Le film "Hors la loi" et "Le Monde"

par Roger Vétillard

mardi 29 juin 2010

Roger VETILLARD

Quint-Fonsegrives le 6 juin 2010

Monsieur Bertrand Le Gendre

Directeur du Monde

Monsieur le directeur,

Je n’avais pas l’intention de répondre à l’éditorial de votre quotidien daté du 21 mai 2010, mais sollicité par plusieurs collègues, je me suis finalement résolu à le faire en espérant que ce courrier suscitera une réaction positive de votre part.

Lecteur du Monde et historien non universitaire de la présence française en Algérie, je ne peux que m’inquiéter de cette écriture parue en éditorial sous le titre « Le film Hors la loi de Rachid Bouchareb : les guerres de mémoires sont de retour ». Ce film, dont tout cinéphile qui l’a vu s’accorde désormais à dire qu’il n’est pas un grand film, est présenté comme une simple fiction littéraire alors que tous ceux qui le défendent en font un film historique. Pour preuves, je me permets de citer à votre attention les affirmations de Rachis Bouchared lui-même « ce film va rétablir une vérité historique longtemps confinée dans les coffres », de Pascal Blanchard « « Je peux vous assurer que Rachid Bouchareb n’a pas trahi l’Histoire. », les intentions d’Olivier Lorelle scénariste du film qui dit « je transmets l’histoire comme les algériens me l’ont racontée », l’avis d’Ahmed Bedjaoui, Président du Conseil Constitutionnel Algérien qui déclare : « J’ai vu “Hors-la-loi” en projection privée, je peux vous dire que ce film possède un souffle révolutionnaire exceptionnel et un patriotisme sans faille pour la cause algérienne », et enfin celui du secrétaire général du FLN en Algérie, Abdelaziz Belkadem « C’est un film historique qui condamne les crimes commis par les colonisateurs français » et la liste peut-être complétée si vous le souhaitez.
Donc il y a confusion plus ou moins avouée entre œuvre de fiction et roman historique. Et quand on parle d’histoire on se réfère à l’histoire telle qu’elle est imposée en Algérie. Permettez donc à ceux qui ont étudié en historiens cette période d’avoir un avis. Les écrits du Monde m’interpellent : pourquoi contre toute référence objective donc vous attachez vous régulièrement à accréditer l’idée que la répression de mai 1945 dans l’Est algérien a fait plusieurs dizaines de milliers de victimes dans la population musulmane ? Tous les historiens qui ont étudié la question s’accordent à dire autre chose : il y a eu moins de 10000 morts. Il suffit de consulter pour s’en convaincre des historiens de références comme Charles-Robert Ageron, Jacques Valette, Xavier Yacono, Maurice Faivre, Guy Pervillé, Gilbert Meynier, Charles-André Julien, Jean-Jacques Jordi et même Benjamin Stora (dans l’émission C dans l’air sur la 5 du 25 mai 2010 et sur France Culture le 27 avril 2005). Je vois dans vos affirmations régulièrement soutenues, mais vous pourrez me dire si je me trompe, une position compassionnelle vis-à-vis des victimes de la colonisation et en faveur d’une réconciliation franco-algérienne. Car en vous rapprochant de l’histoire officielle de l’Algérie vous devez penser que cela favorise l’oubli des périodes difficiles, à moins qu’il ne s’agisse que d’un a priori basé sur des considérations politiques. Je ne suis pas du tout convaincu du bien-fondé de cette position. Bien sûr, là n’est pas le rôle des historiens et le livre sur cette question que j’ai publié en 2008 (Sétif Mai 1945 – Massacres en Algérie – Ed de Paris) et que vos publications se sont abstenues d’analyser, a tenté de faire la part de toutes ces choses. Contrairement à ce que vous pourriez imaginer, mon livre a été généralement bien reçu en Algérie : je vous invite à consulter le n° du 7 mai 2008 de Djezaïr News, celui du 8 mai de Kabyles.com, les commentaires de la Dépêche d’Oran et de la Dépêche de Kabylie. J’ai été invité à Canal Algérie en juin 2008 et j’ai reçu, y compris de responsables politiques algériens importants, de nombreuses lettres de félicitations venant d’outre-méditerranée pour mon travail dont elles soulignent la rigueur et l’objectivité. Tout ceci pour vous dire que les algériens eux-mêmes reconnaissent que l’histoire qui leur est enseignée n’est pas toujours conforme à celle qu’ils ont vécue. Les films documentaires de Jean-Pierre Lledo notamment « Algérie, Histoires à ne pas dire » confirment cette analyse.

Je précise que le 8 mai 1945, (et cela sera explicité dans la prochaine édition de mon livre prévue en octobre 2010 avec 9 renseignements précis et concordants) les premières victimes, dès les premières heures du jour, ont été des Français dont Monsieur Gaston Gourlier, régisseur municipal du marché aux bestiaux, et peut-être Monsieur Louis Clarisse. Un article paraîtra au 4ème trimestre 2010 dans la revue de la Société Française d’Histoire d’Outre-mers pour expliquer tout cela. Ces faits que personne n’avait jusque là notés rendent compte de 2 éléments que les historiens connaissaient mais n’arrivaient pas à expliquer : la mise en alerte des troupes dès avant 7 heures du matin au quartier militaire de Sétif et la mise aux arrêts de rigueur du sous-préfet à 15 heures. Ces éléments permettent donc de soutenir que les manifestations indépendantistes du 8 mai en Algérie n’avaient rien de pacifique et entraient dans le cadre d’une stratégie insurrectionnelle connue depuis les révélations de Mohamed Harbi et d’Annie Rey-Goldzeiguer. Ces historiens ont prouvé que dès la fin avril 1945, Messali Hadj avait tenté de s’enfuir de Reibell où il était assigné à résidence pour préparer l’insurrection et présider un gouvernement provisoire algérien. Ce dernier devait siéger dans la ferme Maïza à 15 km au nord-est de Sétif et représenter l’Algérie à la Conférence de San-Francisco prévue en juin 1945, conférence où a été officiellement créée l’ONU.

De plus, à Sétif et dans sa région, l’insurrection s’est propagée essentiellement vers le Nord et a entrainé la mort de plus de 80 européens. La répression n’a sévi que dans les territoires où les européens ont été attaqués, tués, blessés, menacés ou violés. Elle a certes été violente, disproportionnée et a touché surtout des innocents. Les 1200 morts reconnus par le gouverneur général sont un bilan nettement sous-évalué.

La problématique a été différente à Guelma et le travail de Jean-Pierre Peyroulou le démontre. Dans cette ville le sous-préfet, informé des incidents de Sétif et des environs dès 13 heures, anticipe une éventuelle insurrection, met en place une milice civile comme la loi l’y autorise et une cour martiale, tribunal populaire qui va juger sommairement 2500 membres des AML et en condamner à mort plusieurs centaines. Peyroulou rappelle qu’à cette époque, en France métropolitaine, des tribunaux populaires agissaient de façon similaire dans le cadre de l’Epuration.

En fait, il faut bien admettre que la campagne de presse générée par le lobby algérien et suscitée par la Fondation du 8 mai est avant tout une opération de politique intérieure du pouvoir algérien à laquelle, malheureusement une partie des medias français, dont Le Monde, s’est laissé, ingénument je l’espère, prendre. Et pour en terminer, quand votre journal parle de Guerre des Mémoires, je me permets de lui rappeler que cette guerre a été allumée en 1995 par le documentaire d’Arte « Les Massacres de Sétif » inspiré par la fondation du 8 mai dont le président d’alors Monsieur Bachir Boumaza, ancien ministre et président du Conseil de la Nation en Algérie, a été le principal inspirateur et interlocuteur, reprise en 2000 lors du discours du président Bouteflika devant les parlementaires français, à nouveau remise sur le devant de la scène en 2008 par le documentaire de Yasmina Adi « l’Autre 8 mai 1945 » diffusé sur France 2, par celui de Meyriem Hamidat la même année et enfin par ce film Hors la loi en 2010. Si guerre des mémoires il y a, je crois que vous conviendrez aisément qu’elle n’est pas le fait des historiens, des pieds-noirs, des harkis, des anciens combattants et d’une fraction de l’opinion publique française. Et jamais la grande presse dont vous faites partie et les chaines de télévision n’ont pensé à donner la parole à d’autres que ceux qui colportent la version officielle algérienne. Parmi les historiens universitaires, ils sont nombreux ceux que je peux vous citer comme interlocuteurs originaux que vous pourriez solliciter.
Il ya beaucoup à dire sur le plan historique concernant le film les Hors la loi, mais la question n’est pas vraiment là ; le film est ce qu’il est avec ses qualités et ses défauts. Le débat est sur la façon dont Le Monde et ses confrères ignorent la vérité historique au profit d’un roman qui n’a pour conséquence que de conforter le pouvoir algérien. Et incidemment, de participer à aggraver les tensions intercommunautaires qui ont cours actuellement en France dans certains quartiers de nos grandes agglomérations. Et cela c’est irresponsable et c’est donc plus grave.

Je vous prie de croire, Monsieur le directeur, à l’assurance de mes sentiments très inquiets.

Messages

  • De légers incidents ont éclaté en début de soirée devant le cinéma Pathé Madeleine (4e) de Marseille, à l’occasion de la projection en avant-première, ce soir 20 septembre 2010 à 19 heures, du film polémique "Hors-la-loi", de Rachid Bouchareb.

    Voir en ligne : Avant-première mouvementée à Marseille

  • Le réalisateur revient sur les polémiques qui ont entouré la présentation de son film à Cannes et défend sa vision romanesque de la guerre d’Algérie.

    Voir en ligne : Rachid Bouchareb : "Hors-la-loi n’est pas un film politique !"

  • Ce film a été payé par des capitaux Français.

    Il a été fait par des gens possédant la nationalité française

    (nés en France, même si ce sont des "doubles nationaux").

    Mais...il a été présenté à Cannes par... l’Algérie !

    Ce film ne fait que refléter "le point de vue historique" ou pour mieux dire la propagande de ceux qui ont mis les français dehors !

    Il est curieux de constater que tant d’algériens n’ont pas hésité à venir, aussitôt après "l’indépendance" (ou pour dire autrement le début de la dictature FLN) , travailler en France, s’y installer, faire des enfants - à qui la France a généreusement donné la nationalité française, les a nourris, les a soignés, les a logés, les a éduqués...

    Et maintenant certains d’entre eux, tout en "restant français", n’hésitent pas à réclamer des comptes à la France et aux français, brandir a tout bout de champ le drapeau algérien, siffler la Marseillaise (ou refuser de la chanter quand ils sont en Equipe de France), traiter les français de "type européen" de "souchiens, quand ils ne brûlent pas le drapeau tricolore pour le remplacer par "leur drapeau" au frontons de nos mairies !

    C’est vrai qu’ainsi, sans avoir eu besoin de faire une guerre de conquête, des millions d’algériens (et de musulmans) vivent en France.

    Et un nombre croissant d’entre eux, veulent désormais imposer leurs moeurs, leur religion, leur culture, leur drapeau, leur "roman historique" aux autres français !

    Puisque la République a renoncé à "assimiler" les populations étrangères qui immigrent en France, la "néo-colonisation moderne" porte désormais un autre nom : l’immigration massive et agressive...

    (clandestine ou légale, sous prétexte de "regroupement familiale" et via les mariages "pseudo-mixtes" ou "blancs")

    Celle qui veut vivre "sur" le pays et imposer sa loi !

    Qui niera qu’il y a, en France, des territoires entiers, "monoethniques", "monoreligieux", dans lesquels , une autre loi que celle de la République est imposée par la force, où la langue parlée n’est plus le français (des "micro-kosovo" en quelque sorte) ?

    Ces "algéro-français", qui crachent sur la France, si ils avaient un peu de dignité, devraient rendre leur passeport et leur carte d’identité française et se contenter des papiers de leur "vrai" pays (c’est eux qui disent le considérer ainsi) !

    La "Grande Presse" n’ayant depuis longtemps que le nom, croit honorer ses lettres de noblesse en ne cessant de cracher sur la France et les français !

    C’est d’ailleurs la seule manière de se conduire, autorisée dans les media, seuls quelques Franc-tireurs courageux, comme Eric Zemmour, osent ne pas bêler avec le troupeau, où hurler avec les loups.

    Mais "la meute" des "politiquement correct, anti-racistes, pro-communautaristes,différentialistes, gaucho,bobo-gay, christiano-islamobéats (j’en passe et des meilleurs !)" a juré sa perte !

    Fasciste, idéologie d’Extrême-droite, populiste, islamophobe, xénophobe, homophobe, mysogine, intégriste, archaîque, réactionnaire...sont les qualificatifs que doivent s’attendre à porter celui qui ose contester la "vérité officielle", la propagande imposée chaque jour par les media et les "politiques" de Gôche !

    Comment croyez vous que les algériens réagiraient si un film payé par l’Algérie, réalisé par des pied-noirs algériens (là c’est de la science-fiction) faisait un film sur les exactions du FLN : Harkis massacrés par milliers, femmes égorgées, mère enceintes éventrées, hommes émasculés avec leurs organes dans la bouches, pieds-noirs assassinés et pendus à des crocs de boucher (le GIA n’a rien inventé !).
    Comment réagiraient-ils si par dessus le marché un tel film était présenté à Cannes, au nom de la délégation française et si les auteurs et comédiens leur faisaient la leçon en disant qu’il est temps que l’Algérie et le pouvoir algérien regardent son passé en face ?

    Il serait temps de supprimer la double nationalité et le droit du sol.

    La France n’a que faire de ces "doubles nationaux" à la loyauté tout aussi double, pour ne pas dire trouble !

    La seule "tache sur le drapeau" dont la France ait à rougir dans cette histoire, c’est la trahison des harkis, abandonnés aux mains de leurs bourreaux, en toute connaissance de cause, et qui voient les anciens ennemis de la France avoir pignon sur rue et être traités avec moults égards...y compris la dictature corrompue du FLN qui sévit toujours à Alger près de 50 ans après le départ des français...tout en continuant à cracher sur la France et les français !

    Il est symptomatique que la plupart des media fassent la promotion d’un film, relayant la propagande d’un pays étranger,qui calomnie la France, et qui refuse, systématiquement, les gestes de réconciliaition et prétend demander à la France de venir se mettre à genoux pour demander pardon.

    Heureusement qu’il ya internet, car sinon un seul point de vue pourrrait s’exprimer

    (mais pour combien de temps encore, les "partisans de la Liberté" sont en train de préparer d’autres lois encore pour museler définitivement ceux qui ne veulent pas se soumettrent à leurs diktats !)

    Pauvre France, pauvres français !

    Il est temps que ceux qui aime la France se réveillent, ouvrent les yeux et osent regarder la réalité en face...

    Et ce n’est pas la stratégie "munichoise" du "dialogue" qui peut être adéquate, pour faire comprendre a ceux qui n’aiment ni la France, ni les français, qu’il est temps d’en tirer les conséquences.

    Il faut des lois sévères pour que ceux qui, ayant une double-nationalité, insultent la France et les français, brûlent son drapeau, sifflent son hymne, quant ils vont pas s’enrôler pour combattre à l’étranger dans les rangs des ennemis de la France, soient effectivement déchus le leur nationalité, et renvoyés dans les pays dont ils brandissent les drapeaux ou défendent les intérêts !

  • Je ne sais pas si vous avez assisté à une projection de "Hors la loi". J’y suis allé cet après-midi. Ce que j’ai vu est très en retrait de tout ce qui a pu être raconté ici et surtout là.

    On ne voit pas les Sénégalais à Sétif, ni les tirailleurs. on ne voit que la gendarmerie et des civils qui tirent depuis leurs balcons. Au spectateur non averti le 8 mai apparaît comme une manifestation pacifique qui est agressée par un policier qui tire très vite sur un scout qui tient un drapeau indépendantiste. on ne voit pas l’aviation ou la marine qui tire, on ne voit pas la répression dans le bled. C’est une répression qui parait ne durer que quelques heures et qui est évidemment très violente. A aucun moment on ne parle du bilan et du nombre de morts Le principal point de la contestation en matière d’histoire se concentre sur cet épisode dont nous savons qu’il n’est représenté comme il l’aurait fallu.
    On ne voit à aucun moment le Général De Gaulle, on parle de Papon une seule fois, etc. J’ai noté une dizaine anomalies au moins qu’un historien aura vite fait d’identifier.

    Il est vraisemblable qu’à la suite des critiques multiples qui ont été émises en avril et mai derniers, un nouveau découpage des scènes a pu être réalisé. Il sera intéressant de savoir quelle version est projetée en Algérie. Je pense pouvoir le savoir. Un de mes correspondants devrait pouvoir le voir demain.

    Roger VETILLARD

  • J’ai vu le film vendredi. C’est bien un film de gangsters, avec une mélange de faits vrais et d’erreurs historiques.

    Primo. Il y a quelques changements par rapport au scénario que j’avais analysé le 2 mai :
    suppression des sénégalais - du lieutenant pied-noir Gimenez - des bombardements aériens

    - des massacres dans les gorges de Kerrata - de l’attaque de la caserne de harkis à Paris - du cargo tchèque chargeant les armements

    - du général de Gaulle signant l’armistice - du retour de la famille dans sa ferme en 1962

    - quant au colonel Mattei, il s’appelle Faivre !

    Secondo. Le film montre le rôle des porteurs de valises et le ramassage des cotisations ; il reconnaît la violence du FLN contre le MNA,
    en particulier les noyades dans la Seine, qui sont le fait du FLN et non des policiers (témoignage docteur Sauvé dans l’Algérianiste)

    Tertio. Restent les erreurs historiques sur Sétif :

    - pas de spoliation des terres après 1920, selon les notaires

    - le 8 mai à midi tout était terminé - il n’est pas prouvé qu’un policier a tué le porte-drapeau (réf.med Harbi)

    - 27 tués français ignorés - selon Tubert, 20 à 40 tués musulmans et non des dizaines de cadavres

    - pas de tir de mitrailleuse ni des Européens par les fenêtres -

    - les suspects n’ont pas été transférés à Paris, mais amnistiés en 1946.

    Quarto. En Indochine, les tirailleurs ne sont pas parachutistes - les parachutes semblent américains,

    Quinto. A Paris, le colonel F. n’était pas chargé du maintien de l’ordre - la main-rouge a existé en Tunisie et Maroc, mais à Paris, c’est un canular monté par un de mes amis, le col. Garder (rapport de la sous-direction des Affaires criminelles)

    - douteux, la guillotine à la prison de la Santé - intervention police dans le métro le 17 octobre1961 ? - décision prise à Genève pour le 17 octobre ?

    Sexto. Invraisemblances : - enlèvement colonel F. et dialogue avec Abdelkader - pénétration dans commissariat - l’embuscade contre un convoi motorisé

    - les deux frères conduisant des autobus américains (quel permis de conduire ?) -

    Conclusion. Non-dit : l’idéologie nationaliste des trois frères débouche sur l’anarchie de l’été 1962, l’échec du combat pour la démocratie,
    la dictature militaire, la corruption, la révolte kabyle et le terrorisme islamique. Mort pour rien, Abd el Kader n’a pas gagné !

    P.S. France 2 a profité de la sortie du film de Bouchareb pour diffuser deux films contestables :
    - " Guerres secrètes du FLN en France", où les anciens terroristes de la Fédération de France célèbrent leur victoire sanglante sur le MNA ;

    - " L’autre 8 mai 1945" de Yasmina Adi, fondé sur les témoignages des anciens du PPA, appuyés par Pascal Blanchard.
    Ces deux films appellent la critique.

    Maurice Faivre

  • Bonjour,

    Sans avoir vu le dernier film en date de Rachid Bouchareb je voudrais revenir sur "Indigènes" dont la diffusion en Italie n’a pas été sans soulever une certaine indignation. En effet, sait-on en France comment s’est déroulée la libération de l’Italie du joug fasciste ? Sait-on bien comment s’est déroulée cette campagne de libération ?

    Pour le savoir il faudrait lire le roman de Alberto Moravia, "La Ciociara" et le film éponyme de Vittorio de Sica, dont vous pourrez voir une courte présentation assez éloquente, peut-être trop à certains égards, faute d’avoir pu trouver un autre document vidéo. Il va sans dire que lors de la sortie de ce film, il y eut comme un froid entre les autorités françaises et italiennes...

    Alberto Moravia s’est basé sur des faits historiques et des témoignages qui rapportent un nombre pour le moins impressionnant de viols (entre 2000 et 3000, sans parler des assassinats et des pillages) commis dans le Sud de l’Italie par nos héros Nord-Africains, applés goumiers sous les ordres du Général Alphonse Juin. Ils ont laissé un si beau et si héroïque souvenir dans la région que les autochtones ont inventé le terme de "marocchinate", entendez "maroquinades", c’est-à-dire des viols collectifs ou tournantes en langage de cité...
    Voici l’article wikipedia sur la question :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Ciociara

    et

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Crimes_de_1944_en_Ciociarie

    Bien sûr il ne s’agit pas d’imputer ces viols à l’appartenance raciale ou ethnique de ces soldats, car il faut savoir que parmi les soldats américains, nos autres grands libérateurs il yen eut qui surent aussi tirer parti de la campagne française et de ses habitantes.

    Je voulais reprendre ce fait pour dénoncer la malhonnêteté de M. Bouchareb qui s’ingénie à présenter les faits historiques qui concernent la période de la colonisation toujours au bénéfice moral des maghrébins et pour mieux discréditer les anciens colons blancs dont les mains sales devraient aussi avoir souillé la conscience des français d’aujourd’hui...

    On est toujours et encore dans le discours manichéen et victimaire du méchant colonisateur et du bon colonisé. C’est facile de reporter la faute sur l’autre, or quand cela fait près de 50 ans que l’indépendance a été déclarée il faudrait commencer à assumer les conséquences aussi désastreuses soient-elles des décisions politiques qui ont été prises par les dirigeants algériens.

    Je ne suis pas étonné que ce dernier film comme Indigènes plaisent à M. Bouteflika et ses collaborateurs car cela leur permet de dire que tous les malheurs et toutes les difficultés de l’Algérie viennent de la période coloniale, et non de leurs manquements graves dans la direction des affaires de leur pays.

    Et bien sûr il faudrait que les français et la France se battent encore la coulpe pour ce qui a pu se passer quand l’Algérie était encore une colonie française...Et que l’on ne nous fasse pas le coup du colonisé qui a libéré la France ou l’Europe, car la lutte contre le fascisme et plus particulièrement contre le nazisme concernait tous ceux qui n’étaient pas aryens ou prétendus tels...Car Dieu seul sait ou le diable jusqu’où la rage hitlérienne aurait amené le peuple allemand ! Même si on sait la sympathie qu’avait le monde arabo-musulman pour le régime hitlérien et réciproquement comme l’amitié en Hitler et le Grand Mufti de Jérusalem Hadj Amin Al-Husseini en a été une illustration patente.

    A ce sujet et pour plus d’informations consultez les articles suivants, c’est édifiant !!!! :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hadj_Amin_al-Husseini

    et

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Sigrid_Hunke

    Je me demande si les français ne devraient pas exiger réparation aux actuels habitants du Latium pour la longue période coloniale qui permit l’extension de l’Empire romain...Car rien que le supplice infligé à Vercingétorix devrait placer Jules César en criminel contre l’humanité, sans parler de tous les suppliciés gaulois qui pâtirent de la férule et de l’occupation romaine...Et que dire de la culture gauloise qui disparut sous l’emprise romaine ? Il faudrait demander réparation...Heureusement que le ridicule ne tue pas et encore peut-être qu’à forte dose il fait perdre le sens des responsabilités et mettre en péril celui qui en abuse...

    Mais le sentiment de repentance que certains propagandistes post-coloniaux cherchent à faire naître dans le cœur des français est un véritable poison dont il faut se défendre !!!!!

    Le ressentiment des anciens colonisés est le symptôme de leur faiblesse morale et politique...

    Ainsi, il apparaît que ces films ne sont que de la propagande où il s’agit de faire la morale à l’Histoire en se tournant vers le passé en prétendant le corriger quitte à le falsifier par partialité et omission, plutôt que d’affronter le présent et d’envisager avec courage l’avenir...Comme on est incapable de se prendre en main et d’assumer sa liberté, on s’ingénie à faire des procès à l’Histoire...C’est tout simplement un aveu de faiblesse morale et intellectuelle, n’est-il pas ? N’est-ce pas l’attitude typique des dépressifs qui tour à tour s’accusent de tout ou accusent les autres de leurs difficultés ?

    Tant que les algériens ou leurs dirigeants continueront à se considérer comme les victimes de l’Histoire qui est aussi la leur (pour peu qu’ils se donnent la peine de se la réapproprier en commençant par la période où leurs ancêtres chrétiens furent envahis par les hordes mahométanes et furent converties de force à l’Islam...), ils ne seront jamais les acteurs de leur histoire...Et ce que je dis vaut pour tous les autres pays anciennement colonisés, qui pourraient faire comme nos ancêtres surent faire en tirant le meilleur parti de ce que la colonisation leur avait apporté...Mais il semble qu’il y ait dans la mentalité musulmane quelque chose qui résiste au legs latin tel que le droit romain qui fut balayé par la charia dans les pays arabo-musulmans...C’est que Mahomet n’a jamais dit qu’il fallait rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu...Bien au contraire, car l’islam pousse à l’établissement d’une théocratie, et les dirigeants laïcs des arabo-musulmans sont souvent pris en étau entre un pouvoir militaire et un islamisme antagonistes ou parfois complices...

    C’est qu’en Terre d’Islam on ne fait pas dans la demi mesure, soit on a des dictatures laïques soient des dictatures religieuses ou théocratiques, ou un mixte paradoxal, ces deux types de dictatures se nourrissant mutuellement par leur opposition qui tourne à une certaine complicité inavouée.

    Pour de plus amples éléments :

    Islamisme, une révolution avortée ?, d’Antoine Basbous, éd. Hachette. M. Basbous est fondateur et directeur de l’observatoire du monde arabe...

    Cordialement !
    Et toujours et plus que jamais fraternellement dans le Christ !!!!

    Voir en ligne : La face cachée d’Indigènes

  • Bonjour,

    Un lien vidéo pour un documentaire diffusé sur France 3 à propos des viols commis par des soldats américains lors de la campagne de Normandie. C’est édifiant !!!

    Certes il ne faut pas oublier le lourd tribut payé par l’armée américaine qui a aussi eu ses héros mais il ne faut pas oublier qu’aucune guerre n’advient sans déchaîner les pires passions...

    Il est dommage que M. Bouchareb ait oublié ce fait majeur qui s’est aussi vérifié pour la campagne des goumiers en Italie...

    Voir en ligne : Viol de masse des françaises en 1945

  • Je suis déçue de lire dans le France Catholique du 24 septembre, la critique cinématographique concernant le film "Hors la loi" ! J’ai l’impression d’avoir devant les yeux, les habituelles rubriques de la presse uniformément "correcte", avec le mot gentil par là, et l’égratignure de l’autre bord pour montrer l’impartialité de l’auteur, même si c’est vrai la seconde partie de la présentation du film est un peu plus tonique.
    Mais quand je vois écrit : "L’interprétation dominée par un Jamel Debbouze, impressionnant de naturel et de justesse, est excellente", cela doit être du second degré ou alors nous n’avons pas vu le même film.
    Quant à la conclusion, ..."Rhétorique très actuelle, mais peu originale, on le voit...", elle n’est pas non plus très percutante, malgré il est vrai l’appréciation "charge virulente contre la France" qui a a été bien mentionnée. Mais je ne lis pas des termes comme propagande, désinformation voulue pour attiser la haine. C’est pourtant ce que l’on ressent (en plus de l’incurable ennui d’un film-manifeste, devoir imposé et sans talent). Mais le film finalement aurait pu, au point où l’on en est, en plus d’être financé majoritairement par la France, représenter notre pays aux Oscars. On l’a échappé belle.

    Comme antidote indispensable au film : Un livre à lire absolument
    "La désinformation autour du film Hors-la-loi" par l’historien Jean Monneret (Collection L’étoile du berger)
    http://www.atelier-folfer.com/edition/edition4.html

  • je pense fermement que le pouvoir Algérien (& le prouve régulièrement) part leur service secret font tout pour mettre des battons dans les roues de la politique intérieure française en poussant l’islamisation extrémiste en France dans ces derniers retranchements pour favoriser le communautarisme exacerbé.
    Pour les incidents de 2005 qui ont eu lieu ds les banlieues et cela ds plusieurs villes françaises & en même temps, ont put de ce fait avoir eu une résonance nationale. & ne me dites pas que ces jeunes banlieusards avaient le carisme, les moyens, la volonté,l’envie de créer ce genre d’évènement et de l’organisé sur le plan National sans l’émergence & les moyens nécessaires pour mener à bien cette insurrection... et surtout, n’oublions pas que certain généraux Algériens à la fin 1962/63 (avaient la hargne de ne pas avoir put gagner la guerre militairement et en reportage se sont permis de dire que la France serai envahit par l’Islam et les musulmans mais qu’ils arriveraient avec le temps à devenir majoritaire pour imposer le Coran. je ne fais que répéter ce qui as été dit.
    Surtout quand on as un Président de la Libye qui caracole à tu tète que l’Europe serait Musulmane car même les frasques du président Kadafi peuvent avoir un fond infime de vérité...
    Sans faire d’amalgame avec la majorité des Musulmans qui ne participent pas à cela,à long terme, le problème risque d’être très dangereux...

  • mmm, qu’il est donc difficile d’aborder cette periode, que de commentaires haineux.. mais surtout, chers nationalistes, quelle orthographe déplorable !! alors ? qu’en est-il de ce pays dont vous pretendez brandir l’étendard mais dont vous ignorez la langue ? haha

  • Qui est sinon haineux du moins moqueur , n’est ce pas celui qui le dit, avec Ha ha. Se moquer des fautes d’orthographe. Et alors qui n’en fait pas ? Moi j’en fais ou j’oublie de me corriger. Je le confesse
    Le sujet algérien reste émotionnel et passionnel, mais on le droit de rétablir la vérité au moins sur les chiffres dans ses grandes lignes, quand elle est sciemment déformée tout en sachant qu’on ne l’atteindra jamais totalement et de refuser son instrumentalisation malveillante.
    Maintenant l’apaisement et la réconciliation se feront que quand on acceptera enfin de ne pas vouloir avoir raison de l’autre et qu’on acceptera avec humilité de ne pas tout vouloir savoir ni comprendre , en laissant sa part à la complexité et à la bienveillance, faisant le pari d’une autre histoire future comme l’ont fait les héros de l’Atlas, semer une autre histoire possible, n’est-ce pas Monsieur HA, HA Ha. un autre projet ?

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