Traduit par Charlotte

Le curieux amour des progressistes pour l’Islam

par David Carlin

vendredi 26 janvier 2018

Une caractéristique fort curieuse des gauchistes américains actuels (qui préfèrent se qualifier de progressistes) est leur sympathie pour l’islam. Ils déplorent ce qu’ils appellent l’islamophobie, une attitude constituant à leurs yeux un péché aussi grave que le racisme, le sexisme, l’homophobie ou la transphobie ; et ils sont horrifiés de voir un homme qu’ils considèrent comme un islamophobe, Donald Trump, occuper la Maison Blanche.

Pourquoi cette sympathie pour l’Islam est-elle curieuse ? Parce qu’aucune autre religion que l’islam pourrait être plus contraire aux idées progressistes. Tout d’abord, l’islam repose sur la croyance en un Dieu tout-puissant qui contrôle tout dans la création. Les progressistes, par contre, ont tendance à être athées ou à tout le moins à moitié athées.

Ensuite, l’islam a toujours enseigné que les femmes doivent être socialement inférieures aux hommes ; c’est une religion très patriarcale et les progressistes détestent le patriarcat plus que tout au monde. L’islam met aussi fortement l’accent sur la chasteté, condamne l’adultère et la fornication et surtout l’homosexualité. Et considère comme monstrueux le mariage de personnes du même sexe, cet étendard des progressistes.

Bien sûr, de nombreux musulmans (certes, pas des musulmanes) ont au cours des siècles violé ces valeurs fondées sur la chasteté, mais leur religion n’en continue pas moins à les proclamer. En revanche, bien qu’ils considèrent le principe de précaution en matière de sexualité comme recommandable (et cette prudence ressemble un peu à la chasteté), les progressistes jugent risible l’idée que la chasteté soit une vertu.

Pourquoi alors les progressistes éprouvent-ils de la sympathie pour une religion si hostile au progrès et pour ses fidèles ? Si vous posez la question à un ou une progressiste, il ou elle vous répondra : « Parce que nous croyons à la liberté de religion et à la diversité. »

Soit, mais je ne suis pas convaincu. Tout d’abord, s’ils croyaient vraiment à la liberté de religion, ils auraient autant de sympathie pour le christianisme qu’ils en ont pour l’islam. Mais ce n’est pas le cas. Ils ne s’aviseraient jamais de forcer des musulmans à aller contre leur conscience en mangeant du porc.

Et pourtant, ils n’hésiteraient pas à forcer un boulanger chrétien traditionnel à participer à la célébration d’un mariage homosexuel (en préparant un gâteau spécialement conçu pour un mariage de ce type), bien que cela puisse heurter la conscience de ce boulanger.

Et ils sont prêts à contraindre un employeur catholique à prendre en charge les dépenses de contraception de ses employées, même si cet employeur estime en son âme et conscience que c’est immoral et même si le contraceptif en question est un moyen abortif. A un employeur qui déclare à propos d’une pilule de ce genre : « Je considère que c’est un homicide », le progressiste répond : « Peu importe, allez-y ».

Evidemment, les progressistes vous diront que la moralité chrétienne, bien comprise, ne s’oppose pas au mariage homosexuel, à la contraception ou à l’avortement. Car Jésus a ordonné à ses disciples d’aimer leurs prochains et de ne pas les juger. En outre, il n’a jamais condamné l’homosexualité ou l’avortement. Par conséquent, en contraignant les chrétiens à violer leurs dictats de conscience erronés, ils ne se sentent nullement coupables.

Or, indépendamment du fait que les progressistes ne sont guère qualifiés pour se prononcer sur la définition de la vraie moralité chrétienne, un ancien principe veut que chaque personne soit obligée de suivre ses convictions intimes, même fautives, pourvu qu’elles aient été soigneusement et sincèrement pesées.

Et quand les progressistes affirment qu’ils ont de la sympathie pour l’islam parce qu’ils respectent fermement la diversité, ils ne me convainquent pas davantage.

Supposons qu’une organisation purement laïque, réagissant aux excès du féminisme, apparaisse sur la scène américaine en prônant l’infériorité sociale des femmes. Une telle organisation contribuerait sûrement à ce glorieux principe, la diversité, ce principe qui, selon les progressistes, a fait la grandeur de l’Amérique. Nos progressistes exigeront-ils alors que cette organisation soit reconnue par tous les Américains respectueux de la diversité ? Bien sûr que non.

Je soupçonne que cette curieuse sympathie qu’ils éprouvent pour l’islam cache quelque chose d’autre, à savoir leur hostilité pour le christianisme. Pas le christianisme dans son ensemble, évidemment. Car les progressistes ne sont pas hostiles au christianisme libéral qui, étant à peine chrétien, soutient dans une large mesure le programme progressiste concernant le droit à l’avortement, les valeurs des LGBT etc. Non, l’hostilité des progressistes est dirigée contre le christianisme conservateur, c’est-à-dire le catholicisme, les protestants de la vieille école, les mormons.

Du point de vue des progressistes, l’une des grandes qualités de l’islam est que, dès ses origines dans la première moitié du VIIe siècle, il a toujours été une religion opposée au christianisme. Et puisque, comme le dit le vieux proverbe, « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », les progressistes sont capables de considérer l’islam comme un ami (voire un allié) dans leur grand combat contre le christianisme.

Être pour l’islam, c’est indirectement une manière d’être anti-chrétien. Quand le christianisme aura été suffisamment détruit, l’alliance des progressistes avec l’islam pourra être rompue, tout comme l’alliance entre les Etats-Unis et l’Union soviétique a été rompue après la victoire sur le nazisme, et les progressistes pourront alors s’atteler à la tâche de la destruction de l’islam – à condition que ce dernier ne détruise pas d’abord le progressisme, ce qui est le résultat le plus probable.

Mais l’islam n’est pas seulement hostile au christianisme, il l’est aussi au judaïsme. C’est également un des ses grands mérites aux yeux des progressistes. Car le progressisme est foncièrement anti-Israël. Et être anti-Israël (ou anti-sioniste) est l’expression la plus moderne et la plus actuelle de la haine du juif ; c’est la forme la plus en vogue de l’antisémitisme à notre époque.

Pis encore, être hostile à Israël c’est une manière indirecte d’être anti-américain. Une grande partie de la haine d’Israël qui est si répandue chez les gauchistes européens et américains (y compris, bizarrement, chez les gauchistes juifs) est motivée par la haine de l’Amérique. Israël et les Etats-Unis sont si étroitement liés depuis 1948 que haïr Israël, c’est haïr l’Amérique.

Il ne s’ensuit pas que les progressistes américains détestent l’Amérique purement et simplement. Non, ils détestent l’Amérique telle qu’elle a été jusqu’à présent. Ils veulent se débarrasser de la vieille Amérique tarée pour la remplacer par une Amérique « nouvelle et améliorée », une Amérique progressiste.

En étant un progressiste pro-islam, vous réalisez un triplé. Vous faites d’une pierre trois coups : le premier contre le christianisme, le second contre Israël et le troisième contre la « vieille Amérique tarée ». Quoi de mieux pour un progressiste ?

Source : https://www.thecatholicthing.org/2017/12/29/the-curious-progressive-love-of-islam/

Affiche : Le socialisme étranglant le pays.

David Carlin est professeur de sociologie et de philosophie au Community College de Rhode Island et l’auteur de The Decline and Fall of the Catholic Church in America.

Messages

  • Vision très américaine.
    1-Les progressistes également européens sont pro-immigrés pour de multiples raisons connus des lecteurs. Séparé des classes populaires jugées trop "médiocres" ou " conservatrices" la doxa libérale-athée considère désormais l’islam comme religion de l’immigré, donc du pauvre, de l’exclu. Elle apparait alors comme une religion exotique, inséparable du migrant que l’on accueille et toujours préférable à celle du dominant, le chrétien.
    2-La société actuelle française n’est plus laïque mais athée, le libéralisme, quant à lui, à mis en place un véritable augustinisme politique.

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