Le « devoir » de manifester ?

par Gérard Leclerc

jeudi 19 septembre 2019

Mes amis et confrères de la presse catholique s’interrogent sur la position des évêques français quant à la manifestation prévue le 6 octobre contre le projet gouvernemental sur la PMA élargie. Nos évêques ont-ils, oui ou non, fait une obligation aux catholiques de participer à cette manifestation ? C’est ce que les médias, dans leur ensemble, ont cru comprendre à la suite de la soirée de lundi au Collège des Bernardins, notamment en tenant compte des propos tenus à la presse par Mgr de Moulins-Beaufort. L’intéressé a-t-il vraiment donné l’ordre de manifester ? Une mise au point du secrétaire général de la Conférence des évêques, le Père Thierry Magnin, donne à penser à Jean-Pierre Denis, directeur de La Vie, qu’il y a eu « rétropédalage ». Je ne voudrais pas trop m’engager dans une discussion byzantine sur le sujet, mais dire simplement mon avis. Le devoir dont a parlé le président de la Conférence ne s’énonçait nullement comme un ordre impératif donné par les évêques mais comme la conséquence d’une délibération réfléchie des citoyens. La gravité de la portée de la loi envisagée déterminait, pour qui y avait sérieusement pensé, un engagement public.

Oui, mon cher Jean-Pierre, l’Église n’est ni un parti, ni un syndicat. Son rôle n’est pas d’embrigader mais de donner à réfléchir, ce qu’elle a fait dans le cas présent avec beaucoup de diligence et de délicatesse. Mais si l’on a intériorisé l’enjeu pour l’avenir de l’instrumentalisation de la procréation, il reste à utiliser les moyens les plus propres à faire retentir une protestation motivée. À ce propos, l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, peut déclarer à notre confrère Famille chrétienne : « La plupart des citoyens n’ont souvent pour seul moyen d’expression que la manifestation publique. Ils doivent pouvoir s’exprimer, donc cette démarche est, non seulement licite, mais vraiment utile. »

Certains n’entrent pas dans une telle démarche et ils ont très mal vécu la grande mobilisation de la Manif pour tous contre la loi Taubira ? Sont-ils rejetés pour autant ? Ce n’est pas mon sentiment. L’Église ne rejette personne. Les portes de ses sanctuaires sont ouvertes à tous et à toutes, y compris et peut-être d’abord à ceux et à celles qui n’approuvent pas toutes ses positions et vivent en dehors de ses règles. Mais la bienveillance de la charité n’impose nullement l’immobilisme ou la résignation. Sûrement pas !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 19 septembre 2019.

Messages

  • Le droit de manifester étant inscrit en notre république rien n’interdit de le faire pour des raisons légitimes de défendre la liberté de penser autrement sur des valeurs fondamentales de la vie humaine.
    Mais après les gilets jaunes qui ont arpenté les rues des samedis durant et dont le mouvement s’est disséminé en revendications multiples, faut il emprunter le gilet sombre des résignés, le gilet rose des juvéniles, le gilet teinté des hésitants ?

    Il est de nombreuses manières de se faire entendre dans la rue ou dans l’opinion sans provoquer l’ire des récalcitrants ou des irréductibles.

    La vie humaine, l’enfant qui va naître, l’accueil de futurs parents, l’intérêt porté aux jeunes en désir de fonder leur propre famille, la situation de jeunes en espoir de procréer empêchés par des difficultés naturelles, sont peu considérés pour l’heure dans nos assemblées dominicales.
    En amont de partager la prière des postulants de la procréation désirable beaucoup reste à imaginer encore.

    A laisser croire que de telles situations sont exceptionnelles et doivent demeurer hors les murs de nos communautés rassemblées, des jeunes bien plus nombreux qu’on le croit ne se sentent pas de la famille humaine et chrétienne en laquelle ils ont une place à part entière.

    Des associations d’accueil existent et mériteraient davantage de mission partagée par les adultes peu ou prou concernés par la naissance et l’accueil d’enfants à naître.

    Les services sociaux et communaux de l’enfance existent mais demeurent cantonnés à la mission d’accompagnement de professionnels à qui semble dévolue la fonction pour le bien commun de tous.

    Les jeunes sont notre avenir et celui de l’Eglise.

    Ouvrons-leur nos portes entrouvertes.

    Ne les décourageons pas.

    Faisons leur confiance au risque probable de troubler la quiétude de nos rencontres.

    La procréation est leur préoccupation, la nôtre aussi.
    Fêtes de jubilés, fêtes des familles, fêtes des prénoms de nos origines, fêtes d’anniversaires groupés par année de naissance, semblent singulières, insolites parfois, nécessaires pour inciter à la rencontre des générations entre elles.

    Le défi du moment est bien celui de croiser les années, les expériences passées et futures entre quatre générations réunies bien souvent dans nos familles.

    Ne laissons se rompre le cordon ombilical de toute vie née d’antan, poursuivie après, toujours active à présent pour l’avenir !

  • Le droit de manifester étant inscrit en notre république rien n’interdit de le faire pour des raisons légitimes de défendre la liberté de penser autrement sur des valeurs fondamentales de la vie humaine.
    Mais après les gilets jaunes qui ont arpenté les rues des samedis durant et dont le mouvement s’est disséminé en revendications multiples, faut il emprunter le gilet sombre des résignés, le gilet rose des juvéniles, le gilet teinté des hésitants ?

    Il est de nombreuses manières de se faire entendre dans la rue ou dans l’opinion sans provoquer l’ire des récalcitrants ou des irréductibles.

    La vie humaine, l’enfant qui va naître, l’accueil de futurs parents, l’intérêt porté aux jeunes en désir de fonder leur propre famille, la situation de jeunes en espoir de procréer empêchés par des difficultés naturelles, sont peu considérés pour l’heure dans nos assemblées dominicales.
    En amont de partager la prière des postulants de la procréation désirable beaucoup reste à imaginer encore.

    A laisser croire que de telles situations sont exceptionnelles et doivent demeurer hors les murs de nos communautés rassemblées, des jeunes bien plus nombreux qu’on le croit ne se sentent pas de la famille humaine et chrétienne en laquelle ils ont une place à part entière.

    Des associations d’accueil existent et mériteraient davantage de mission partagée par les adultes peu ou prou concernés par la naissance et l’accueil d’enfants à naître.

    Les services sociaux et communaux de l’enfance existent mais demeurent cantonnés à la mission d’accompagnement de professionnels à qui semble dévolue la fonction pour le bien commun de tous.

    Les jeunes sont notre avenir et celui de l’Eglise.

    Ouvrons-leur nos portes entrouvertes.

    Ne les décourageons pas.

    Faisons leur confiance au risque probable de troubler la quiétude de nos rencontres.

    La procréation est leur préoccupation, la nôtre aussi.
    Fêtes de jubilés, fêtes des familles, fêtes des prénoms de nos origines, fêtes d’anniversaires groupés par année de naissance, semblent singulières, insolites parfois, nécessaires pour inciter à la rencontre des générations entre elles.

    Le défi du moment est bien celui de croiser les années, les expériences passées et futures entre quatre générations réunies bien souvent dans nos familles.

    Ne laissons se rompre le cordon ombilical de toute vie née d’antan, poursuivie après, toujours active à présent pour l’avenir !

  • Réflexion forte, Gérard. Merci.

  • L’article du Figaro de ce samedi écrit par le très sérieux et très compétent Jean Marie Guénoix , journaliste spécialiste du Vatican , est inquiétant . Le pape craindrait un schisme dans l’Eglise. Mais en même temps ses décisions déstabilisent la communauté catholique la plus modérée qui "suit le pape " pourtant par principe, et dont je fais partie.
    Pourquoi décapite-t-il ainsi l’Institut Jean Paul II , sur la famille ? Désormais le prélat qui y tire les ficelles qu’il vient de nommer, prend des positions absolument contraires à l’enseignement du Christ sur le mariage, l’homosexualité, la régulation des naissances , l’ordination des prêtres etc.…L’ancien pape Benoît XVI dit soutenir par la prière l’ancien responsable de cet institut Jean Paul II rejeté par la Vatican. Monseigneur Sarah ne cesse de tirer la sonnette d’alarme tout en protégeant l’unité derrière le pape François.
    Pourriez vous nous éclairer : ce pape est-il manipulé ?, Ses propos sont-ils déformés par son entourage, Est-il otage d’une technostructure dévoyée ? Est-il le pape qui permet à satan inconsciemment, de s’introduire jusqu’au cœur de l’Eglise comme cela a été prophétisé par plusieurs mystiques ? Le laxisme sur le mariage chrétien, est-il une évolution à suivre ?
    Eclairez nous s’il vous plait, nous voudrions comprendre car tout nous porte à croire que l’esprit du monde qui détruit nos sociétés et la dignité de l’homme à un rythme inconnu dans l’histoire jusqu’à présent , a pénétré au somment de l’Eglise.

  • "Je ne vois pas comment nous pourrions empêcher des citoyens, catholiques ou non, inquiets du projet de loi, de manifester s’ils pensent que c’est le seul moyen utile de se faire entendre", voilà ce qu’aurait déclaré Mgr de Moulins-Beaufort, en précisant : "nous, l’Eglise, n’organisons pas la manifestation". C’est clair. Il aurait ajouté : "J’aurais tendance même à dire qu’ils ont le devoir de le faire". Est-ce cette phrase qui a mis, comme on dit, le feu aux poudres ? puisqu’on apprend que le P. Thierry Magnin est accouru pour "éteindre l’incendie" "donnant à penser à un rétropédalage" de la CEF ! Et ce n’est pas tout puisque, lu quelque part : le Père Magnin "remet son supérieur à sa place". Voyez-moi ça ! Il ne manquerait plus qu’un gros titre : "Mutinerie dans l’Eglise en France". Comme nulle part n’existe, dans ce contexte, un ordre à participer à la manifestation du 6 octobre, ledit "rétropédalage" ne peut être qu’une vue de l’esprit.

    Le danger est ailleurs : la presse française semble ne plus comprendre le français.
    Ou alors elle a perdu son latin.

  • Nos média réagissant à l’instantané ont cru vivre le "scoop" de leur vie en étalant des mots ne correspondant pas à la réalité . Qu’ils se plongent dans le Robert pour lire et enregistrer la définition de schisme . De même ce serait bien qu’ils se renseignent sur l’histoire de l’Eglise . Leur absence culturelle n’a d’égale que celle nos députés . Alors le citoyen mais aussi chretien lambda y "perd son latin" par ailleurs jamais abordé au cours de ses études .
    La CEF est une poly synodie qui a la singularité par son assemblée générale triannuelle d’élire son Président et son secrétaire général. C’est la configuration des III ° et IV° républiques !! En l’espèce , nous sommes plus dans le configuration d’une cohabitation ( au regard des parcours des 2 élus) . Alors le cadre juridico- institutionnel étant d’une subtilité ecclésiastique , nos média ont fauté lourdement en utilisant des formules vernaculaires comme " qui est le patron" ou " rétropédalage" ou les tocs franc- maçonniques pour certains . Et l’Eglise perd son magistère moral en oubliant que la simple pédagogie est d’expliquer au Chretien citoyen les enjeux anthropologiques de la proposition gouvernementale , enjeux visant la recherche scientifique , la psychologie , les oubliés du débat. C’était fondamental . Sî nous sommes adultes , que le discernement est à notre portée ( juger) , les évêques X, Y , Z ...n’ont pas à indiquer le chemin d’une quelconque manif. Être Chretien n’est pas se manifester derrière une banderole. Ce n’est pas " l’agir " . Où est le sens de mon action sî elle est téléguidée ?
    Il faut croire en l’espérance , la 2° vertu theologale de Paul , largement développée par Thomas l’Aquinate. Quant à la charité elle est aux abonnés absents lorsque nous parviennent des propos peu amènes de Chrétiens . La paille dans l’œil dulvoisin , la poutre dans le mien.

  • Devant la multicité des articles concernant le sujet , nous serions tenter de répondre à tous . Les média comme je l’ai déjà écrit imposent une ligne , un prêt -à - penser sans critique possible sinon nous sommes traînés dans la boue . Qui peut informer les parlementaires des plus et moins de la proposition sur laquelle ils Voteront ? Les rencontres avec les personnalités ad hoc avaient un but publicitaire : nous vous avons reçu mais nous on sait . La pub soit nous sommes à l’écoute !!!
    Cette Chambre a l’immense avantage pour le pouvoir de représenter des élus jeunes demandeurs eux aussi de lois sociétales . C’est ficelé d’avance . Leur mode de penser n’est pas fondé sur le sens , ce qui est fondamental dans tout acte humain . L’enfant ne doit pas être le moyen de donner le bonheur , une fin , à des femmes et des hommes en rupture avec la nature . Le gros mot est lâché, je l’assume . La procréation est un acte naturel . L’infertilité induit une très grande souffrance , d’où la science a pu et peut aider pour procréer, les adeptes lgbt...au nom du scientisme ( ils ne sont pas infertiles !) s’accaparent l’outil scientifique pour assouvir leur désir . C’est un hold-up qui coûtera cher à la collectivité opposée à cela .
    Un homme et une femme = un enfant . Un père et une mère = les donneurs de sens à l’enfant qu’ils ont conçu. Les accidents de la vie privant un enfant d’un de ses parents nous touchent tous . Ne créons pas d’autres souffrances à partir des lubies de certains .
    La question n’est pas : on manifeste , on ne manifeste pas soit 2 attitudes partisanes et l’Eglise ne doit pas donner de consignes ( voir DSE) mais pour nous chretien citoyen d’être vigilant quant aux nouvelles propositions remettant en cause l’équilibre anthropologique de notre société.

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