vient seul ou en famille pour prendre les eaux à la source miraculeuse qui coule toute l’année, se recueillir devant un tableau d’artiste méconnu et adulé par les gens, une messe en langue locale et le retour à la paix intérieure le lundi de pentecôte, tous les ans.

    Au milieu de chevaux en liberté, du chant ininterrompu des oiseaux, dans un décor de la genèse du monde, sur un sommet surplombant la vallée et regardant la mer à l’horizon de l’atlantique.

    Cette année la dite chapelle a été restaurée par une armada d’artisans du pays, du toit, des murs, des boiseries, du pavage du sol, sur onze samedis consécutifs consacrés à cette réhabilitation.

    Une association des Amis de la chapelle d’Aranxa, de l’aubépine s’est constituée autour d’un président et la complicité du curé du canton pour réaliser un chef d’œuvre de fraîcheur et d’harmonie entre ciel et terre, dans un paysage de rêve et de bonheur partagé.

    Une initiative de gens de bon esprit, sans volonté prosélyte de faire valoir ni leur talent, ni leur foi ordinaire de tous les jours, soucieux de retrouver l’âme d’un village bien loti au demeurant, touristique en plus, et préserver la suavité d’une religion simple, commune et partagée par tout un chacun.

    La commune propriétaire du site ne voulait pour rien au monde voir ce lieu livré à la proie des touristes baladeurs de l’insolite, et réunissant une noria de volontaires de tous les milieux professionnels, a mené ses travaux grâce à la générosité de fidèles qui pour beaucoup ne courent le dimanche aux rendez vous dominicaux de l’église.

    Les faits de résurrection sont partout aujourd’hui et pas toujours où on les attend.

    Les fidèles prennent à bras le corps l’avenir du patrimoine religieux, et réalisent des miracles inespérés et bienvenus.
    Dans des temps anciens l’ermite enseignait aux enfants analphabètes du village des rudiments de scolarité, et selon la tradition réunissait dans les temps troublés du passé les croyants pourchassés pour leur foi, avant de passer la frontière proche et se protéger des imposteurs.

    La modeste demeure de l’ermite fut souvent brûlée, reconstruite, et détruite encore, mais qu’advienne la force de l’esprit de toutes les époques, elle survécut et survit encore par la grâce de tous ceux qui perpétuent aujourd’hui sa présence au village.

    Ne souriez pas, la fraicheur évangélique est partout dans ces périphéries de la vie qui nous environne, empruntées par les écologues, les naturalistes, les artistes et les botanistes, et la petite troupe des marcheurs de Notre Dame de l’Aubépine qui demandent rien que de vivre avec tous :

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