Attentat de Nice

Le défi de l’islamisme

par Gérard Leclerc

jeudi 5 novembre 2020

L’accès à la basilique de l’Assomption bloquée après l’attentat.
© Martino C. / CC by-sa

Le monstrueux triple assassinat qui a été commis dans la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption à Nice nous appelle à un discernement d’ordre politique mais aussi d’ordre religieux. La menace terroriste dont il faut protéger le pays oblige la puissance publique à élaborer une véritable stratégie pour contrer l’ennemi, non seulement dans ses modes d’action, mais aussi dans ses réseaux à l’échelon national et international.
Non sans avoir à envisager la nature singulière d’un ennemi qui se réclame de l’islam, et donc d’une culture religieuse qui englobe de façon stricte le domaine politique. La séparation des domaines que suppose le caractère laïque de notre république se trouve ainsi prise en défaut par des gens qui en refusent le principe même. D’où la nécessité d’une expertise d’ordre religieux, voire théologique, afin de comprendre la nature de ce qu’on appelle l’islamisme, en quoi il peut se réclamer de l’islam, en quoi il en constitue l’excroissance particulièrement perverse.

Le compromis de 1905 obsolète

On méconnaît trop le caractère de compromis de ce qui s’est établi autour de la loi de séparation de 1905. Si l’Église catholique a fini par accepter les dispositions de cette loi, c’est à la suite de négociations qui garantissaient sa nature propre, mais aussi à cause du changement d’orientation du législateur. D’une position hostile, on était passé à une volonté de pacification des relations mutuelles.

On peut donc dire que notre modèle de laïcité publique n’a été rendu possible qu’en vertu de la réalisation d’un compromis. Compromis qui a été négocié en dehors du partenaire musulman, qui ne s’est imposé que longtemps après, en déséquilibrant le système établi. Les efforts entrepris, ces dernières années, notamment par Nicolas Sarkozy, pour tenter de trouver des solutions acceptables se sont souvent enlisés. Et l’extrémisme islamiste est venu tout anéantir, en imposant une situation de guerre.

Ignorance de Dieu

Que l’État soit déconcerté par le phénomène se comprend, parce qu’il échappe à son expertise, dès lors qu’il ignore un domaine sur lequel il reconnaît son incompétence. Pierre Manent lui avait recommandé de s’adresser à l’Église catholique pour mieux saisir le fond du problème, qui est d’ordre théologique. Le terrorisme le plus aveugle ne s’explique pas seulement par un dérèglement psychiatrique, il se rapporte à une pathologie, où ce Dieu que l’on prétend servir est ignoré dans son mystère.

Ce mystère, où il se révèle à la fois comme le Tout-Autre, mais aussi comme celui qui creuse au cœur de chacun une relation personnelle. Relation qui trouve dans les béatitudes sa charte, et interdit à la conscience de se livrer au fanatisme meurtrier. 

Messages

  • Voilà bien définis l’aspect relevant du politique et celui ayant trait au religieux avec les rôles leur incombant : d’une part élaborer une véritable stratégie pour contrer l’ennemi à tous les niveaux et de l’autre : nécessité d’une expertise d’ordre religieux, voire théologique, afin de comprendre la nature de ce qu’on appelle l’islamisme, en quoi il peut se réclamer de l’islam, en quoi il en constitue l’excroissance particulièrement perverse.
    Brève mention du compromis de 1905 et ce qui l’a rendu obsolète.
    Ignorance de Dieu et donc inaptitude à comprendre la situation d’où recours à l’Eglise catholique suggéré pour mieux saisir le problème qui est d’ordre théologique.
    Sur les pathologies selon Joseph Ratzinger : "Il y a des pathologies extrêmement dangereuses dans les religions.
    A propos du terrorisme le plus aveugle qui ne s’explique pas seulement par un dérèglement psychiatrique mais qui se rapporte à une pathologie où ce Dieu que l’on prétend servir est ignoré dans son mystère.
    Serait-il injustifié d’ajouter l’utilisation des religions dans bien des cas et au cours de l’Histoire pour expliquer et/ou couvrir des guerres et des violences meurtrières dans des buts purement idéologiques, financiers et d’abus de pouvoir...

    Pour en terminer avec les violences et loin de tout angélisme quelques phrases relevées dimanche dernier se rapportant aux Béatitudes : "... Jésus ne se contente pas d’instruire la foule et ses disciples, Il accomplit les béatitudes dans Sa vie d’homme..." ; prendre soin les uns des autres ; réapprendre la courtoisie avec nos soeurs et nos frères d’autres sensibilités ou sans religion en aimant ce qu’il y a de vrai et de bon en eux plutôt que d’exhiber ce qui pourrait blesser.
    Et enfin et surtout ne pas attendre que l’autre soit meilleur pour l’aimer car il attend d’être aimé pour devenir meilleur.

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.